Kenza et son English Tea à la conquête du Canada !

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Publié la semaine dernière

L’expatriation, elle connait ! Kenza, enseignante de français et serial expat a posé ses valises à Winnipeg au Canada. Voilà deux qu’elle s’y est installé et elle ne compte pas s’en aller de sitôt. Elle nous parle de son pays d’adoption et de Cups of English Tea, son blog. Rencontre.

Parles-nous de ton parcours d’expatriée?

J’ai vécu un an en Angleterre (York) il y a dix ans comme assistante de français dans des écoles primaires. Puis j’ai passé deux ans à Jersey, île Anglo-Normande encore méconnue. J’ai enchaîné avec un an à Brandon, au milieu du Manitoba (la province au centre du Canada), un an à Melbourne en Australie et un an à Budapest en Hongrie. J’ai ressenti alors un burn-out de l’expatriation et je suis rentrée en France pendant un peu moins d’un an pour préparer doucement mon départ suivant : un PVT Canada à Winnipeg, au Manitoba justement. Cela va faire deux ans que je vis à Winnipeg en avril.

Tu es enseignante de Français Langue Etrangère. Expat à cause du job ou le choix du job pour pouvoir s’installer ailleurs?

J’ai toujours voulu enseigner, mais le système français ne me tentait pas. Donc j’ai trouvé la voie du FLE et je suis expat à cause / grâce au job. Les deux vont de pair pour moi. Mais prof de FLE est un vrai métier, qui demande des qualifications et des compétences spécifiques. Enseigner le français pour la seule raison qu’on est natif n’est pas viable professionnellement - c’est comme décider de devenir chef cuisinier parce qu’on se prépare à dîner tous les soirs.

Est-il facile de trouver de l'emploi pour enseigner à l’étranger ?

Oui et non. Certains pays privilégient les diplômes et par exemple avoir un master complet est obligatoire pour obtenir un visa de travail. D’autres pays ne s’embêtent pas avec les formalités administratives et ne recrutent que des gens déjà installés sur place, avec ou sans qualifications. Il y a beaucoup de travail, dans tout un tas de contextes (crèches, écoles classiques, écoles bilingues, lycées, universités, centres pour adultes, formation aux militaires et j’en oublie) mais les conditions ne sont pas toujours optimales si on est un prof hors Éducation Nationale. En général tout est à la charge de l'enseignant : son billet d’avion, son visa, son logement, son assurance. Les salaires ne sont jamais très hauts et on ne cotise pas pour sa retraite ou son avenir.

De toutes tes expériences d'expatriation, laquelle as-tu préférée?

Le Canada, c’est pour ça que je suis revenue m’y installer. J’ai trouvé une qualité de vie ici que je n’ai pas vu ailleurs. Les gens sont gentils, optimistes, positifs. L’ensoleillement est très important (320 jours par an dans les Prairies), il y a beaucoup de choses à faire, en intérieur, en extérieur, en hiver comme en été. Parler français et anglais est un atout considérable. Tous les paysages coexistent, on a froid mais on est bien ici !

Quand as-tu décidé de lancer ton blog?

J’ai commencé à bloguer en 2004 ! Mon blog actuel existe depuis 2011, année de mon départ à Jersey. Je le tiens en continu depuis.

Comment peut-il être utile à quelqu'un qui souhaite s'installer au Canada?

J’essaye à mon échelle de montrer qu’il y a d’autres destinations pour un Pvtiste ou un RP (résident permanent) que le combo Montréal-Toronto-Vancouver. Les plus petites villes ont des tas d’avantages, en termes de coût de la vie ou d’opportunités d’emploi pour les bilingues. Sur mon blog, je parle du quotidien, de la météo parce que cela tient une place prépondérante dans la vie quotidienne mais aussi des sorties, des choses à faire à et autour de Winnipeg. La ville ne mérite pas sa mauvaise réputation.

De futurs projets d’expatriation?

Pas pour l’instant. Je suis en cours de démarches pour obtenir ma résidence permanente. Je reste au Canada !