Menu
Expat.com
Rechercher
Magazine
Rechercher

Emploi à l'international : faut-il un master ou des compétences ?

jeunes diplomés
gstockstudio / Envato Elements
Écrit parHelena Delbecqle 03 Février 2026

Master, MBA, doctorat… Ces parcours académiques sont souvent présentés comme des passeports notamment vers une carrière à l'étranger. Pourtant, à l'heure où les trajectoires professionnelles sont de plus en plus variées, la valeur réelle des diplômes fait débat. Faut-il privilégier un cursus académique poussé, miser sur l'expérience de terrain ou développer avant tout des compétences, notamment interculturelles, pour s'insérer à l'international ? Autant de questions qui redéfinissent aujourd'hui les chemins vers un emploi « sans frontières ».

Des diplômes poussés : un atout pour trouver un emploi à l'international

Dans un rapport récent, l'OCDE affirme qu'un niveau d'études plus élevé améliore significativement les chances de trouver et de conserver un emploi. Les données montrent en effet une corrélation claire entre un niveau poussé de diplôme et l'intégration au marché du travail :

« Les taux d'emploi des 25-64 ans augmentent régulièrement à mesure que les niveaux de formation tertiaire augmentent, ce qui reflète le rendement élevé des qualifications avancées sur le marché du travail. Les diplômés de l'enseignement tertiaire de cycle court affichent un taux d'emploi de 83 %, contre 86 % pour les titulaires d'une licence, 90 % pour les titulaires d'un master, et 93 % pour les titulaires d'un doctorat ou d'un diplôme équivalent. »

L'étude précise que cet avantage est particulièrement marqué chez les jeunes adultes et dans les économies où la demande de compétences qualifiées est forte, ce qui est souvent le cas sur le marché du travail international.

Les conclusions de l'OCDE sont d'ailleurs corroborées par une autre étude de l'APEC (Association pour l'emploi des cadres) relayée dans un article de presse. La dégradation du marché du travail des cadres impacte moins les titulaires de doctorat.

« Entre le premier semestre 2021 et le premier semestre 2025, le total des annonces publiées sur le site apec.fr a reculé de 12 % pour les seuls docteurs alors qu'il a baissé globalement de 17 %. »

On ne s'en étonnera pas : cette tendance est en grande partie transposable au marché du travail international. Des institutions comme le Forum Économique Mondial observent que les travailleurs dotés de compétences élevées et de niveaux d'études supérieurs sont souvent mieux placés pour résister aux chocs économiques et s'adapter aux mutations du marché du travail international.

Le rôle clé du diplôme dans l'obtention des visas

Au-delà de l'attrait professionnel des diplômes, ces derniers jouent souvent un rôle déterminant dans l'obtention des visas de travail nécessaires à l'international.

Dans de nombreux pays, les critères d'immigration exigent en effet un certain niveau d'études pour être admissible à une demande de visa, indépendamment de l'expérience ou de la motivation personnelle du candidat.

Le système « d'Entrée express » du Canada, par exemple, un des programmes utilisés pour sélectionner les candidats à l'immigration, attribue des points selon plusieurs critères, dont le niveau d'études. Deux années d'études postsecondaires rapportent 98 points alors qu'un doctorat fournit au candidat jusqu'à 150 points. D'autres critères tels qu'une expérience effective au Canada sont évidemment valorisés, mais on voit ici clairement qu'un niveau d'études académiques avancé est favorisé.

Autre cas concret : pour obtenir un visa travail en Chine, sauf cas particuliers, il faudra avoir au minimum le niveau Bachelor ! Ce diplôme devra être par ailleurs authentifié et légalisé par votre consulat.

Quelle valorisation des compétences dans le recrutement international ?

Si le niveau de diplôme est un atout indéniable, la plupart des recruteurs à l'international cherchent également un ensemble de compétences directement mobilisables.

Selon un rapport du World Economic Forum, les critères de recrutement les plus valorisés par les entreprises relèvent surtout des « soft skills ». Selon les résultats de l'étude, la pensée analytique demeure la compétence fondamentale la plus recherchée par les employeurs : « sept entreprises sur dix la considèrent comme essentielle en 2025 ».

Viennent ensuite, souligne le World Economic Forum, la pensée créative, la résilience, la flexibilité et l'adaptabilité, le leadership et l'influence sociale, la curiosité et l'apprentissage tout au long de la vie.

Et puis côté compétences techniques, on recherche avant tout une maîtrise de l'IA et du big data. « Elles arrivent en tête des compétences dont la croissance est la plus rapide, suivies de près par les réseaux et la cybersécurité, ainsi que par la culture numérique ».

On le voit, quand il s'agit de recrutement, les soft skills et les compétences techniques sont au cœur de la réflexion et non le niveau de diplômes.

Le rapport souligne d'ailleurs à quel point les pénuries de compétences sont unanimement considérées par les répondants à l'enquête comme le principal obstacle à la transformation des entreprises. C'est dire l'importance qui leur est accordée. « 85 % des employeurs interrogés prévoient de prioriser la montée en compétences de leurs effectifs : 70 % envisagent d'embaucher du personnel possédant de nouvelles compétences, 40 % prévoient de réduire leurs effectifs à mesure que leurs compétences deviennent moins pertinentes et 50 % prévoient d'accompagner leurs employés vers des postes en déclin vers des postes en croissance. »

Et si l'on n'était pas encore convaincu par la question, une enquête de Stepstone révèle quant à elle que 77 % des entreprises projettent d'évaluer les candidats davantage sur la base de leurs compétences réelles que de leurs diplômes.

Étudier plus longtemps… ou de façon plus ciblée ?

Ce n'est donc pas la durée des études qui fait la différence pour trouver un emploi à l'étranger, mais leur adéquation avec les besoins du marché local ou international !

Des études ciblées, pensées en fonction d'un secteur précis ou d'un bassin d'emploi international, peuvent ouvrir bien plus de portes qu'un cursus théorique étalé sur de nombreuses années.

Pensez aux secteurs en tension dans de nombreux pays. Des parcours ciblés dans les domaines de l'IT, du bâtiment, de la transition énergétique, de l'hôtellerie-restauration, de la santé permettent d'accéder plus rapidement au marché du travail à l'étranger.

Autre exemple : une étude menée par l'université de Cornell sur les offres d'emploi dans des domaines comme l'intelligence artificielle ou les métiers « verts » montre que les annonces qui requièrent des compétences spécifiques ou des certificats techniques se multiplient, tandis que les mentions strictes de diplômes universitaires diminuent.

Aujourd'hui, trouver un emploi à l'international signifie donc moins « accumuler des diplômes » ou atteindre un niveau académique avancé que construire des compétences solides, adaptées aux réalités du marché local.

Scolarité et études
Travailler
études
travail
A propos de

Helena a vécu au Japon, en Chine et en Allemagne où elle est actuellement basée. Ces différentes expériences lui ont permis d’enrichir sa compréhension des problématiques variées de l’expatriation. Titulaire de l'Education nationale et d'un Master II en Politiques linguistiques, elle concilie enseignement et rédaction professionnelle, autour de thématiques telles que l’éducation et le travail à l’international. Elle gère également les partenariats et les programmes d'un organisme de formation professionnelle.

Commentaires