Japon
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Actualisé le mois dernier

En France et dans de nombreux pays, le stage c’est le chemin privilégié d’accès à l’emploi. En cours d’année scolaire/universitaire ou à la fin d’un cursus, l’étudiant s’essaie à la vie en entreprise. L’essai peut se transformer en véritable emploi. La pratique est si courante que l’on pourrait penser qu’elle s’applique partout. Qu'en est-il du Japon ?

Avec la multiplication des échanges du pays avec l’étranger, les entreprises japonaises – les grands groupes, surtout – commencent à proposer des stages. Mais l’exercice est loin d’être commun. Il relève, encore aujourd’hui, de l’exception. La règle demeure : au Japon, on ne fait pas de stage.

Culture du stage au Japon ?

Au Japon, on commence à se familiariser avec le monde du travail via les baito (petits boulots). Certains sont accessibles dès le lycée : travail en supérette, livraison de journaux, etc. A l’université, l’apprentissage se poursuit et se renforce, avec des cours spécialement conçus pour entrer dans la vie active. C’est pendant leur cursus universitaire que les étudiants postuleront. Objectif : avoir un emploi dès la sortie de la faculté, voire, même, avant. On ne demande pas aux Japonais de faire un stage pour valider leur cursus.

A l’instar du CV, qui commence doucement – et selon les entreprises – à accepter, en plus de la forme traditionnelle (un formulaire à remplir), la forme occidentale (un CV libre, plus créatif), certaines entreprises japonaises proposent des stages. Il n’existe pas de mot japonais pour dire « stage ». L’on parle d’ « inta- shippu » pour « internship ».

L’ambassade de France rappelle la règle de droit : les stages ne sont pas rémunérés, mais ils peuvent être indemnisés. Le ministère du Travail rappelle la différence entre les deux termes. La rémunération est strictement liée à un contrat de travail : c’est le salaire reçu en contrepartie du travail effectué. L’indemnité est une compensation. Elle concerne, par exemple, les stages conventionnés.

Si votre stage est indemnisé, vous avez l’obligation d’obtenir, au préalable, un CoE (Certificat of Eligibility). Cette règle est valable quelle que soit la durée de votre stage.

 Bon à savoir :

S’il n'est pas nécessaire de parler japonais pour faire un stage au Japon, il est conseillé d’avoir quelques bases, voire – en fonction de l’entreprise dans laquelle l’on souhaite effectuer son stage – un niveau de japonais qui permet de converser.

Vers quelles entreprises se tourner au Japon ?

L’on pense d’abord à viser les grandes entreprises, plus susceptibles de prendre un stagiaire. Ici, on distingue 3 types d’entreprises : les sociétés internationales, françaises, et japonaises.

Adaptation à la culture d’entreprise oblige, quelle que soit l’entreprise pour laquelle vous postulez, collectez le maximum d’informations sur elle : organigramme, normes et valeurs, personnes à contacter, etc. avec les particularités inhérentes à chaque type d’entreprise.

Si vous ciblez une entreprise japonaise, vous devrez parler et comprendre le japonais. Pour une entreprise internationale, il faudra parler couramment anglais. Les entreprises françaises pourraient aussi vous demander si vous pratiquez une ou plusieurs langues étrangères – le meilleur profil étant celui qui maîtrise, et le japonais, et l’anglais.

Renseignez-vous auprès des services de votre université : si votre établissement a des partenariats avec les universités japonaises, vous pourriez obtenir de bons contacts.

Autres pistes : les associations, les centres de coopération, les réseaux sociaux professionnels. Comme en Occident, le réseautage a pris une place considérable, et dans la recherche d’emploi, et dans la recherche de stage. Avoir une page (à jour) sur LinkedIn (ou tout autre réseau professionnel), permet de se créer un réseau. Fréquenter les associations, participer aux forums et autres conférences étudiantes sont aussi un moyen de rencontrer des chercheurs, des professionnels, susceptibles de vous ouvrir leur carnet d’adresse.

