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La formation continue peut-elle accélérer votre carrière internationale ?

Dossiers et Tendances 8 min de lecture
La formation continue peut-elle accélérer votre carrière internationale ?© ORION_production / Envato Elements

Et si se former tout au long de la vie était le meilleur investissement de l'expatrié averti ? Alors que les intelligences artificielles battent tous les records de productivité et de rapidité d'apprentissage, les actifs sont de plus en plus pressés de… rester actifs. Mais en réalité, l'idée n'est pas nouvelle. Avec ou sans IA, se former en permanence est l'un des meilleurs moyens de réussir sa carrière internationale.

Pourquoi retourner à l'école alors qu'on travaille déjà ?  

« On a fait le mouvement dans un sens. Pourquoi le refaire dans l'autre ? » Voilà ce qui peut trotter dans les têtes de nombreux salariés pour qui « retourner à l'école » (suivre une formation, renouer avec les devoirs et les interros…) évoque un passé lointain. Effectivement, l'idée bien ancrée dans les sociétés est la suivante : on entre à l'école dans l'enfance pour apprendre et développer ses connaissances. On sort diplômé du système scolaire et universitaire (de préférence) pour enfin entrer sur le marché du travail. On quitte donc le milieu de l'éducation pour entrer dans le milieu professionnel, dans son pays ou à l'étranger. Et il n'est pas question de faire marche arrière pour retourner chauffer les bancs de l'école.

D'après une étude d'Eurostat publiée le 16 janvier 2026, plus les actifs européens s'installent sur le marché du travail, plus ils quittent les milieux éducatifs. Les 20-24 ans sont les plus nombreux à cumuler emploi et travail, devant les 15-19 ans et les 25-24 ans. Cette répartition correspond plus ou moins à celle des cursus scolaires et universitaires (cycle court). Les étudiants sont généralement plus nombreux à travailler durant leurs études, souvent par contrainte, mais aussi par choix. L'on sait néanmoins les répercussions négatives qu'une surcharge de travail peut avoir sur les études. L'obtention du diplôme marque la sortie du milieu éducatif : c'est le temps de chercher un emploi, de s'insérer sur le marché du travail. 

En activité, les actifs sont bien moins nombreux à entreprendre une formation. Leur principal argument : l'activité professionnelle constitue une formation en soi. Inutile d'ajouter un « retour à l'école ». Effectivement, il existe bien une formation sur le tas, dans l'entreprise. Mais entreprendre une formation ou reprendre des cours alors qu'on travaille déjà est-il vraiment un retour en arrière ?

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L'importance de se former tout au long de la vie pour construire sa carrière internationale

Bien entendu, l'importance de la formation continue s'applique également aux actifs qui n'ont pas de projet international. On peut même dire que cette formation continue est non seulement bénéfique pour la carrière, mais, plus généralement, pour une meilleure évolution dans un monde en constante mutation… et pour la santé. On ne compte plus les études démontrant les bienfaits de l'entretien cérébral.

Actualiser ses connaissances

Les métiers se transforment de plus en plus rapidement. Le garagiste d'aujourd'hui n'est plus celui d'hier. Bardées de technologies, les voitures modernes sont devenues de véritables petits ordinateurs. Pour rester dans la course, les garagistes n'ont d'autre choix que de se former aux nouvelles techniques de réparation… surtout s'ils entendent s'expatrier. 

L'exemple se démultiplie presque à l'infini : nouvelles méthodes de construction, nouvelles règles de droit, nouveaux conseils nutritionnels… ce que l'on préconisait hier n'a plus lieu d'être aujourd'hui. On imagine mal un enseignant, un médecin, un électricien ou un avocat continuer à appliquer des méthodes révolues. Là encore, la formation continue est indispensable.

On serait pourtant tentés d'émettre une objection. Certains métiers sont davantage touchés par l'« obsolescence des connaissances » que d'autres. C'est vrai pour les garagistes et les professionnels du droit, par exemple, confrontés aux changements rapides des règles en vigueur. A priori, le postulat semble moins vrai pour les employés libre-service, les artisans, les agriculteurs ou les secrétaires, dont le cœur de métier paraît moins impacté par les évolutions. C'est oublier la numérisation croissante des procédures, qui s'invite même dans des secteurs a priori éloignés du numérique, comme l'agriculture. 

Rester employable

En réalité, la formation au long cours touche toutes les professions. C'est encore plus vrai pour qui aspire à une carrière internationale. L'actualisation des connaissances est indispensable pour naviguer dans les meilleures eaux du marché du travail international. Car chaque année, de jeunes recrues, formées aux nouvelles technologies, viennent concurrencer les expatriés déjà en poste. 

Plus au fait de l'actualité, ces nouveaux actifs ont pu suivre de « meilleurs » cursus que leurs aînés, du moins, des cursus plus linéaires. Ils ont pensé leur carrière internationale depuis l'université, ont peut-être étudié ou effectué un stage à l'étranger… ils profitent d'une démocratisation de l'expatriation pour tenter leur chance à l'étranger avec moins de retenue que leurs pairs. Se former en continu permet de ne pas se laisser distancer à mesure que passent les années. On reste dans la course à l'emploi et à la promotion. On reste employable. 

Autre point essentiel, en lien direct avec le précédent : le cumul emploi + formation est non seulement un booster de carrière, mais permet aussi d'augmenter ses revenus. On accède à de meilleurs postes, de meilleures fonctions, grâce aux compétences acquises en formation. Ce « retour à l'école » n'a donc rien à voir avec une régression. Bien au contraire : il propulse l'expatrié en avant.

