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Retour au pays : comment éviter une rupture de carrière ?

Dossiers et Tendances 6 min de lecture
Retour au pays : comment éviter une rupture de carrière ?© YuriArcursPeopleimages / Envato Elements

Pour plusieurs expatriés, le retour d'expatriation s'accompagne d'un certain « choc culturel inversé » : on se sent en décalage avec son pays d'origine. Sur le plan professionnel, la transition peut s'avérer encore plus complexe, surtout lorsqu'on revient sans poste précis. Certains expatriés craignent de perdre en compétitivité sur le marché de l'emploi, d'autres redoutent un déclassement ou peinent à faire reconnaître les acquis de leur expérience. Comment faire en sorte que le retour d'expatriation ne rime pas avec rupture ?

Anticiper son retour d'expatriation pour éviter une rupture professionnelle

Négocier son retour avant même de partir !

Il existe différents types de contrats et de situations. Mais quand vous êtes envoyé en mission par une entreprise, mieux vaut négocier tout de suite les conditions concrètes de retour. En principe, l'entreprise d'origine est tenue de réintégrer le salarié et de lui proposer un poste équivalent à celui qu'il a quitté.  

En réalité, selon cette étude de Vistra, un nombre non négligeable d'organisations ne parviennent pas à offrir à leurs expatriés le même poste ou un équivalent lorsqu'ils sont de retour. Une étude de Harvard Business Review a d'ailleurs montré qu'un tiers des expatriés continuent d'occuper des missions temporaires trois mois après leur « ré-impatriation ». 

Regardez donc ce que mentionne précisément votre contrat à ce sujet : un accompagnement au retour est-il prévu ? Pour quel type de poste ? Quelles sont les garanties ?  

Maintenir son réseau dans son pays d'origine

Le contrat a beau stipuler que vous trouverez un poste équivalent, mieux vaut être proactif et rester à l'écoute des opportunités de postes qui circulent en interne avant leur publication. 

Pour cela, il n'y a qu'une solution : maintenir un réseau avec les collaborateurs de son pays d'origine. 

Les réseaux sociaux professionnels comme LinkedIn facilitent ce travail, mais pensez également à rencontrer directement ces personnes en combinant, par exemple, un déplacement professionnel avec une visite de vos anciens chefs et collègues.

Patrick, un expatrié suisse à Dubaï puis à Shanghai, explique en effet qu'il a passé une quinzaine d'années loin du siège de son entreprise de téléphonie mobile. Les liens se sont peu à peu distendus et lorsqu'il a manifesté le désir de rentrer en Europe, peu de personnes au siège étaient réellement en mesure de l'aider. Il a ainsi fini par quitter son entreprise d'origine.  

Prévoir un bilan de compétences ?

Après une expatriation, on a parfois tellement évolué, tant dans ses méthodes de travail que dans sa mentalité, que le besoin d'un repositionnement peut se faire ressentir. 

De nombreux cabinets spécialisés dans l'accompagnement au retour, ou “repatriation management”, proposent des services de coaching et de bilan de compétences

Ces démarches aident à clarifier son profil, à mettre en valeur ses acquis et à se positionner efficacement sur le marché. Pensez-y avant le retour !

Des besoins de formation continue ? 

Les outils numériques, les méthodes de travail et les attentes des employeurs évoluent assez vite. 

Participer à des webinaires ou se former à distance permet de rester à jour, surtout dans des domaines très techniques ou en matière de compétences digitales et de nouvelles réglementations sectorielles.

Là aussi, il est préférable de se former à l'avance, en prévision d'un retour dans son pays d'origine.  

À noter : tout en travaillant, avez-vous obtenu un diplôme ou des certifications à l'étranger ? À votre retour et pour éviter toute rupture professionnelle, pensez au processus de reconnaissance des diplômes. Il peut être demandé par un employeur potentiel et durer quelques mois. Vous pouvez vous adresser à des services tels que l'ENIC-NARIC ou à leur équivalent, selon le pays concerné. 

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Valoriser son expérience internationale sur un CV ou en entretien

Éviter les coquilles vides du genre : « très bonne capacité d'adaptation » 

« Flexibilité », « faculté d'adaptation », « ouverture d'esprit » : certaines expressions passe-partout sonnent faux si elles ne sont pas clairement démontrées. 

