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Mini-retraite : et si vous faisiez une pause avant vos 40 ans ?

jeune homme a l'aeroport
mstandret / Envato Elements
Écrit parAsaël Häzaqle 26 Février 2026

Non, il ne s'agit pas du dernier défi TikTok en vogue. La mini-retraite, ou micro-retraite, se présente comme une vraie solution aux problèmes profonds des jeunes travailleurs (et pas que). La préservation de la santé mentale est dans toutes les têtes, alors que les tensions géopolitiques et économiques se répercutent sur le marché de l'emploi international. Et s'il était temps de faire une pause ?

Mini-retraite à l'étranger : de quoi parle-t-on ?

Derrière le mot-valise « mini-retraite » se cachent deux idées : partir pour une courte période, de préférence, loin, pourquoi pas, dans un autre pays. Se couper de sa routine et faire le point sur sa vie professionnelle et personnelle. Le dépaysement facilite ce cœur à cœur avec soi-même. On est « autre » car, à l'étranger, on perd ses repères. On est aussi « avec soi », et on apprend à se redécouvrir à travers son nouveau quotidien à l'étranger.

La mini-retraite, qui dure généralement de quelques mois à un an, ne se vit bien sûr pas forcément dans un autre pays. On peut tout à fait opter pour une pause dans la région d'à côté. Question de temps, de budget et de circonstances. Les « mini-expatriations » ont néanmoins le vent en poupe. Les micro-retraites ne se voient pas comme une pause unique dans la longue carrière professionnelle, mais plutôt comme des mini-pauses que l'on pourra répéter tout au long de sa vie… pour survivre professionnellement. 

La santé mentale est au cœur de toutes les préoccupations, à l'échelle internationale. La mini-retraite s'inscrit dans une nouvelle vision du travail, plus au centre de la vie, mais aussi comme un moyen de vivre sa vie et d'en profiter. Qu'elle s'effectue à l'étranger ou non, la pause se présente comme une solution de lutte contre le burn-out.

Micro ou mini-retraite ?

Certains observateurs utilisent les deux termes de manière interchangeable. D'autres voient une légère nuance entre « micro » et « mini » retraite. Selon eux, la micro-retraite, plus courte que la mini-retraite, serait constituée de plusieurs petites pauses durant la carrière professionnelle. La mini-retraite offrirait plutôt un large éventail d'interruptions de carrière possibles : congés sabbatiques, années de césure… Plus longs, ces congés pourraient durer jusqu'à deux ans et nécessiteraient une préparation minutieuse.

Les deux termes se rejoignent néanmoins autour de l'idée d'une « pause bien-être », si possible à l'étranger. La suite de l'article utilisera les deux expressions sans les distinguer.

Une tendance de la génération Z ?

Le phénomène de mini-retraite se fait progressivement entendre depuis quelques années, et touche principalement les jeunes de la génération Z (enfants nés entre la fin des années 1990 et le début des années 2010) et les millennials (enfants nés entre le début des années 1980 et le milieu des années 1990). À la sortie de la crise sanitaire, on parlait déjà de ces jeunes qui décidaient de faire une pause dans leur vie professionnelle pour retrouver leur équilibre émotionnel. La pandémie a justement été le déclencheur, pour beaucoup d'actifs, d'une réelle interrogation sur le bien-être et l'équilibre entre vie professionnelle et vie privée.

Mais la mini-retraite n'a pas que des adeptes. Ses détracteurs y voient une nouvelle rébellion de la Gen Z, décidément fâchée contre le travail. Depuis quelques années, la presse internationale se penche sur ces jeunes qui ne voudraient plus travailler, ne voudraient plus faire carrière, qui seraient instables sur le plan professionnel, qui changeraient trop rapidement d'emploi… En réalité, les actifs de la Gen Z et les millennials ne sont pas fâchés avec le travail, mais aspirent à une nouvelle relation entre le travail et la vie privée : c'est justement ce que permet la mini-retraite.

Plus qu'une tendance, la mini-retraite vise donc à interroger le sens de la vie. Les actifs qui se lancent dans l'aventure ne sont pas oisifs, au contraire. La micro-retraite n'est pas une cassure dans la carrière, locale ou internationale, mais s'inscrit pleinement dans celle-ci. C'est la raison pour laquelle on conseille de la préparer avec soin (mais sans stress), surtout si l'on envisage une expatriation.

Des « pauses bien-être » réservées aux privilégiés ?

