Conjoint suiveur et père au foyer : David nous parle de la vie en Malaisie

Interview
Publié le 2019-10-24 07:49

D'arpenteur en Angleterre, il est aujourd'hui père au foyer en Malaisie alors que son épouse y travaille. Et la vie de conjoint d’expat au foyer n’est pas de tout repos. Il en parle à Expat.com.

Comment êtes-vous devenu père au foyer en Malaisie ?

Ma femme et moi avons enseigné l'anglais pendant un an en Corée du Sud en 2010, alors que nous cherchions à échapper à la crise financière de l'époque. Nous avons tous les deux adoré cela, mais nous avions convenus que l’aventure ne durerait pas plus de 12 mois. Je suis donc retourné en Angleterre en 2011. Après cette aventure, nous avions tous les deux la bougeotte mais en un battement de cils, nous avions sept ans de plus, deux enfants, une grande maison et des dettes. Et puis un jour, un courriel d’une école internationale recherchant un enseignant se perd dans la boîte mail de mon épouse et elle s’est dit en plaisantant (presque) : “Et si j’essayais?”. Huit mois plus tard, nous étions ici. Bien que j'avais toujours travaillé à temps plein en Angleterre, nous avons décidé que le déménagement ne fonctionnerait vraiment que si l'un de nous restait à la maison avec notre plus jeune enfant. Alors, étant donné que c'est ma femme qui a trouvé de l’emploi en premier, c'était à mon tour d'être père au foyer.

Que faisiez-vous avant cela ?

Je suis arpenteur agréé et j'ai travaillé dans de grandes entreprises au Royaume-Uni. Je me suis qualifié juste après l'université en 2007 et, à part l'année en Corée du Sud, c’est ce que j’ai fait depuis.

Comment s'est passée la transition ?

On me disait beaucoup que côté social me manquerait et ce n’est pas faux mais mon fils retient tellement mon attention que je n’ai pas beaucoup le temps d’y penser. La plus grande difficulté a probablement été de passer de celui qui ramenait les sous au partenaire- j’ai pris un peu de temps à m’y habituer...

Était-ce une option de travailler lors de l'installation en Malaisie?

En raison des diverses exigences en matière de visa, je ne pouvais vraiment travailler en Malaisie seulement si j’obtenais un emploi en tant qu’arpenteur. Mon ancienne société a un bureau en plein centre de Kuala Lumpur et l'occasion s'est, en effet, présentée. Nous avons toutefois décidé que de rester à la maison serait mieux pour tout le monde pour deux raisons principales. D'une part, nous vivons à environ 30 minutes du centre de Kuala Lumpur mais aux heures de pointes ce trajet peut prendre 90 minutes dans chaque sens. Ce n’est pas une situation inhabituelle mais en ce moment, je suis à la maison avec mon fils et je récupère ma fille après les heures de classe. Ce que je n’aurais pas pu faire si j’avais pris ce job. Deuxièmement, ma femme travaille dans une école internationale et a donc pas mal de vacances. La Malaisie est vraiment bien placé pour le déplacement en Asie du Sud-Est, nous avons donc beaucoup voyagé. En tant qu'arpenteur, les droits aux congés annuels ne sont pas du tout comparables, donc encore une fois, si je devais travailler, nos possibilités de voyages seraient réduites.

Était-ce une décision facile de quitter votre emploi pour suivre votre partenaire à l'étranger pour son travail ?

J'avais la bougeotte depuis un moment. Je savais que si je ne partais pas quand je l’ai fait, je ne l’aurais pas fait privilégiant toujours l’évolution de ma carrière, sans mentionner les enfants à l’école. Ca n’a pas été une décision facile à prendre, mais lorsque nous avons établi notre liste de «pour et contre» nous demandant si nous devions y aller ou pas, plus fort que tout était le regret que nous aurions éprouvé si nous ne l’avions pas fait.

Ce que vous préférez en Malaisie ?

Nous allons nager tous les jours. Nos enfants adorent nager mais au Royaume-Uni, c'était une corvée de les emmener à la piscine. Il faisait toujours froid, c’est cher et le trajet de chez nous à l’université prend une éternité. Ici, en cinq minutes nous sommes à la piscine et ils sont devenus de super nageurs. Mon fils de 2 ans peut nager 25m (quand il est d'humeur) et ma fille de 4 ans peut nager 100 m sans problème. La natation, y’a pas mieux et au moins nous savons que s’ils rencontrent des difficultés dans l’eau, ils ont de grandes chances de s’en sortir !

De plus, nous avons visité tellement de pays depuis que nous sommes ici et nos enfants ont vu et fait des choses qu’ils n’auraient jamais eu la chance de faire s’il nous fallait partir en vacances depuis l’Angleterre.

Ce que vous aimez le moins ?

Parfois, il peut faire trop chaud pour rester à l'extérieur pendant de longues périodes. Vous devez donc planifier votre journée en fonction de la chaleur. Si vous vous trompez, il peut être frustrant de devoir vous diriger vers un centre commercial ou un endroit similaire pour éviter le soleil du midi. Aussi, les moustiques surtout que la dengue est un problème ici. Il faut être très prudent.

Et les enfants, ils aiment la Malaisie ?

Il a fallu quelques mois à notre aînée puisque ses amis lui manquaient mais aujourd’hui, ils sont complètement intégrés. Ils adorent ça maintenant, il ne leur reste plus qu'à s'habituer à la nourriture épicée mais je pense que ça pourrait prendre un certain temps, mais nous leur trouvons toujours de la bonne nourriture! Nous voulons leur donner le goût au voyage et à la découverte.

Vous bloguez également sur les joies d’être père au foyer à l’étranger. Comment cela a-t-il commencé?

J’ai commencé The Stay Abroad Dad il y a quelques mois à peine. Ce sont des amis qui sont aussi parents qui m’ont poussé à le faire. A la sortie des classes, ils demandaient tous ce que j'avais fait de ma journée et mes réponses étaient toujours divertissantes, car je semble toujours me trouver dans des situations ridicules. Ils ont suggéré que je commence un blog, alors je l'ai fait.