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Elle quitte l'armée pour s'installer à Maurice

Témoignages 9 min de lecture
Elle quitte l'armée pour s'installer à Maurice

À 24 ans, Élise a choisi de quitter le cadre structuré de l'armée de Terre française pour se lancer pleinement dans l'entrepreneuriat et s'installer à l'île Maurice avec son conjoint. Grâce au Premium Visa, elle poursuit aujourd'hui son activité de consultante indépendante en communication auprès de clients français, tout en partageant les coulisses de cette nouvelle vie sur les réseaux sociaux. Elle revient sur cette reconversion, la préparation de son départ et les réalités d'une expatriation qui conjugue liberté, prise de risque et nouveaux projets.

Pouvez-vous vous présenter et nous raconter votre parcours ?

Je m'appelle Elise, j'ai 24 ans et je suis aujourd'hui indépendante dans le domaine de la communication et de la stratégie digitale.

J'ai un parcours un peu particulier, puisque j'ai commencé ma vie professionnelle dans l'armée de Terre en France, où j'ai travaillé pendant deux ans en communication. Cette expérience m'a énormément appris, aussi bien professionnellement que personnellement, mais j'avais depuis quelque temps l'envie de construire quelque chose qui m'appartienne davantage.

J'ai donc commencé à développer mon activité en freelance en parallèle, avant de finalement faire le choix de quitter l'armée et de me consacrer pleinement à mon activité. Aujourd'hui, j'accompagne principalement des entreprises et des structures dans leur communication, leur stratégie sur les réseaux sociaux, la création de contenu ou encore leur identité visuelle.

En parallèle, depuis notre arrivée à Maurice, nous partageons aussi avec mon conjoint les coulisses de notre installation sur les réseaux sociaux. C'est un projet qui a commencé assez spontanément et qui prend aujourd'hui une place de plus en plus importante dans notre quotidien.

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Pourquoi avez-vous choisi de vous reconvertir professionnellement ?

J'ai beaucoup aimé mon expérience dans l'armée et je ne regrette absolument pas ces deux années. Mais j'avais envie de davantage de liberté dans ma manière de travailler et, surtout, de pouvoir développer mes propres projets. De plus, les budgets de l'armée restent limités actuellement, notamment pour l'ouverture de postes dans mon secteur. 

L'entrepreneuriat m'attirait déjà depuis un moment. J'avais commencé à travailler en freelance avant même de quitter l'armée car j'ai été sous contrat de réserviste pour mes 6 derniers mois là-bas, ce qui m'a permis de tester mon activité et de voir si elle pouvait réellement fonctionner.

Notre projet de départ à l'étranger a ensuite accéléré cette réflexion. À un moment, il fallait choisir entre poursuivre une carrière assez cadrée en France et prendre le risque de construire une vie professionnelle différente. J'ai choisi la deuxième option.

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Avez-vous rencontré des difficultés pendant cette transition ?

Oui, forcément. Passer d'un environnement comme l'armée, qui est extrêmement structuré, à l'entrepreneuriat, où l'on doit quasiment tout gérer soi-même, représente un vrai changement.

Quand on devient indépendante, il ne suffit plus de savoir faire son métier. Il faut aussi trouver des clients, vendre ses prestations, gérer l'administratif, organiser son temps et surtout accepter d'avoir beaucoup moins de visibilité sur les mois à venir. J'ai donc essayé de préparer cette transition progressivement plutôt que de partir sans aucune sécurité. 

J'avais déjà lancé mon activité et je travaillais avec quelques clients qui ont accepté de poursuivre notre collaboration à distance. Nous avions également constitué une épargne avant notre départ. Cela n'élimine pas toutes les incertitudes liées à un tel changement, mais ça permet de les aborder beaucoup plus sereinement.

Qu'est-ce qui vous a amené à l'île Maurice avec votre conjoint ?

À l'origine, nous avions surtout une envie commune : vivre une expérience à l'étranger et sortir du rythme que nous avions à Paris.

Nous étions tous les deux sous statut militaire et nous nous sommes rendu compte que la poursuite de nos carrières nous demanderait, à terme, de faire des choix importants entre notre vie professionnelle et notre vie personnelle. Nous avions envie de construire notre vie de couple et, plus tard, notre vie de famille, sans avoir le sentiment de devoir constamment les faire passer au second plan. Ce n'était tout simplement pas le projet de vie que nous souhaitions construire ensemble. 

