distanciation sociale
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Actualisé il y a 3 semaines

Si le Canada ambitionnait à accueillir 341 000 nouveaux arrivants en 2020, il est clair que la crise de COVID-19 a changé la donne. Il n'empêche que des mesures ont été prises pour assurer la continuité de l'immigration dans ce pays qui attire tant les étrangers. Si vous avez donc prévu de vous y installer prochainement, découvrez les changements auxquels vous devrez vous attendre après la crise.

Quelles sont les conditions actuelles et les formalités pour entrer au Canada ?

Même si le Canada, comme la plupart des pays du monde, a mis en place des restrictions de voyage depuis le début de la crise de COVID-19, il est toujours possible de s'y rendre. En effet, les candidatures via les programmes Entrée express, ainsi que les demandes de résidence temporaire et permanente continuent d'être traitées en toute flexibilité. Cependant, les voyageurs sont tenus de se plier aux réglementations en vigueur, comme la quarantaine de 14 jours, obligatoire à l'arrivée pour les personnes présentant des symptômes de COVID-19. Tous sont d'ailleurs soumis à un contrôle médical avant de prendre l'avion. A votre arrivée, vous serez contacté par les autorités canadiennes à partir des numéros suivants : 1-855-906-5585 ou 613-221-3100. Les voyageurs à destination du Canada doivent fournir un formulaire de contact et se soumettre à un test de dépistage. Afin d'accélérer les procédures à votre arrivée, il est recommandé d'utiliser l'application ArriveCAN. Sachez que les voyageurs présentant des symptômes de COVID-19 ne sont pas autorisés à entrer au Canada par voie aérienne. En revanche, ils peuvent opter pour les voies terrestre, ferrée ou maritime. Retrouvez plus d'informations sur le site officiel du gouvernement canadien.

Y a-t-il eu des changements relatifs aux visas récemment ?

Contrairement à d'autres pays, le Canada n'a imposé aucun changement drastique sur sa politique de visas, même si le taux d'immigration est en baisse en raison des actuelles restrictions de voyage dans le monde. D'ailleurs, les rondes du programme Entrée express se tiennent toujours deux fois par mois. Qui plus est, plus de 2 000 invitations ont été lancées en mai sous le programme de nomination provincial (Provincial Nominee Program). En juin 2020, plus de 1 000 demandes de résidence permanente ont été reçues dans les différentes provinces canadiennes. Des permis de travail ont également été accordés aux professionnels étrangers travaillant dans les secteurs critiques comme celui de la santé et de la sécurité alimentaire, entre autres.

Sera-t-il difficile de trouver un emploi au Canada après la crise ?

Comme c'est le cas de la plupart des pays, le marché du travail canadien a également été affecté par la crise de COVID-19. La plupart des pertes d'emploi proviennent des secteurs dans lesquels il est impossible de travailler à distance, comme la construction, l'hôtellerie, le secteur manufacturier, ou encore, la vente au détail et la restauration. Le taux de chômage a ainsi grimpé à 14% entre février et avril 2020. Au niveau des offres d'emploi au Canada, la baisse la plus significative, soit plus de 60%, a été constatée dans le secteur des services, y compris le commerce alimentaire, l'hospitalité, ou encore, les soins de beauté et le bien-être. Si des milliers de salariés ont été licenciés depuis le début de la crise, la situation commence à se rétablir. Il est toutefois intéressant de noter que de moins en moins de personnes, y compris les immigrants, sont actuellement à la recherche d'un emploi, le taux d'employabilité ayant chuté à 59.8 %. Aujourd'hui, en revanche, de nombreux postes sont à nouveau disponibles dans des secteurs comme le commerce au détail, les services aux consommateurs, les services essentiels, ainsi que les banques et finances, les technologies de l'information et de la communication (TIC), les médias, la santé, ainsi que l'ingénierie et l'architecture, parmi tant d'autres. D'ailleurs, les employeurs sont nombreux à profiter de la stratégie prioritaire mis en place par le gouvernement canadien pour les postes essentiels, et du Global Talent Stream pour recruter dans des domaines comme la science, la technologie, ou encore l'ingénierie.

Quel est votre avis sur le système de santé canadienne par rapport à la crise ?

Malgré un nombre élevé de contamination et de décès liés à la COVID-19, le Canada a su prendre des mesures adéquates pour assurer la continuité de ses services et, ainsi, la sécurité et le bien-être de sa population. Déjà, le pays possède un système de santé répondant aux normes internationales, avec des hôpitaux et cliniques bien équipés et dotés de personnels très compétents. Dans les différentes provinces canadiennes, les personnes présentant des symptômes de COVID-19 ont rapidement été prises en charge et placées en isolement. Des tests de dépistage sont également mis à la disposition de la population. Par ailleurs, le gouvernement canadien collabore avec les différents provinces et territoires pour identifier leurs besoins en matière d'équipements et de fournitures afin de les aider à mener à bien leur lutte contre la COVID-19. Rappelons que le système de santé canadien est entièrement gratuit, ce qui garantit des soins universels. Aussi, dans pratiquement toutes les provinces, des hôtel et dortoirs ont été mis à la disposition de la santé pour répondre à la demande tandis que des hôpitaux dédiés ont été réaménagés. Tous les médecins et infirmiers ont également été mobilisés et formés pour assurer le bon déroulement de cette lutte.