Réfléchissez à des situations concrètes où vous avez dû adapter vos habitudes de travail, votre communication ou votre compréhension des codes sociaux pour réussir dans un nouvel environnement professionnel à l'étranger. Comment vous en êtes-vous sorti ? Qu'est-ce que cela vous a apporté ? 

Ce sont autant de réflexions intéressantes à partager avec un recruteur quand on a d'abord fait soi-même un bilan approfondi sur la question.  

Management, expertise : quelles compétences transférables ? 

En quoi pouvez-vous traduire l'expérience internationale en compétences utiles ?

Votre style de management a-t-il évolué ? Votre pratique s'est-elle enrichie grâce à l'exposition à d'autres méthodes de travail ou à de nouveaux cadres réglementaires ? 

Le bilan de compétences mentionné précédemment peut vous aider à prendre conscience et à mettre en valeur ces acquis autour du leadership et de l'expertise qu'on peut retirer d'une expatriation.  

La langue à l'étranger : un indicateur qui ne trompe pas

Même si votre activité professionnelle ne se déroule pas dans la langue locale, l'apprentissage de celle-ci est souvent révélateur de l'intérêt réel que vous avez porté à votre expérience dans un autre pays. 

Il témoigne justement de votre curiosité et de votre ouverture d'esprit. Si vous en avez la possibilité, passez un examen de langue reconnu, ce qui constitue une preuve tangible de votre intérêt et de vos efforts pour vous adapter.  

Et si vous n'avez pas travaillé pendant votre expatriation ?

Cette situation est fréquente, notamment chez certains conjoints qui suivent leur partenaire en expatriation. Le risque est de voir apparaître un « trou » dans le CV… 

Cette période est pourtant loin d'être stérile sur le plan professionnel. 

De nombreux conjoints expatriés s'investissent, par exemple, dans le bénévolat, que ce soit au sein d'associations locales, de réseaux d'expatriés ou d'écoles internationales. 

D'autres profitent de cette période pour entreprendre des activités parallèles comme la tenue d'un blog, l'animation d'ateliers de formation dans leur domaine d'expertise  ou même la création de petites structures entrepreneuriales. 

Ces expériences, souvent riches en responsabilités, devraient figurer sur le CV. 

Pensez également à cette période comme le moment de suivre telle ou telle formation continue que vous aviez toujours repoussée. 

Reconversion et nouvelles opportunités après une expatriation

Créer son entreprise

Plutôt que de chercher à reprendre là où l'on s'était arrêté, le retour peut être une formidable occasion de réinventer sa carrière

L'expérience de l'expatriation agit souvent comme un révélateur : elle ouvre de nouvelles perspectives, fait évoluer les priorités et développe des compétences transversales qu'il serait dommage de ne pas exploiter. Certains expatriés découvrent ainsi, à leur retour ou pendant leur expatriation, une envie d'entreprendre. 

“De retour en France, j'ai créé ma structure de coaching et de mentoring. Mon programme vise à développer la connaissance de soi et le bien-être. Après une carrière à l'international, j'ai justement osé suivre ma vocation et ma passion pour le développement personnel et la transformation ”, explique Rebecca. 

Rejoindre une société internationale valorisant l'expérience à l'étranger

C'est une autre façon de faire du retour une continuité plutôt qu'une rupture. Après une expatriation, essayez de tirer parti de l'expérience acquise à l'étranger pour vous tourner vers une entreprise internationale implantée dans le pays d'origine. De nombreuses sociétés, que ce soit dans le domaine du conseil, de la logistique, de la vente, du marketing, cherchent en effet des profils spécifiquement aptes à évoluer dans un environnement multiculturel, à gérer des équipes diverses et à comprendre des enjeux globaux. C'est un atout de plus quand on revient de l'étranger. 

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Helena Delbecq
À propos de l'auteur

Helena a vécu au Japon, en Chine et en Allemagne où elle est actuellement basée. Ces différentes expériences lui ont permis d'enrichir sa compréhension des problématiques variées de l'expatriation. Titulaire de l'Education nationale et d'un Master II en Politiques linguistiques, elle concilie enseignement et rédaction professionnelle, autour de thématiques telles que l'éducation et le travail à l'international. Elle gère également les partenariats et les programmes d'un organisme de formation professionnelle.

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