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Étudier à l'étranger : comment bien choisir son domaine d'études ?

jeune etudiante souriante
sedrik2007 / Envato Elements
Écrit parAsaël Häzaqle 01 Avril 2026

Lorsqu'on parle d'études à l'étranger, on pense bien sûr au choix du pays, aux atouts de telle ou telle université. Mais il existe d'autres « critères de sélection » à prendre en compte. Perméabilité/exposition du futur métier aux évolutions des marchés, valeur du diplôme, concurrence avec les autres expats/les locaux/ les jeunes recrues… Tour d'horizon.

Centres d'intérêt et réalité du marché du travail international

Sans aller jusqu'à rédiger une thèse sur vos goûts au regard des défis socio-économiques du monde, penchez-vous sur vos centres d'intérêt. C'est, sans surprise, l'un des premiers critères de sélection du domaine d'études, que vous optiez ou non pour l'expatriation. Certains savent dès le premier mois le métier qu'ils feront. S'ils s'expatrient, c'est avec la conviction qu'étudier à l'étranger leur permettra de réaliser leur rêve. D'autres (et ils sont nombreux) n'ont qu'une vague idée de ce qu'ils voudraient faire comme métier. Ici, l'expatriation peut être vue comme une bonne tendance à suivre ou comme un tremplin qui permettra de mieux se découvrir.

Il ne faudrait cependant pas donner aux centres d'intérêt une aura plus grande que celle qu'ils traduisent. Vos centres d'intérêt indiquent, de la manière la plus basique qui soit, ce que vous aimez et ce que vous n'aimez pas. C'est un premier filtre. Vient assez rapidement la « confrontation » de vos centres d'intérêt avec la réalité : le domaine d'étude qui vous correspond existe-t-il à l'étranger ? Sous quelle forme ?

Existence du domaine d'études à l'étranger

Ce critère est tout aussi important que le précédent. Car on peut trouver un domaine d'études et se rendre compte qu'il n'existe pas à l'étranger. C'est notamment vrai dans l'art, où certains cursus n'existent que dans certains pays (par exemple, là où la spécialité artistique qui vous intéresse a été créée ou popularisée). Autre possibilité : les études existent à l'étranger, mais pas sous la forme que vous souhaitez. Par exemple, elles n'offrent pas de diplôme et ne permettent pas de s'insérer sur le marché du travail… C'est ici que l'on retrouve les fameux tableaux comparatifs listant les meilleurs pays où étudier telle ou telle discipline.

Tests d'orientation et domaine d'études à l'étranger

Et si l'on s'en remettait aux tests d'orientation très populaires pour choisir notre domaine d'études à l'étranger ? Les derniers modèles de tests, boostés par l'IA, s'engagent à nous révéler le domaine d'étude parfait pour nous. Les modèles traditionnels entendaient relever le même défi. Vous pouvez tout à fait réaliser un test d'orientation pour savoir quelles études entreprendre à l'étranger. Il existe bien des tests réservés aux salariés en reconversion professionnelle ou en reprise d'études. Mais attention : dans les pays où les tests d'orientation sont obligatoires, l'absence de réglementation fait la loi. Il existe des tests très sérieux, d'autres un peu plus fantaisistes. Comme son nom l'indique, le test d'orientation n'a pas vocation à choisir vos études, mais à vous orienter vers le meilleur choix compte tenu de vos réponses. D'où l'importance de le réaliser avec sérieux.

Centres d'intérêt, motivation et études à l'étranger

On peut aimer très fort une discipline, au point d'être prêt à « tout sacrifier » pour l'étudier à l'autre bout du monde… avant de réaliser que la passion n'était peut-être pas le meilleur des guides d'expatriation. L'inverse est aussi vrai. On peut s'expatrier par pur calcul mathématique (meilleur pays, meilleure université, meilleur cursus, qui garantissent le « meilleur » des emplois) et se rendre compte, une fois sur place, que l'on aime vraiment le domaine d'études choisi. Il n'y a ici aucune loi. Juste des cas pratiques, et autant d'histoires personnelles.

Vous serez peut-être amené à tester la discipline choisie pour savoir si elle vous plaît vraiment. Mais face au coût exorbitant des études supérieures et à la hausse du coût de la vie, on comprend qu'une expatriation ne s'improvise pas. D'où les précautions prises en amont pour être sûr de faire le bon choix. Car de ce choix découle une autre question : serez-vous motivé jusqu'au bout ?

Temps alloué à ses études et méthodes d'enseignement à l'étranger

Combien de temps souhaitez-vous/pouvez-vous consacrer à vos études à l'étranger ? Ce temps se compte-t-il en années (jusqu'à cinq, dix ans s'il le faut ?) ou en mois (un à deux maximum ?) A priori, votre permis d'études vous permet d'étudier librement pendant deux, trois, cinq ans… sous réserve de valider vos examens. Mais avant cette limite fixée par l'immigration, quelle limite vous fixez-vous ? Le temps que vous réserverez à vos études est étroitement lié au choix du domaine d'études. Car certains cursus requièrent des temps nécessairement longs, qui ne peuvent être raccourcis. Cette question du temps est aussi un moyen de confronter vos centres d'intérêt à la réalité des études et de la future insertion professionnelle.

