Fusillades aux États-Unis : partir ou rester ?

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    Steve Sanchez Photos / Shutterstock.com
Publié le 2022-05-27 à 07:01 par Mikki Beru
Mardi 24 mai, Uvalde, Texas. 11h32. Salvador Ramos, 18 ans, tire mortellement sur 21 personnes : 19 enfants de primaire et 2 enseignantes. Trois jours après le drame, l'émotion est toujours vive. Le monde pleure et s'indigne. Quelques jours plus tôt, le 14 mai, une fusillade raciste a fait dix morts, majoritairement Afro-Américains.

Le lendemain, alors que l'Amérique pleure ses victimes, une autre fusillade raciste éclate dans une église californienne. Le tireur a fait une victime et quatre blessés graves. Ces massacres relancent le débat autour du port d'armes. Terre d'immigration et d'expatriation, l'Amérique est toujours aussi divisée sur la question. Comment les étrangers vivent-ils la situation ? Ces récents drames impactent-ils le choix des futurs expatriés ?

Un massacre condamné par les locaux et les expatriés

Très peu de témoignages filtrent. Les expatriés vivant aux États-Unis partagent le même sentiment que la majorité de la population : indignation et colère. « On est pareils, s'emporte une Française habitant à New York. On ressent la même peine, bien sûr. Il n'y a pas eux d'un côté, et nous de l'autre. On est ensemble. » Elle ne pense pas du tout quitter le pays, au contraire. « C'est chez moi ici. C'est aux armes de dégager, pas à moi. » Un témoignage partagé par beaucoup d'autres, locaux comme immigrés. 

Selon l'organisation à but non lucratif Gun Violence Archive, il y a eu au moins 212 fusillades de masse aux États-Unis depuis le début de l'année. Un nombre supérieur à celui des jours écoulés depuis janvier. Gun Violence Archive précise qu'une fusillade est dite « de masse » lorsque 4 personnes sont blessées ou tuées (tueur exclu). Là encore, locaux et expatriés s'indignent, et en appellent aux politiques. Le président Biden ne cache pas son émotion et sa colère : « Quand, pour l'amour de Dieu, allons-nous affronter le lobby des armes ? » Le président rappelle l'impact positif des lois pour encadrer le port des armes. « Lorsque nous avons adopté l'interdiction des armes d'assaut, les fusillades de masse ont diminué. Lorsque la loi a expiré, les fusillades de masse ont triplé. » Politiques, artistes, sportifs, citoyens, tous partagent la même sidération. Pas question, pour les expatriés, de quitter le pays. Pas question non plus, pour les futurs expatriés, de renoncer à leur rêve américain.

Continuer de voyager pour soutenir le pays

Ce drame arrêtera-t-il le lobby des armes ? Beaucoup voudraient y croire. Mais la force des lobbies ne laisse personne dupe. Depuis 1966, les fusillades visant les écoles endeuillent les États-Unis. Mais sans lien avec les expatriations. Le pays reste prisé, tant par les touristes que par les expatriés. « On ne sombre pas dans la parano. On continue de voyager. Bien sûr, on regrette comme tout le monde qu'il y ait des armes en circulation. Elles devraient être interdites », écrit une étudiante belge, en projet d'échange universitaire aux États-Unis. « C'est incompréhensible. Les USA sont quand même LA puissance mondiale. Et pourtant, c'est comme s'ils étaient étranglés par les conservateurs et des lobbys. » Les républicains sont pris à partie. Ted Cruz, sénateur du Texas proche de Donald Trump, subit les foudres de la classe politique et de la population. Ironie du sort : il prononcera un discours ce week-end, à l'occasion de la conférence du NRA, grand lobby des armes aux États-Unis. Conférence qui aura lieu… à Houston, au Texas.