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Cathy et Angie, expatriées, nous parlent de l'organisation de la conférence Switch à Maurice !

Écrit parAnne-Lise Mtyle 09 Mai 2019

Ils viennent de partout sur le continent Africain. Ils se sont tous rencontrés à Maurice. Et ils se sont unis pour défendre la cause des femmes évoluant dans le milieu de la technologie. Ce groupe d’étudiants organise, en ce moment, la conférence Switch qui vise à rassembler des femmes qui sont déjà dans ce secteur, des étudiants, des politiciens et des entreprises. Voici leur histoire à travers les yeux de Cathy et Angie, deux membres de l'équipe.

Tout d'abord, qu'est-ce qui vous amène à Maurice ?

Cathy: Pour mes études. J'ai eu cette opportunité incroyable de déménager à Maurice pour étudier ici sur le campus de l'African Leadership University (ALU). Je n'ai pas eu pu étudier le génie électrique chez moi, au Kenya, alors quand on m'a offert une bourse, je savais que c'était une opportunité unique, je devais le faire.

Angie: Pareil! Pour mes études. J'avais commencé mon diplôme en développement de logiciel au Cameroun, d'où je viens, mais c'était plutôt de la théorie et je n'ai pas aimé ça. J'avais besoin de quelque chose de plus pratique et j'ai commencé à chercher à l'étranger. J'ai aimé ce que l'ALU a offert, j'ai aimé l'esprit panafricain de l'université. On m'a offert une bourse complète. J'ai cependant dû convaincre mes parents. Je ne connaissais pas grand chose de Maurice et eux non plus. J'ai dû faire des recherches approfondies pour les convaincre. Ce n'est que lorsque je suis rentrée chez moi pendant les vacances et ils ont vu que j'étais en vie et en bonne santé qu'ils ont été entièrement soulagés! (des rires)

Depuis combien de temps vivez-vous à Maurice ?

Cathy et Angie: Cela fait trois ans.

Vous aimez bien ce pays ?

Cathy: Eh ben, ils disent que l'île Maurice a été créée en premier, et ensuite Heaven a été copiée après!

Angie: C'est très… relax. (des rires)

La conférence Switch est-elle un concept novateur?

Cathy: C'est la première fois que nous organisons la conférence Switch. Et nous le faisons ici à Maurice. C'est concept nouveau car les conférences ont tendance à viser l'intégration des femmes dans la tech, mais moins leur progrès dans le secteur des technologies. La conférence Switch a pour objectif de combler le l'écart de compétences entre hommes et femmes dans le secteur.

Angie: Oui, nous voulons que les femmes soient plus confiantes, qu'elles progressent dans le secteur et qu'elles en fassent encore plus. Nous souhaitons également réunir tout le monde, décideurs, étudiants du secondaire, femmes de l'industrie des technologies, entreprises… il s'agit d'un effort de collaboration.

Qu'est-ce qui a poussé cette initiative?

Cathy: C'est notre camarade de classe, Olfa, qui a eu l'idée. Elle a partagé avec nous à quel point elle était mal à l'aise de ne pas voir assez de filles lors des conférences auxquelles elle a assisté. Elle avait également remarqué qu'il existait un écart de compétences entre les femmes avec lesquelles elle travaillait et les hommes de l'industrie. C'est précisément pour combler cet écart qu'elle a voulu organiser cet évènement.

Personnellement, j'ai tout de suite dit oui parce que j'ai eu la même expérience. Je me souviens qu'au début de mes études, je me demandais toujours comment les projets des garçons de ma classe étaient aussi cool ! Aujourd'hui, je me rends compte que les hommes ne sont ni plus doués ni plus enclins à utiliser les technologies que les femmes. Ils ont une plus grande confiance en soi dès un jeune âge. Tout autour d'eux leur dit qu'ils sont capable de faire tout ce qu'ils veulent. Les femmes ont aussi besoin d'entendre ce même message. C'est ce que la conférence a pour objectif de faire: dire aux femmes qu'elles peuvent, parce qu'elles peuvent.

