Une expatrié aux États-Unis parle de la pandémie de coronavirus

  • expat a Chicago
    Anna Rouseff
Interview
Publié le 2020-05-13 10:00

Les États-Unis sont l'un des pays les plus touchés au monde par la pandémie de coronavirus, avec plus de 1,4 million de cas positifs et un bilan de plus de 83 000 morts. Alors que plusieurs pays sont passés en mode déconfinement de manière progressive cette semaine, il semble que la situation aux États-Unis ne va pas s'améliorer de si tôt. Anna, une expatriée bulgare qui vit à Chicago, nous livre ses impressions sur la pandémie de coronavirus dans son pays d’accueil.

Depuis combien de temps vivez-vous aux États-Unis ? Dans quelle ville vous trouvez-vous actuellement ?

Je me suis installée aux États-Unis en octobre 2000 et j'habite à Chicago.

Comment avez-vous réagi face à la nouvelle de la propagation de l'épidémie de COVID-19 aux États-Unis ?

Je suivais de près les infos depuis l'apparition de l'épidémie de COVID-19 en Chine. Même si à ce moment-là on ne comprenait pas très bien ce qu'il se passait, j'ai acheté des désinfectants au cas où. Ensuite, on a commencé à en parler sans arrêt ici, et tout cela avait l'air suspect. C'était loin d'être le modèle américain de faire peur aux gens, mais j'ai suivi les instructions.

Quelle est la situation actuelle à Chicago ?

A Chicago, comme dans le reste de l'Illinois, nous allons rester confinés jusqu'en juin, mais je constate que les routes sont de plus en plus fréquentées. La ville de Chicago et ses environs comptent une population de 8 à 9 millions d'habitants tandis que l'État, dans son ensemble, abrite 12,87 millions de personnes. Selon les autorités locales, le nombre de décès liés au COVID-19 n'aurait pas franchi la barre des 3 000.

Comment les autorités locales ont-elles réagi face à la pandémie? Quelles mesures ont été prises pour assurer la protection des citoyens ?

C'était la panique totale. Les officiers de la santé faisaient des demandes de systèmes de ventilation alors que nous n'en n'avions pas besoin. L'immense centre d'exposition McCormick a été aménagé pour qu'il puisse accueillir des personnes infectées. Cependant, on ne l'a jamais utilisé, comme le navire-hôpital militaire qui n'a accueilli qu'une vingtaine de patients à New York. Comme seuls quelques hôpitaux étaient prêts à réagir, il était évident qu'on aurait une énorme concentration de morts et des lits partout. Qui plus est, de nombreuses personnes sans expérience ont été embauchées dans le domaine de la santé.

La pandémie de COVID-19 a-t-elle eu un impact sur votre travail ?

Pas encore, mais je suis sûre que ça ne va pas tarder. J'étais en mode attente pendant deux semaines, puis il était évident que la vie et le travail devaient continuer. Les membres de ma famille travaillent également. Mon fils est en mode télétravail tandis que ma belle-fille se rend au bureau tous les jours.

En cette période de crise sanitaire mondiale, comment ressentez-vous le fait d'être loin de vos proches qui sont dans votre pays d'origine ?

Ma famille dans mon pays d'origine est plus prudente à l'égard de la pandémie. Ma belle-fille était à l'étranger au début du confinement, mais heureusement, elle a pu regagner le territoire américain à temps. Certains de ses amis étaient en France, mais ils ont également pu rentrer avant que la situation se corse. Je m'inquiète aussi pour ma belle-fille qui attend un enfant. Ils prévoient de déménager dans une maison de campagne non loin de la ville après le déconfinement.

Qu'avez-vous prévu de faire après le déconfinement ? Comptez-vous rester aux États-Unis ?

Oui, bien sûr, mais je prévois également de voyager.

Quelle est la chose qui vous manque le plus pendant le confinement ?

Manger au restaurant.

Quel conseil donneriez-vous aux milliers d'expatriés du monde entier qui attendent en ce moment d'être rapatriés ?

Il est clair que monde ne sera plus jamais le même, mais leur vie, leur liberté et leurs choix n'appartiennent qu'à eux.