Voyager pendant quelques mois ou s'expatrier pendant un an pour découvrir le monde. Beaucoup en rêvent. Mais qui peut vraiment se le permettre ? Les détresses mentales touchent un nombre d'actifs âgés de 20 à 40 ans, mais tous ne pourront pas se permettre de partir en mini-retraite. La question des finances est ici primordiale. C'est ce qui explique que les départs en micro-retraite se voient plutôt chez les ressortissants des pays plus riches que d'autres : Canada, États-Unis, Australie, Singapour, Allemagne… Bien entendu, le constat est global. N'importe quel jeune actif disposant de moyens financiers suffisants peut partir en micro-retraite.

Il ne faudrait cependant pas non plus penser qu'il faille un budget important pour partir en mini-retraite. Les contraintes sont tout d'abord d'ordre professionnel (quel congé prendre ?). Vient ensuite la question financière. Les destinations favorites des jeunes actifs optant pour la mini-retraite ont justement senti la nouvelle tendance et proposent des solutions pour les petits budgets.

Mini-retraite : dans quel pays partir ?

Thaïlande, Vietnam, Ouzbékistan, Australie, Nouvelle-Zélande, Portugal, Hongrie… ces pays font partie des destinations les plus prisées par les millennials et la Gen Z. Leur point commun : un dépaysement garanti, des paysages d'exception, une vraie coupure avec son quotidien (pour peu que l'on vienne d'un pays éloigné et/ou culturellement très différent). Ces pays font aussi partie des destinations favorites des touristes.

Les pays rêvés de la mini-retraite ont un autre point commun : un coût de la vie plutôt abordable. C'est surtout vrai en Asie du Sud-est. Confèrent les succès des micro-retraites en Thaïlande et au Vietnam. En Asie centrale, l'Ouzbékistan est également une destination prisée. 

À en croire les commentaires viraux sur les réseaux sociaux, la Malaisie serait même allée plus loin, en proposant une véritable maison de retraite pour jeunes. Appelé sobrement « Youth retirement home », ce programme de retraite reposerait sur une idée clé : les voyageurs ne s'occupent de rien et sont entièrement pris en charge. Ils peuvent profiter du décor d'exception pour flâner et admirer le paysage. Mais encore faudrait-il que cette parenthèse enchantée d'un mois existât vraiment… En réalité, il s'agit d'une déformation d'une IA générative. La maison de retraite existe bien, mais s'adresse, fort logiquement, aux personnes âgées. La viralité de l'information montre une chose : le besoin de se déconnecter du travail et d'aspirer au bien-être est bien réel, puisque la tendance est également présente en Chine.

Mini-retraite : comment se préparer ?

Qu'elle dure quelques semaines ou plusieurs mois (surtout si elle s'étend sur plusieurs mois), mieux vaut préparer soigneusement sa mini-retraite.  Voici quelques questions à vous poser :

  • Dans quel état vous sentez-vous ? 
  • Quel serait le principal but de votre micro-retraite ?
  • Souhaitez-vous avoir un objectif précis (vous engager dans le bénévolat, apprendre une langue…) ou préférez-vous laisser les imprévus vous surprendre ?
  • Pour combien de temps souhaitez-vous partir ?
  • Dans quel pays souhaitez-vous aller ?
  • Quel poste occupez-vous actuellement ? 
  • Quels congés pouvez-vous prendre (congé payé, congé sabbatique, congé sans solde) ?

Expatriation, voyage dans le pays : à chacun sa mini-retraite 

Même s'il existe des destinations phares et des programmes de visite et de détente conçus pour les jeunes actifs en mini-retraite, rien n'est inscrit dans le marbre. À vous de créer votre propre séjour, en fonction de vos moyens, de vos aspirations et de vos possibilités, et surtout de votre état. On rappelle que le principal objectif de la mini-retraite est de favoriser le bien-être. Qu'elle soit minutieuse ou plus souple, l'organisation de votre voyage et votre séjour ne devrait pas vous stresser, mais, au contraire, vous détendre et vous remotiver. Il peut donc exister autant de formes de micro-retraites que de personnes. Pour certains, cet éloignement est un bon moyen de tester le travail à distance. Ils ne voient pas la mini-retraite comme une coupure nette, mais comme une manière de redéfinir leur organisation du travail. A contrario, d'autres optent pour une coupure nette. On rappelle enfin qu'un départ en mini-retraite n'est pas forcément le signe d'une souffrance au travail. On peut très bien avoir besoin de souffler régulièrement et de bien se sentir dans son travail.

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A propos de

Rédactrice web spécialisée en actualité politique et socio-économique, Asaël Häzaq observe et décrypte les tendances de la conjoncture internationale. Forte de son expérience d’expatriée au Japon, elle propose conseils et analyses sur la vie d’expatrié : choix du visa, études, recherche d’emploi, vie de travail, apprentissage de la langue, découverte du pays. Titulaire d’un Master II en Droit - Sciences politiques, elle a également expérimenté la vie de nomade numérique.

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