Où créer une entreprise en 2019 ?

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Publié la semaine dernière

L’année 2019 s'annonce prometteuse pour les hommes d'affaires souhaitant investir ou développer leurs activités à l’étranger grâce aux réformes entamées par de nombreux pays autour du globe. Le dernier rapport sur la facilité de faire des affaires met en lumière les économies et marchés les plus développés, ainsi que les pays démontrant un fort potentiel pour les prochaines années. Si vous êtes à la recherche de nouvelles opportunités d'affaires à l’étranger, découvrez avec Expat.com les meilleures destinations pour créer une entreprise.

Les environnements propices aux affaires

Le rapport annuel sur la facilité des affaires réalisé par la Banque mondiale couvre de nombreux domaines dans 190 pays autour du monde, à savoir, la facilité de démarrer une entreprise, les procédures entourant l'obtention des permis de construction, l'enregistrement des entreprises, ainsi que la protection des investisseurs, l’accès aux marchés internationaux, le renforcement des contrats et les avantages fiscaux, parmi tant d'autres. Aujourd’hui, même si aucun pays au monde ne possède un cadre régulateur sans faille, de nombreuses économies affichent des signes de progression. Près de 60% du top 50 sont des pays de l'OCDE à revenu élevé tandis que le 24% se trouvent en Europe et en Asie Centrale et 12% en Asie de l'Est et en Amérique latine.

Vous vous attendiez sans doute à retrouver des économies développées comme celles de la Nouvelle-Zélande, de Singapour, du Danemark, de Hong Kong et de la Corée du Sud en tête de liste grâce à leur environnement propice aux affaires et à l'encadrement dont bénéficient les entrepreneurs et investisseurs locaux et étrangers. Vous n'avez pas tord ! En revanche, ce nouveau classement nous réserve bien des surprises, avec des pays comme la Géorgie qui devancent la Norvège, les États-Unis et le Royaume-Uni. C'est la Macédoine qui clôture le top 10 grâce aux récentes réformes visant à faciliter l'obtention des nouveaux permis de construction. Ces économies ont plusieurs points en commun, y compris la qualité et l’efficacité des cadres régulateurs, les inspections obligatoires durant les différentes étapes de la construction, ainsi que les garanties disponibles pour les créanciers faisant face à une procédure d'insolvabilité.

Parmi les meilleurs pays où créer une entreprise, on retrouve également les Émirat Arabes Unis (11e), la Suède (12e), Taïwan (13e), la Lituanie (14e), la Malaisie (15e), ainsi que l'Estonie (16e), la Finlande (17e), l'Australie (18e), la Lettonie (19e) et l’île Maurice (20e). Il est d'ailleurs intéressant de noter que l’île Maurice est la seule économie d'Afrique subsaharienne figurant dans le top 20 grâce aux réformes prolongées durant la dernière décennie visant non seulement à réduire la durée des procédures d'incorporation des entreprises et des bien immobiliers mais aussi à attirer davantage d'investissements étrangers en offrant encore plus d'avantages de différentes natures.

Les Émirats Arabes Unis et la Malaisie s'introduisent pour la première fois dans le top 20 en raison d'une série de réformes. Rappelons d'ailleurs que les Émirats Arabes Unis sont l'une des plus grandes puissances économiques du Moyen-Orient et dotés d'une grande ouverture à l'international. D'une manière générale, les points en commun que possèdent ces différentes économies sont, entre autres, le niveau de revenu, la souplesse des procédures, ainsi que l’efficacité de leur cadre légal.

Il existe toutefois d'importantes variations à prendre en compte, particulièrement aux niveaux des économies à revenu élevé. Si la Nouvelle-Zélande se retrouve en 1e position pour son climat favorable aux affaires, par exemple, elle se retrouve à la 21e place pour ce qui est du renforcement des contrats. Le Maroc se classe 60e d'une manière générale mais se retrouve en 25e position en matière de fiscalité.

Les principales améliorations

Cette année, les plus importantes améliorations ont été constatées dans une dizaine de pays, notamment l'Afghanistan, le Djibouti, la Chine, l’Azerbaïdjan, l'Inde, ainsi que le Togo, le Kenya, la Côte d'Ivoire, la Turquie et le Rwanda. Au cours des dernières années, ces économies ont mis en place pas moins de 62 réformes au total. Ces réformes concernent principalement l'obtention de facilités financières ainsi que des avantages fiscaux. L'Afghanistan, à titre d'exemple, a adopté en 2018 de nouvelles lois non seulement pour résoudre l’insolvabilité mais aussi pour réduire les risques de préjudices et de conflits d’intérêt au sein des entreprises et pour protéger davantage les investisseurs minoritaires. Le Code du commerce a également été amendé afin que les actionnaires bénéficient de plus de pouvoirs pour contester les différentes transactions entre les parties liées.

Deux des plus grandes puissances économiques d'Asie, la Chine et l'Inde peuvent se réjouir de la nouvelle approche adoptée par leurs gouvernements respectifs au cours des quelques dernières années. A Beijing et Shanghai, par exemple, il est désormais plus facile pour les entreprises d’être connecté au réseau électrique. Qui plus est, la Chine a récemment mis en place une nouvelle application visant à faciliter les paiements en ligne en vue de mettre un terme aux déplacements vers la capitale. En début 2018, la Chine a également introduit de nouvelles mesures visant à uniformiser les procédures entourant la délivrance de permis de construction à Beijing et à Shanghai, sans oublier la facilitation des procédures d'enregistrement des nouvelles constructions.

Pour sa part, l'Inde a choisi de rationaliser le processus de création d'entreprises à travers son plan d'action pour 2017-2020. Hormis l’amélioration de l’efficacité des échanges commerciaux transfrontaliers, l'Inde souhaite également reduire les conformités en termes de temps et de documents à produire dans les domaine de l'importation et de l'exportation. Le pays a aussi investi massivement dans les installations portuaires, ainsi que l'informatisation des procédures grâce à la mise en place d'un guichet unique pour faciliter l'obtention du permis de construction à Mumbai et dans la capitale en particulier. Parallèlement, de nouvelles réglementations ont été introduites pour que les demandes de connexion au réseau électrique soient réglées dans un délai de 15 jours maximum.

A Djibouti, les transactions immobilières avec l'administration fiscale sont désormais réalisées en ligne et ce dans des délais strictes. Qui plus est, le pays a adopté un nouveau code de procédure civile régissant la médiation et la conciliation afin de régler plus rapidement les litiges commerciaux. Une nouvelle division a également été créée au sein du tribunal de première instance pour faciliter l’exécution des contrats. Sachez que le Djibouti est la seule économie du Moyen-Orient et d'Afrique du Nord à figurer sur la liste des plus grandes améliorations.

Il est intéressant de noter que la grande majorité de ces réformes proviennent d’économies à revenu faible et à revenu moyen-inférieur, ce qui explique sans doute leur dynamisme sur le plan des affaires. Après les pays africains cités plus haut, c'est le Brésil qui affiche les améliorations les plus significatives en Amérique latine pour l’année écoulée. Par exemple, à la suite d'un projet pilote initié en octobre 2016, le pays a introduit en 2017 les certificats d'origine électroniques. Le Brésil a aussi mis en place un système visant à faciliter l'enregistrement des entreprises en ligne.