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S'installer au Japon coûte plus cher, mais les recrutements continuent

Actualités 3 min de lecture
Japon : les frais de séjour et de résidence augmentent pour les expatriés© ESBProfessional / Envato Elements

Le gouvernement Takaichi marque son empreinte par une série de réformes en matière d'immigration. Dernière modification en vue : la révision, à la hausse, des frais de visa. Dans le même temps, l'exécutif poursuit sa politique de recrutement d'étrangers qualifiés pour lutter contre les pénuries de main-d'œuvre.

Visa : nouvelle flambée des coûts depuis le 1er octobre

Le gouvernement Takaichi maintient sa politique de restriction de l'immigration. Une nouvelle hausse est en vigueur depuis le 1er octobre. Elle concerne les demandes de prolongation de visa et les changements de statut de résidence. Avant la réforme, leur coût était de 6 000 yens (33 euros) ou de 5 500 yens si la démarche était effectuée en ligne, quelle que soit la durée du séjour. Désormais, ils sont fonction de la durée du séjour, et peuvent grimper jusqu'à 75 000 yens (420 euros) :

  • Séjour de 3 mois maximum : 10 000 yens au guichet de l'administration ou en ligne.
  • Séjour compris entre 3 et 6 mois : 18 000 yens au guichet, 15 000 en ligne.
  • Plus de 6 mois et moins d'un an : 25 000 yens au guichet, 21 000 en ligne.
  • Un an : 33 000 yens au guichet, 27 000 en ligne.
  • Plus d'un an, mais moins de 3 ans : 48 000 yens au guichet, 42 000 en ligne.
  • Séjour compris entre 3 ans et moins de 5 ans : 64 000 yens au guichet, 56 000 en ligne.
  • Séjour de 5 ans ou plus : 75 000 yens au guichet, 65 000 en ligne.

L'augmentation des frais de demande de résidence permanente est encore plus importante : de 10 000 à 200 000 yens (de 55 à 1 100 euros).

En juin dernier, le gouvernement avait déjà relevé les frais de visa (hausse effective depuis le 1er juillet). Il rappelait alors que les tarifs n'avaient pas été réévalués depuis 1978. Le tarif du visa à entrée unique est passé de 3 000 à 15 000 yens (de 17 à 84 euros). Celui du visa à entrées multiples est passé de 6 000 à 30 000 yens (de 34 à 170 euros).

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Retraite : améliorer la prise en charge des travailleurs

Le ministère de la Santé, du Travail et des Affaires sociales renforce sa politique de soutien aux travailleurs indépendants ayant des enfants. Les deux parents sont désormais exonérés de leurs cotisations au régime général de la retraite (kokumin nenkin). Cette exonération vaudra jusqu'au premier anniversaire de leur enfant. L'exonération du père sera de 12 mois (après la naissance). Celle de la mère sera de 13 mois, et englobera le mois précédent l'accouchement.

L'exécutif veut aussi étendre le nombre de travailleurs couverts par la sécurité sociale. Pour ce faire, il entend supprimer la mention « seuil de 1,06 million de yens » (5 900 euros), qui fixe le montant du revenu déterminant l'affiliation à l'assurance retraite des salariés et à l'assurance maladie. Un autre critère fixe la taille des entreprises concernées à « 51 salariés et plus ». Ce critère sera, lui aussi, supprimé. Une suppression progressive, à partir d'octobre 2027. Objectif du gouvernement : permettre à toutes les personnes travaillant au moins 20 heures par semaine d'être couvertes par l'assurance maladie.

Hausse du nombre de travailleurs étrangers qualifiés

Confronté à des pénuries de main-d'œuvre chroniques dans des secteurs économiques clés, le gouvernement japonais continue de se tourner vers les étrangers qualifiés (Specified Skilled Worker Visa introduit en 2019). Selon l'Agence japonaise des services d'immigration, leur nombre a atteint 444 256 en juin dernier. C'est 13,8 % de plus qu'en fin 2025.Pour rappel, le visa « compétences spécifiques » se décline en deux catégories. La catégorie 1, réservée aux travailleurs qualifiés, mais limitée à 5 ans de séjour au Japon. La catégorie 2, plus avantageuse, réservée aux travailleurs très qualifiés, qui permet de rester sans limites de durée, et de faire venir sa famille. Les deux catégories de visa sont concernées par la hausse : +11,4 % pour la catégorie 1 (425 961 personnes) ; +2,3 % pour la catégorie 2 (18 295 personnes).

Mais selon l'Agence japonaise des services d'immigration, le nombre de travailleurs étrangers passant de la catégorie 1 à la catégorie 2 augmente.

Le principal secteur d'emploi de ces expatriés, qualifiés et très qualifiés, est l'industrie agroalimentaire (plus de 100 000 travailleurs). Viennent ensuite la santé (près de 80 000 travailleurs), la fabrication de produits industriels (plus de 60 000) et la construction (plus de 50 000). La restauration et l'agriculture emploient respectivement environ 49 000 et 44 000 expatriés.

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Asaël Häzaq
À propos de l'auteur

Rédactrice web spécialisée en actualité politique et socio-économique, Asaël Häzaq observe et décrypte les tendances de la conjoncture internationale. Forte de son expérience d'expatriée au Japon, elle propose conseils et analyses sur la vie d'expatrié : choix du visa, études, recherche d'emploi, vie de travail, apprentissage de la langue, découverte du pays. Titulaire d'un Master II en Droit - Sciences politiques, elle a également expérimenté la vie de nomade numérique.

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