Autre moyen de confrontation : les méthodes d'enseignement. Certains domaines d'études sont davantage portés sur la technique, le manuel, la pratique. D'autres, en revanche, relèvent plus de l'enseignement académique. Vous-même êtes peut-être plus manuel qu'académique, plus enclin à apprendre par la mémorisation et la reproduction du geste que par la mémorisation purement cérébrale. Ces différences s'ajoutent à celles liées au pays d'expatriation. Il y a différentes manières d'enseigner la même chose.

Valeur du diplôme à l'issue des études

Quelle valeur aura votre diplôme ? Quelle sera sa valeur dans cinq, dix, quinze ans ? À la base, le diplôme est censé refléter la véritable valeur professionnelle du titulaire. Vous vous êtes formé à l'étranger et avez réussi : vous êtes aptes à entrer sur le marché du travail et à occuper un métier correspondant au diplôme obtenu. Le problème, c'est que la pratique vient écorner cette image. On ne compte plus les témoignages de diplômés étrangers qui affirment exercer un emploi bien en deçà de leurs compétences réelles.

Ils ont pourtant étudié au Canada, en Australie et en France, et pensaient obtenir un emploi en adéquation avec leur diplôme. Ils se retrouvent, au contraire, à exercer des emplois peu qualifiés, sous-payés… au risque d'entrer malgré eux dans un cercle vicieux. Car le fait de rester coincé dans un secteur professionnel qui ne correspond pas à ses qualifications dégrade progressivement la valeur du diplôme. D'autant plus qu'au fil des années, d'autres expats font leurs preuves à l'étranger, dévaluant encore davantage le diplôme des anciens étudiants étrangers.

Domaine d'études et emploi certifié en fin du cursus

Le critère de la valeur du diplôme est étroitement lié à celui de l'emploi à l'issue des études. Le domaine étudié à l'étranger offre-t-il un emploi en adéquation avec vos qualifications ? A priori, étudier dans un domaine lié à un secteur en pénurie offre une voie royale vers un emploi stable. Mais même dans ce cas, la prudence reste de mise. L'exemple du projet de réforme britannique (qui durcit les conditions d'immigration des médecins étrangers) montre que même les secteurs en pénurie chronique de main-d'œuvre peuvent devenir moins accessibles.

Il ne faudrait bien sûr pas en déduire que la situation est devenue plus compliquée pour les étudiants étrangers, quel que soit leur domaine d'études. Certes, le marché du travail international est tendu pour les locaux comme pour les étrangers. Les réformes de l'immigration engagées dans certains pays peuvent conduire à revoir ses plans de carrière. Mais la garantie d'un « emploi certifié » en fin de cursus est difficilement tenable, que vous vous expatriiez ou non. En revanche, il est vrai que vous pouvez avoir plus de chances d'obtenir un emploi en privilégiant des domaines d'études comme les nouvelles technologies (IA et robotique en tête), la santé ou la construction, selon les programmes d'immigration facilités proposés par les différents pays.

Futur métier déjà en voie de disparition ?

Impossible de parler des domaines d'étude sans aborder les intelligences artificielles. Les anciens étudiants étrangers aujourd'hui diplômés en big data, data science ou en IA se frottent les mains. Ils ont choisi le bon domaine d'études et croulent sous les offres d'emploi. Les métiers de l'IA font en effet partie des métiers d'avenir. D'autres, en revanche, sont menacés de disparition ou seront probablement transformés par les intelligences artificielles comme les métiers de sous-titreur, de rédacteur web, de photographe, de traducteur… et même de data scientist.

Quelle valeur aura le métier choisi à la sortie de vos études à l'étranger ? Si l'IA est amenée à transformer ou à supprimer un certain nombre de métiers, faudrait-il choisir son domaine d'étude en fonction de ce seul critère ? Non, car les autres critères de sélection sont tout aussi importants. Il vous sera difficile de supporter l'expatriation et les études dans les « métiers d'avenir » si vous n'avez aucun intérêt pour eux. Étudier dans le domaine des intelligences artificielles n'est pas le seul moyen de construire une carrière internationale ou de décrocher un emploi stable.En revanche, la concurrence de plus en plus pressante des IA pose la question de la formation continue. Face à la perte potentielle de valeur de votre diplôme, et puisqu'on vit a priori plus longtemps et en meilleure santé, la formation tout au long de la vie est l'un des meilleurs moyens d'accéder au marché « caché » du travail et d'obtenir un poste en lien avec votre niveau d'études. Voilà qui permet de relativiser les possibles « loupés » des premiers choix d'orientation. Il est toujours possible de se reconvertir, de se former à l'étranger, pour construire sa carrière.

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A propos de

Rédactrice web spécialisée en actualité politique et socio-économique, Asaël Häzaq observe et décrypte les tendances de la conjoncture internationale. Forte de son expérience d’expatriée au Japon, elle propose conseils et analyses sur la vie d’expatrié : choix du visa, études, recherche d’emploi, vie de travail, apprentissage de la langue, découverte du pays. Titulaire d’un Master II en Droit - Sciences politiques, elle a également expérimenté la vie de nomade numérique.

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