Angie: Pareil. J'ai tout de suite accroché parce que la société envoie ce message que le domaine de la technologie est imperméable et compliquée. Tellement que les filles, que l'on considère fragiles et sensibles, ne sont pas capables d'intégrer ce secteur. Mais les hommes et les femmes sont pareil- pas plus ou moins fragiles les uns que les autres. Si nos filles étaient aussi confiantes que nos garçons, elles seraient aussi capable de tout.

De par mon expérience personnelle en informatique, j'ai toujours été dans des salles de classe fortement dominées par les hommes et où les filles se sentent généralement intimidées et moins confiantes. Je crois que Switch est une occasion d'inspirer les jeunes filles à croire qu'elles peuvent exceller dans le domaine de la technologie autant que leurs pairs.

Comment cette conférence aidera-t-elle concrètement les femmes du secteur des technologies?

Cathy: Deux choses. Premièrement, un programme solide comprenant des ateliers au cours desquels les femmes qui souhaitent se lancer dans la technologie ou les étudiants pourront interagir avec d'autres femmes qui ont déjà appliqué la technologie à la résolution de problèmes. L'atelier pourrait donner une feuille de route aux moins expériencées. Où elles se trouvent, où elles veulent aller et comment y parvenir. Deuxièmement, des interactions individuelles entre les jeunes filles, les étudiants et les entreprises, les décideurs qui sont primordiales.

Angie: Oui. Il est important que les entreprises et les décideurs politiques écoutent également ce dont les filles ont besoin pour pouvoir se lancer dans la technologie. Ils doivent revoir leurs programmes et leurs politiques pour qu'ils soient plus inclusifs. Ils doivent aussi comprendre que si seulement des hommes travaillent sur leurs programmes et leurs projets, ceux-ci ne seront pas adaptés aux femmes. Plus leurs équipes sont diversifiées, plus leurs produits seront accessibles.

Vous n'êtes pas de l'île Maurice. Comment ce problème est-il différent dans votre pays d'adoption que chez vous ?

Cathy: L'industrie de la technologie est déjà plus robuste au Kenya qu'à Maurice. Et la situation des filles au sein de l'industrie s'est beaucoup améliorée là-bas. C'est probablement parce que c'est le gouvernement et les institutions investissent beaucoup dans l'industrie des technologies, en ce moment. Cela signifie que les femmes au sein de l'industrie ont des compétences beaucoup plus avancées au Kenya que les femmes en technologie à Maurice.

Angie: Je viens du Cameroun et j'ai travaillé dans l'industrie de la technologie là-bas et j'ai aussi travaillé en Afrique du Sud pendant un moment. La situation au Cameroun est très similaire à celle dans le pays ici. Là-bas j'ai également été impliqué dans la communauté tech en organisant et en participant à des conférences et il y avait très peu de femmes. Dans mes cours de développement de logiciels à la maison, il y avait cinq filles sur une classe de 32. Et l'Afrique du Sud était très similaire, dans mon équipe de huit personnes, j'étais la seule fille. Et dans les événements et les conférences, vous voyez tout de suite la différence.

Etait-il facile pour vous d'organiser l'événement ici à Maurice, même si ce n'est pas votre pays d'origine?

Cathy: Nous devons dire que le soutien a été énorme. Je pense que le besoin de plus de femmes dans la technologie touche au-delà des frontières. Nous avons eu du soutien de la part du privé et du public.

Angie: Je dirais que la procédure n'a pas été facile étant donné que beaucoup de planification et de ressources sont nécessaires pour une telle conférence, mais avec le soutien très apprécié de nos sponsors comme ALU, Expat.com et bien d'autres, nous pouvons surmonter la plupart de nos défis.

Ile Maurice
A propos de

Anne-Lise a étudié la psychologie pendant 4 ans au Royaume Uni avant de rentre à Maurice pour prendre de l'emploi comme journaliste. Après 3 ans dans la presse écrite, elle occupe désormais le poste de responsable éditorial à Expat.com.

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