Maîtriser les nouvelles technologies

L'IA fascine, l'IA effraie. Elle est de plus en plus présente au quotidien. Une simple recherche sur Internet s'effectue désormais grâce à l'IA. Avec elle, ce sont tous les outils numériques qui se réinventent pour nous faciliter la vie (chacun se fera son idée à ce sujet).

Ce dont on est sûr, c'est qu'il est de plus en plus difficile d'imaginer une carrière internationale sans mise à jour régulière de ses connaissances en matière de nouvelles technologies. Les outils marketing et autres logiciels d'entreprise évoluent ; il faut savoir s'adapter aux pratiques du pays d'accueil. Comment répondre à une offre d'emploi qui exige la maîtrise de tel ou tel logiciel ? La connaissance des outils technologiques peut faire la différence entre deux CV. Autant mettre toutes les chances de son côté et se former. 

Rester efficace dans son travail

Mettre toutes les chances de son côté, c'est rester efficace dans son travail. C'est performer. Ce résultat se voit rapidement au travail. Le salarié en formation s'adapte mieux aux changements au sein de son entreprise. Il adopte une vision plus large et parvient à voir plus loin. Cette efficacité s'apprécie que l'on reste dans la même entreprise ou que l'on change de secteur professionnel ou de pays. 

Il faut souligner ici que l'efficacité au travail ne se limite pas aux seules missions que l'on doit accomplir. De même, les formations qui améliorent l'efficacité au travail ne sont pas toujours directement liées au métier. On peut, par exemple, décider d'apprendre une nouvelle langue, de développer ses techniques d'écriture ou sa capacité à prendre la parole en public. Ces formations n'ont peut-être aucun lien direct avec le métier qu'on occupe, mais offriront une plus grande aisance à l'oral, à l'écrit, une meilleure adaptabilité à la culture du pays étranger, une plus grande « plasticité cérébrale ». 

Des études ont mis en évidence les bienfaits de l'apprentissage des langues. Les personnes qui en maîtrisent plusieurs peuvent facilement passer d'une langue à l'autre et d'un concept à l'autre. Bien entendu, il est inutile d'évoquer l'importance de maîtriser plusieurs langues (dont celle du pays d'accueil) pour qui souhaite bâtir une carrière internationale.

Développer ses soft skills

Qui dit « formation » dit tout d'abord « compétences techniques ». Mais les formations durant l'activité professionnelle développent aussi les compétences psychosociales. Il n'est pas évident de se remettre à étudier, surtout après de longues années passées loin des stylos et des cahiers. Va-t-on seulement réussir ? Et si l'on obtient de mauvaises notes ? Un échec mettra-t-il fin à la carrière ? Une formation peut représenter un vrai saut dans l'inconnu et une remise en question de ses capacités. 

Des capacités qui doivent s'apprécier dans un nouveau contexte : un rythme de vie s'est installé, bien loin de celui de l'écolier ou de l'étudiant : on travaille, on est peut-être marié et on a des enfants. Les horaires de travail sont difficilement compatibles avec une « double vie » d'étudiant… La motivation peut vite baisser.

Entreprendre une formation dans ces conditions est une véritable preuve d'humilité. Il faut reconnaître ses manquements et sa volonté d'apprendre. Il faut aussi se mettre en mesure de recevoir. C'est ici que les soft skills se développent : maîtrise de soi, adaptabilité, curiosité, goût de l'effort, capacité à se remettre en question… Autant de qualités essentielles pour évoluer dans l'entreprise, à l'international et dans la vie.

S'épanouir dans le travail et dans la vie

Car oui, il n'y a pas que le travail dans la vie. C'est vrai pour les locaux comme pour les expats. La formation n'est pas seulement utile pour le développement de la carrière internationale, mais elle renforce aussi la confiance en soi. Malgré les difficultés, le salarié parvient à développer ses talents et à en découvrir d'autres. Ses réussites professionnelles rejaillissent sur sa vie privée et vice versa. L'épanouissement s'apprécie au quotidien comme au travail. Un cercle vertueux qui contribue à un bon équilibre entre vie professionnelle et vie privée.

Le cumul emploi + formation est aussi un excellent moyen de réseauter. La formation (à distance ou en présentiel) permet de rencontrer d'autres personnes et d'agrandir son cercle de connaissances. À l'heure où une grande partie des offres d'emploi se dévoilent sur le marché « caché » du travail, avoir les bons contacts facilite l'évolution professionnelle.

Investir dans son avenir

Travailleurs expatriés : votre meilleur investissement, c'est la formation. Cette phrase aux airs de slogan publicitaire des années 90 résume bien la pensée qui se cache lorsqu'on décide de reprendre des études. Il s'agit de rester actif au travail, pour mieux faire face aux changements de la vie. On pense d'emblée aux aspects négatifs (durcissement des règles d'immigration, fermeture d'entreprises…). Figurent aussi les éléments positifs, comme de nouvelles opportunités professionnelles. Dans les deux cas, la formation tout au long de la vie offre une prise de recul indispensable pour faire face aux aléas de la vie. La bouche est bouclée : la formation est bien le meilleur investissement pour construire une carrière internationale.

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Asaël Häzaq
À propos de l'auteur

Rédactrice web spécialisée en actualité politique et socio-économique, Asaël Häzaq observe et décrypte les tendances de la conjoncture internationale. Forte de son expérience d'expatriée au Japon, elle propose conseils et analyses sur la vie d'expatrié : choix du visa, études, recherche d'emploi, vie de travail, apprentissage de la langue, découverte du pays. Titulaire d'un Master II en Droit - Sciences politiques, elle a également expérimenté la vie de nomade numérique.

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