L'idée de partir vivre ailleurs est d'abord arrivée presque comme une plaisanterie entre nous, puis nous avons commencé à envisager sérieusement ce qui était possible.

Nous cherchions un pays où nous pourrions continuer à travailler, avec un décalage horaire relativement faible avec la France, puisque nous conservons une activité professionnelle tournée vers la France. Le fait que le français soit très présent à Maurice était également rassurant pour une première expatriation.

Petit à petit, Maurice a coché énormément de cases et environ six mois après avoir réellement pris notre décision, nous étions dans l'avion.

Connaissiez-vous déjà l'île avant de vous y installer ? Qu'est-ce qui vous a le plus surprise à votre arrivée ?

Personnellement, non, je n'étais jamais venue à Maurice avant de m'y installer. En revanche, mon conjoint connaissait déjà l'île puisqu'il y était venu auparavant en vacances, donc nous ne partions pas complètement dans l'inconnu.

De mon côté, j'avais évidemment beaucoup regardé des vidéos, lu des témoignages et fait des recherches avant notre départ, mais découvrir un pays sur Internet et y vivre au quotidien sont deux choses très différentes. C'est pour cela qu'on essaye de montrer réellement nos réussites et nos galères ici dans nos vidéos.

Ce qui m'a le plus surprise à mon arrivée, c'est d'abord la beauté et la diversité des paysages. Même après avoir vu énormément de photos et de vidéos avant de partir, les découvrir en vrai est complètement différent. En très peu de kilomètres, on peut passer de plages paradisiaques aux montagnes, aux champs de canne à sucre, ou encore d'endroits très touristiques à des lieux beaucoup plus locaux. J'ai aussi été marquée par le mélange des cultures et des influences que l'on découvre vraiment une fois sur place.

Pourquoi avoir opté pour le Premium Visa ?

Le Premium Visa correspondait tout simplement le mieux à notre situation au moment du départ. C'était aussi la solution la plus simple et la plus accessible pour nous permettre de venir vivre à Maurice pendant un an et de voir si cette nouvelle vie nous correspondait réellement.

De mon côté, étant indépendante et travaillant principalement avec des clients en France, ce visa était particulièrement adapté puisque je pouvais poursuivre mon activité à distance depuis Maurice.

Nous voyions surtout cette première année comme une période de découverte, de vivre réellement sur l'île, de construire nos projets professionnels et de voir comment nous nous y projetons sur le long terme. Si l'expérience nous convient, nous pourrons ensuite nous renseigner sur les différentes possibilités de nous installer plus durablement.

Comment avez-vous préparé votre installation sur les plans administratif, financier et professionnel ?

Nous avons commencé à préparer notre départ plusieurs mois à l'avance.

Sur le plan administratif, il a évidemment fallu constituer notre dossier pour le Premium Visa, prévoir notre assurance, réunir les différents justificatifs demandés et organiser tout ce qui concernait notre départ de France.

Financièrement, nous tenions surtout à ne pas arriver à Maurice en étant immédiatement dépendants de nos revenus du mois suivant. Nous avons donc constitué une épargne avant de partir et essayé d'anticiper au maximum le coût de notre installation.

Professionnellement, j'ai développé mon activité en freelance en amont afin de ne pas arriver ici en partant complètement de zéro. Je voulais conserver des clients et des revenus provenant de France, ce qui était également cohérent avec notre choix de visa.

Nous avions aussi cherché notre logement avant notre arrivée et prévu de louer une voiture dans un premier temps. L'idée était vraiment de sécuriser les éléments essentiels tout en acceptant qu'on ne puisse pas tout anticiper à distance.

Avez-vous rencontré des difficultés lors de vos démarches ?

Dans l'ensemble, nous avons surtout trouvé que cela demandait beaucoup d'anticipation et de recherches.

Le plus compliqué est parfois de réussir à distinguer les informations officielles des nombreux témoignages que l'on trouve sur Internet. Les situations peuvent être très différentes d'une personne à l'autre et certaines informations deviennent rapidement obsolètes.

Nous avons donc essayé autant que possible de nous appuyer sur les sources officielles pour les démarches importantes et de préparer nos documents à l'avance. Une expatriation/immigration reste forcément accompagnée de petits imprévus, mais nous n'avons pas rencontré de difficulté qui ait remis en question notre projet.

