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Être indépendant à l'étranger : un modèle qui séduit de plus en plus

Dossiers et Tendances 6 min de lecture
Être indépendant à l'étranger : un modèle qui séduit de plus en plus© alonesbe / Envato Elements

Entreprendre à l'étranger, « emporter » son entreprise au gré de ses expatriations… Telles sont les nouvelles formes d'expatriation observées dans le monde. L'expat entrepreneur d'aujourd'hui profite d'un atout majeur : les assouplissements et les programmes d'immigration mis en place par les États pour attirer davantage d'entrepreneurs. L'expatriation est-elle en train de créer une nouvelle génération d'entrepreneurs ?

Expats entrepreneurs : une forme d'expatriation qui a le vent en poupe

« Le marché d'aujourd'hui, c'est le monde ». Telle pourrait être la vision des expats entrepreneurs d'aujourd'hui. Les nouvelles formes d'expatriation, notamment le nomadisme numérique, rendent l'expatriation des micro-entrepreneurs plus souple. Partir vivre à l'étranger pendant un an ou 2, voire plus, sans avoir à renoncer à son activité professionnelle, qu'elle soit salariée ou indépendante. Ou tout plaquer pour construire une nouvelle vie et réaliser son rêve entrepreneurial à l'autre bout du monde ? Quoi de mieux ? Mais ils ne sont pas les seuls à profiter des nouvelles formes d'immigration mises en place par les États.

Quand les États misent sur les entrepreneurs

Bien décidées à attirer davantage d'entrepreneurs étrangers, les grandes destinations d'immigration proposent des programmes spécifiques destinés aux entrepreneurs, notamment aux créateurs de startups. Les Émirats arabes unis (EAU) ont lancé leur Golden Visa de 10 ans pour les entrepreneurs. L'Irlande, la Finlande et l'Australie ont lancé des programmes visant également les créateurs d'entreprises. Leurs promesses : des démarches simplifiées grâce aux candidatures en ligne, des délais de traitement réduits, un accompagnement des entrepreneurs, des facilités fiscales et d'éventuelles aides à l'installation. L'Union européenne (UE) a bien compris l'intérêt d'attirer les entrepreneurs étrangers, atouts majeurs dans la course mondiale à la compétitivité. Ainsi, en janvier 2026, la Commission européenne a adopté sa « première stratégie » en matière de visa ; une stratégie qui cible particulièrement les entrepreneurs étrangers innovants.

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Être entrepreneur à l'étranger : la nouvelle vision des expats

Si les expatriés entrepreneurs sont de plus en plus nombreux, c'est aussi grâce à un changement de vision. Saisir des opportunités professionnelles à l'étranger s'inscrit désormais dans le parcours professionnel. L'expatriation est d'ailleurs perçue comme un moyen d'avancer sur les plans professionnel et social. La création d'entreprise présente, ici, deux avantages : pour les États, c'est un investissement gagnant-gagnant, avec des expats entrepreneurs créateurs de richesse et, potentiellement, d'emplois.

Pour les étrangers, créer son entreprise est un moyen de vivre librement son expatriation. Tout dépend, bien sûr, de la forme juridique choisie et de l'activité. Les indépendants sont, ici, les profils qui correspondent le plus à cette image d'expat entrepreneur libre de voyager dans le monde.

Nomades numériques, les startupeurs : une nouvelle génération d'expats entrepreneurs ?

Argentine, Costa Rica, Brésil, Italie, Portugal, Estonie, Maurice, Kenya, Seychelles, EAU, Malaisie, Japon, Thaïlande… La liste des pays délivrant le visa nomade numérique ne cesse de s'allonger. De par leur activité, centrée sur le digital, les nomades numériques représentent bien l'image du nouvel expatrié entrepreneur. Ils peuvent bien sûr être salariés, mais la majorité d'entre eux sont à leur compte. Ils transportent leur entreprise au gré de leurs expatriations, proposant leurs services à leurs clients étrangers. Cette vision de l'expatrié totalement libre et autonome séduit particulièrement les jeunes actifs. D'où l'intérêt croissant des États pour ce type de visa, porteur de richesses : les étrangers paient leur propre assurance, génèrent leur propre travail à l'extérieur, tout en stimulant l'économie locale.

Pour ces indépendants eux-mêmes, les avantages sont multiples : bien souvent, la possibilité de profiter d'un meilleur cadre de vie, avec moins de stress et plus de flexibilité sur le plan professionnel, sans parler d'un coût de la vie plus abordable que chez eux, ainsi que d'un nouvel environnement riche en opportunités de s'aventurer et de tester des choses nouvelles au quotidien.