Pour mettre toutes les chances de votre côté, commencez votre recherche de stage une bonne année avant votre départ souhaité pour le Japon. Faites un tableau et répertoriez-y la liste des entreprises qui vous intéressent, avec, au moins : le secteur de la société ; sa taille ; le nom des dirigeants ; le nom des personnes à contacter/de celles rencontrées sur les réseaux sociaux.

Environ 2 à 4 mois après le début de vos préparatifs, envoyez vos CV et lettres de motivation. L’on recommande de ne pas les envoyer trop tôt (un an, voire plus d’un an avant) ni trop tard (2, 3 mois avant le départ souhaité). Selon les entreprises contactées, rédigez vos documents en français, anglais, ou japonais.

Armez vous de patience : les réponses sont rares, et peuvent mettre plusieurs mois à arriver. Si vous n’avez pas de réponse, recontactez les entreprises environ deux semaines après l’envoi de la candidature.

Visas de stage au Japon

Si vous êtes ressortissant d'un pays exempt de visa et que votre stage au Japon dure moins de 90 jours, vous aurez seulement besoin de votre passeport.

Si vous êtes ressortissant d'un pays sans exemption de visa ou si votre stage dépasse 90 jours, vous devrez demander un visa de stage, ou, éventuellement, faire votre stage dans le cadre d’un PVT. Attention, cependant à ne pas effectuer un stage trop long, le but du PVT étant de voyager et de découvrir la culture japonaise, pas de travailler.

 Bon à savoir :

L’ambassade pourrait vous refuser le visa en voyant que votre programme ne mentionne que des stages, ou que la durée de votre stage est trop longue.

Le visa de stage, lui, permet de séjourner au Japon pour une durée maximale d'un an et uniquement dans le cadre de votre stage. Les demandes pour obtenir votre visa de stage peuvent être déposées à l'ambassade ou au consulat du Japon de votre pays d'origine. La procédure prenant un certain temps, préparez-vous longtemps à l'avance.

Comme pour le visa de travail, c’est votre future entreprise qui vous sponsorise. C’est elle qui fait le lien avec l’immigration japonaise. C’est donc à elle que vous remettez les documents demandés par les services de l’immigration : copie des papiers d’identité, des diplômes, document bancaire officiel attestant de vos ressources financières, etc. Avant de demander votre visa de stage, vous devrez obtenir votre Certificate of Eligibility (CoE). C’est votre future entreprise qui vous l’envoie.

L’Ambassade de France vous demandera également des documents pour créer votre visa de stage (formulaire de demande de visa, passeport, preuve d’hébergement etc).

Trouver un logement pour la durée de votre stage au Japon

Vous devez trouver un logement pour votre séjour. Renseignez-vous auprès de votre future entreprise : certaines vous aident à trouver un logement. Logement qui constituera un poste de dépense important, surtout à Tokyo. Comptez environ 30 000¥ par mois (250 euros) pour un dortoir. Environ 60 à 80 000¥ par mois (500 à 680 euros) pour une chambre individuelle, dans une sharehouse ou une social residence. Les appartements coûtent cher : à partir de 80 000¥ (680 euros) pour les plus abordables, jusqu’à 120 000¥ par mois (environ 1000 euros), voire plus, pour les plus onéreux.

Le prix des logements varie grandement, selon le secteur que vous choisissez. C’est dans le cœur de Tokyo (Shinjuku, Shibuya) que les prix s’envolent. Les autres arrondissements, un peu plus éloignés (Nakano-ku, non loin de Shinjuku, ou Taito-ku, non loin d’Ueno et Akihabara) proposent des prix plus abordables.

 Bon à savoir :

Dans la plupart des cas, les entreprises paient les frais de transport et le panier-repas journalier, mais toutes n’ont pas le même fonctionnement.

 Liens utiles :

Ambassade de France au Japon : liste des liens utiles pour trouver un stage
Internship in Japan – ICCWorld
Go Overseas
Study Abroad
Immigration Bureau of Japan
Ministère des Affaires étrangères du Japon
Ministère de la Santé, de l'emploi et du bien-être

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