Qu'est-ce qui a changé par rapport aux écoles et aux universités ?

La réouverture des écoles au Canada varie d'une province à l'autre. Si de nombreuses écoles élémentaires sont à nouveau opérationnelles au Québec depuis le mois de mai, d'autres, comme en Ontario, restent fermées jusqu'à nouvel ordre, possiblement jusqu'en août 2020. Au Saskatchewan, ce n'est qu'en septembre que les élèves reprendront le chemin de l'école. En ce qu'il s'agit des écoles ayant déjà rouvert leurs portes, des cours hybrides ont été mis en place afin de réduire la présence physique des élèves dans les établissements scolaires. Ainsi, certaines classes se déroulent en présentiel alors que d'autres se tiennent en ligne. La Nouvelle-Écosse, pour sa part, n'a pas encore défini sa stratégie pour la réouverture des écoles, prenant en compte l'évolution de la situation. Qu'en est-il de l'enseignement supérieur au Canada ? La plupart des universités exigent aujourd'hui le port du masque à leurs étudiants, de même que le respect de la règle de distanciation sociale dans la mesure du possible. Au prochain semestre, des cours hybrides seront également mis en place. Les étudiants sont d'ailleurs encouragés à opter pour des cours en ligne. Il est intéressant de noter que les demandes de visa étudiant, ainsi que les demande de renouvellement du permis d'études continuaient à être traitées pendant la pandémie. Les étudiants étrangers détenteurs d'un permis d'études sont autorisés à poursuivre leurs études au Canada jusqu'à ce que la décision finale leur soit communiquée. Retrouvez plus d'informations sur le site EduCanada. Autre changement notable : les réglementations relatives au Post-Graduation Work Permit ont été amendées. Dorénavant, les étudiants ayant suivi des cours en ligne pendant la pandémie seront également éligibles pour ce permis.

Comment se porte actuellement le marché immobilier ?

Il est évident que la crise a eu un impact considérable sur le marché immobilier canadien. Selon la Canadian Real Estate Association, le taux de ventes immobilières le plus faible depuis 1996 a été enregistré en mai 2020. En revanche, les prix sont restes plutôt stables, d'autant que le marché commence à reprendre des couleurs à travers le pays. Les recherches en ligne de biens immobiliers se multiplient et les vendeurs publient à nouveau des annonces. C'est à Vancouver et à Toronto que la demande est la plus élevée, suivies de Ottawa et Hamilton. A savoir qu'afin de contribuer à la relance du marché, les banques locales sont en train de proposer des prêts bancaires à un taux d'intérêt réduit. Ce serait peut-être une occasion à saisir si vous avez toujours rêvé de faire l'acquisition d'un bien immobilier au Canada. Aujourd'hui, un bien immobilier en Ontario, par exemple, se vend à environ 700 000 $. Cependant, certaines banques prévoient une hausse des prix de l'ordre de 8% dans certaines régions d'ici fin 2020. Au Québec, les prix médian des maisons ont subi une hausse de 4% en mai 2020 par rapport à la même période l'année dernière alors que le nombre de ventes a diminué. Les prix médians de vente de copropriétés ont également augmenté par 6% par rapport à 2019. Il faudra toutefois attendre quelques mois encore pour mesurer le véritable impact de la crise sur le marché immobilier canadien.

La crise a-t-elle eu un impact sur le coût de la vie au Canada ?

Selon le Laboratoire de sciences analytiques en agroalimentaire de l'Université Dalhousie et l'Institut alimentaire Arrell de l'Université de Guelph, situé en Ontario, le Canada devrait s'attendre à une hausse des prix de l'ordre de 4% d'ici la fin de 2020. Cette hausse concerne principalement les denrées alimentaires, y compris les fruits et légumes et les produits de boulangerie. Cependant, les prix vont varier en fonction de la fluctuation du dollar canadien. Si celui-ci continue à baisser, les produits importés au Canada coûteront encore plus cher. En revanche, une récente étude réalisée par la firme Angus Reid indique que plus de la moitié des Canadiens préfèrent désormais consommer local, ce qui devrait réduire en quelque sorte les effets de la crise sur le coût de la vie.

Qu'en est-il du mode de vie ? Qu'est-ce qui a changé depuis le début de la crise ?

Il est clair, comme dans pratiquement tous les pays du monde, que la distanciation sociale est devenue la nouvelle norme au Canada. Même si la situation se rétablit petit à petit, les Canadiens craignent toujours de contracter la COVID-19. Cependant, ils sont nombreux à sortir et à renouer avec ceux qui leur sont chers autour d'un verre ou d'un repas au restaurant. Les randonnées et pique-niques ont repris de plus belle avec les amoureux de la nature et du plein air. Cependant, il semble qu'on hésite toujours à participer aux évènements comme les concerts ou aux célébrations comme le mariage. Aussi, les Canadiens sont nombreux à estimer que le port du masque serait nécessaire pendant au moins une année encore.

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