Autre catégorie très appréciée des États : les start-uppers. Pour eux, les pays déroulent le tapis rouge. Exemple avec l'Estonie. Outre la populaire e-residency, le gouvernement a lancé le programme Startup Estonia. Objectif de l'État : créer un écosystème innovant et compétitif, pour attirer les entreprises de demain. L'État met en avant les avantages de son programme, notamment l'accompagnement des étrangers dans les formalités administratives, les services disponibles 100 % en anglais et les avantages fiscaux. D'autres États proposent des visas taillés pour les startups : Danemark, Singapour (EntrePass), Pays-Bas, Japon, Royaume-Uni, etc.

Les meilleurs pays pour créer son entreprise à l'étranger

Les EAU, Maurice, la Thaïlande, Singapour, l'Estonie, l'Irlande font partie des meilleurs pays pour créer son entreprise à l'étranger. Leurs atouts : une fiscalité avantageuse, une position géographique au carrefour de plusieurs grands marchés économiques, un écosystème pensé pour les expats entrepreneurs.

Ainsi, les EAU sont désormais bien connus à l'international pour leurs zones franches (free zones) ; les grandes entreprises y développent leur activité. Les micro-entrepreneurs et les petites entreprises aussi. On ne compte en effet plus les influenceurs et les indépendants qui vantent les mérites des EAU. Sans surprise, Dubaï se démarque grâce à son programme multilingue destiné aux indépendants étrangers. Maurice et la Thaïlande attirent tout autant, avec des programmes accueillant des entrepreneurs innovants (Permis de résidence par l'innovation, Maurice) et des experts en technologies de pointe (Smart visa, Thaïlande).

Expat entrepreneur : les erreurs à éviter

Attention néanmoins aux déconvenues. Le Canada, toujours considéré comme l'un des pays favoris des expats, a récemment suspendu son programme de visa pour démarrage d'entreprise (startup visa). Principale raison invoquée : des délais de traitement beaucoup trop longs ; il fallait attendre jusqu'à 10 ans pour obtenir les visas. Le ministère canadien de l'Immigration évoque une autre raison : un « mauvais usage » du programme par certains expatriés. C'est un revirement pour le gouvernement canadien, qui avait pourtant lancé une Stratégie d'attraction des talents étrangers. Le Royaume-Uni a également mis fin à son visa de start-up et propose désormais l'Innovator Founder visa.

Ces cas lèvent le voile sur quelques idées reçues concernant l'expatriation entrepreneuriale. Car même si les États investissent et facilitent les démarches des candidats étrangers, ce type d'expatriation reste soumis à des règles qu'il convient de respecter afin d'éviter les erreurs.

Être expat entrepreneur pour les avantages fiscaux : la fausse bonne idée

Les avantages fiscaux sont tellement mis en avant (par les États et les expats eux-mêmes) qu'on a tendance à penser que la fiscalité serait le seul critère à examiner pour choisir son pays d'expatriation. Si les avantages fiscaux ont leur importance, ils ne doivent pas masquer le but principal de l'expatriation : développer son activité à l'étranger. Il faut donc choisir un pays où l'on pourra effectivement se développer.

Être expat entrepreneur, c'est facile

La simplification des démarches ne doit pas faire oublier que toute expatriation se prépare. S'il est possible de créer son entreprise (dans son pays comme à l'étranger) en trois clics, gare à la forme juridique choisie. Il vaut mieux se faire accompagner par un expert, avec qui l'on choisira la forme juridique la plus appropriée pour son activité.

Seuls les entrepreneurs ayant une activité 100 % digitale peuvent s'expatrier

Les nomades numériques et autres entrepreneurs à l'activité 100 % numérique ont, a priori, plus de facilité à s'installer à l'étranger. Mais en réalité, toute activité peut être créée à l'étranger, selon les besoins du marché et le pays d'implantation. Il est tout à fait possible d'ouvrir un commerce, un cabinet de conseil ou de s'établir comme artisan à l'étranger, sous réserve de disposer des autorisations nécessaires. Là encore, l'étude minutieuse du futur pays d'implantation est essentielle.

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Asaël Häzaq
À propos de l'auteur

Rédactrice web spécialisée en actualité politique et socio-économique, Asaël Häzaq observe et décrypte les tendances de la conjoncture internationale. Forte de son expérience d'expatriée au Japon, elle propose conseils et analyses sur la vie d'expatrié : choix du visa, études, recherche d'emploi, vie de travail, apprentissage de la langue, découverte du pays. Titulaire d'un Master II en Droit - Sciences politiques, elle a également expérimenté la vie de nomade numérique.

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