Comment se passent vos journées en tant qu'indépendante à Maurice ?

C'est justement l'un des aspects que j'apprécie le plus aujourd'hui : aucune journée ne se ressemble vraiment.

Je travaille toujours avec des clients français, donc je dois conserver une certaine organisation liée au décalage horaire. Je peux consacrer une partie de ma journée à la stratégie d'un client, à la création de contenus, aux réseaux sociaux ou à des rendez-vous.

À cela s'ajoute désormais notre propre création de contenu autour de notre vie à Maurice. Nous partageons beaucoup notre quotidien, nos découvertes et aussi les réalités de notre installation. Cela représente forcément du tournage, du montage et beaucoup d'échanges avec les personnes qui nous suivent.

L'avantage de travailler à mon compte est que je peux organiser mon emploi du temps avec beaucoup plus de liberté. Je peux travailler depuis chez moi le matin et profiter de quelques heures l'après-midi pour découvrir un nouvel endroit, puis reprendre mon ordinateur plus tard si nécessaire.

Votre installation sur l'île a-t-elle changé votre rapport au travail ?

Oui, même si nous sommes encore au tout début de notre installation.

En France, j'avais parfois l'impression que les journées étaient organisées autour du travail et que le reste devait trouver sa place autour du métro-boulot-dodo parisien. Ici, j'essaie davantage de faire l'inverse, de construire une organisation professionnelle qui me permette aussi de profiter de l'endroit où nous avons choisi de vivre.

Cela ne signifie pas forcément travailler moins. Mais je trouve que la différence réside dans la liberté de choisir quand, où et sur quels projets je travaille.

C'est aussi ce que je recherchais en quittant un environnement professionnel très cadré.

Envisagez-vous de rester durablement à Maurice ?

Aujourd'hui, nous n'avons pas encore de réponse définitive à cette question.

Nous sommes venus avec un Premium Visa d'un an justement pour nous laisser le temps de découvrir ce que signifie réellement vivre à Maurice, au-delà des vacances ou des premières semaines où tout est nouveau et exceptionnel.

Pour l'instant, nous nous y sentons très bien et nous arrivons déjà à nous projeter ici. La vraie question sera surtout de savoir si, à l'issue de cette première année, notre situation nous permettra d'obtenir un autre visa pour rester plus durablement à Maurice.

Nous allons donc profiter de cette année pour développer nos projets professionnels, découvrir encore davantage l'île et étudier les différentes possibilités qui pourraient nous permettre de poursuivre l'aventure au-delà du Premium Visa.

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Quels conseils donneriez-vous aux personnes qui envisagent une reconversion professionnelle et exercer en tant qu'indépendant à Maurice ?

Je dirais d'abord de ne pas idéaliser ni l'entrepreneuriat ni l'expatriation/immigration. Les deux apportent énormément de liberté, mais aussi beaucoup d'incertitudes, et les cumuler demande donc une vraie préparation.

Si c'est possible, je conseillerais de commencer à développer son activité avant de partir. Avoir déjà quelques clients, tester son offre et vérifier qu'elle génère réellement des revenus change complètement la manière dont on vit son installation.

Je pense aussi qu'il est important de prévoir une épargne de sécurité. Arriver dans un nouveau pays en se disant qu'il faut absolument trouver un client dans les prochaines semaines peut rapidement transformer une très belle expérience en une source de stress, d'autant plus qu'ici il est difficile de travailler sur place en tant qu'étranger.

Enfin, il faut vraiment se renseigner sur le statut et le visa correspondant à son projet. Venir travailler à distance pour des clients étrangers et venir développer une activité directement sur le marché mauricien ne répond pas nécessairement aux mêmes règles.

De notre côté, nous avons essayé de préparer au maximum ce qui pouvait l'être, puis d'accepter qu'une partie de l'aventure s'apprendrait simplement une fois sur place. Et je pense que c'est finalement aussi ce qui fait tout l'intérêt du projet.

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Veedushi Bissessur
À propos de l'auteur

Journaliste de formation, titulaire des DALF C1 et C2 et diplômée de l'Université de Maurice, je cumule près d'une vingtaine d'années d'expérience en rédaction. Après six ans dans la presse mauricienne, j'ai rejoint Expat.com, où j'évolue depuis une douzaine d'années, dont cinq en tant qu'assistante éditoriale, et à présent responsable éditoriale.

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