Menu
Expat.com
Rechercher
Magazine
Rechercher

Chikungunya à Maurice : ne baissez pas la garde en hiver

Dossiers et Tendances 5 min de lecture
chikungunya à Maurice© gallery_arief / Envato Elements

L'hiver mauricien ne signe pas la fin du risque de chikungunya. Malgré des températures plus fraîches et une présence moindre de moustiques, le virus continue de circuler sur l'île. Face à la persistance des cas, la vigilance reste de mise : symptômes, transmission, traitements et mesures de prévention, voici l'essentiel à connaître.

Qu'est-ce que le chikungunya ?

Il s'agit d'un virus transmis par les moustiques, identifié pour la première fois en Tanzanie en 1952. Le mot « chikungunya » signifie « se tordre » dans un dialecte local tanzanien, en référence à la posture courbée qu'adoptent les malades sous l'effet de la douleur.

Le symptôme principal est une douleur articulaire intense accompagnée d'un gonflement des articulations, généralement associée à une forte fièvre et à une éruption cutanée qui démange. D'autres symptômes peuvent apparaître, tels que des douleurs musculaires et des maux de tête. Ceux qui l'ont contracté décrivent des douleurs insupportables et des démangeaisons intolérables.

L'épidémie actuelle a débuté à l'Île Maurice en 2025, la précédente remontant à 2005-2006. Bonne nouvelle : contrairement à la Covid, une fois que vous l'avez eue, vous ne pouvez plus la contracter !

Le chikungunya ne se transmet que par les moustiques, et non directement d'une personne à une autre. Il est néanmoins recommandé de s'isoler pendant la durée des symptômes (environ une semaine) afin d'éviter les piqûres de moustiques susceptibles de transmettre le virus à votre entourage.

Vous pouvez sans crainte côtoyer des personnes qui ont déjà eu le chikungunya, puisqu'elles ne peuvent plus le contracter. En revanche, celles qui ne l'ont pas encore eu pourraient préférer garder leurs distances, au cas où un moustique malchanceux vous pique avant de s'en prendre à elles !

Peter, originaire du Royaume-Uni, nous raconte son expérience : « En me promenant dans Port-Louis un après-midi, j'ai senti mon dos se raidir, puis mes jambes et mes mains. Je ne comprenais pas ce qui m'arrivait. J'ai eu toutes les peines du monde à monter en voiture pour rentrer chez moi, puis je suis allé directement au lit. Pendant deux jours, chaque articulation de mon corps m'a fait souffrir, et parcourir cinq mètres jusqu'à la salle de bain me donnait l'impression d'avoir 100 ans ! Impossible d'ouvrir le bouchon d'une bouteille d'eau. J'ai bu une solution de réhydratation cinq fois par jour et je suis resté au lit pendant quatre jours, avec de la fièvre et une éruption cutanée rouge. Au bout de cinq jours, j'étais presque complètement rétabli, mais je le sens encore aujourd'hui aux poignets et aux doigts. C'est rassurant de savoir qu'on ne peut plus l'attraper une fois qu'on l'a eu. »

Rejoignez la communauté Ile Maurice

Recevez régulièrement des conseils pour mieux vivre votre expatriation

Faut-il consulter un médecin si vous pensez avoir le chikungunya ?

Pour beaucoup de personnes, ce n'est tout simplement pas envisageable. Dans les premiers jours de la maladie, quitter son domicile est hors de question : on peine à atteindre la salle de bain, alors se rendre chez un médecin relève de l'impossible. Pour les personnes souffrant de complications de santé, ainsi que pour les jeunes enfants et les personnes âgées, une consultation médicale est recommandée, mais elle n'est pas nécessaire pour la grande majorité des malades.

Le chikungunya étant une infection virale et non bactérienne, les antibiotiques ne sont pas utiles. Le traitement repose avant tout sur les antidouleurs, une bonne hydratation et le repos. Tant que vous n'avez pas écarté la dengue (qui peut se manifester par des symptômes similaires à ceux du chikungunya et qui circule également à l'Île Maurice en ce moment), évitez de prendre des anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) tels que l'aspirine, l'ibuprofène ou le Nurofen. En cas de dengue, ces médicaments exposent à un risque d'hémorragie interne potentiellement mortelle. Dans le doute, abstenez-vous et privilégiez le paracétamol (vendu localement sous le nom de Doliprane).

« Croyez-moi, vous ne voulez vraiment pas attraper ça. Le chikungunya m'a complètement clouée au lit, au sens propre du terme ; j'y ai passé une semaine entière. Heureusement, j'ai pu continuer à travailler depuis là. La fièvre était pénible, mais l'éruption qui démangeait me rendait folle, et quand j'ai cru enfin m'en sortir, les douleurs articulaires ont décidé de revenir. Mes poignets et mon genou refusent toujours de me laisser l'oublier, mais je tiens le coup et j'espère que ces raideurs finiront par disparaître », témoigne Helen, originaire du Canada.

Comment éviter de contracter le chikungunya ?

Il existe un vaccin, mais il n'est pas disponible à l'Île Maurice, et l'un de ses effets secondaires est précisément de provoquer des symptômes semblables à ceux du chikungunya.

Comme la seule voie de contamination est la piqûre de moustique, le plus important est de se protéger au maximum. Voici quelques mesures à adopter :

  • Porter des hauts à manches longues et des pantalons.
  • Appliquer régulièrement un répulsif anti-moustiques.
  • Utiliser des diffuseurs électriques à l'intérieur.
  • Faire traiter les espaces extérieurs par un professionnel.
  • Veiller à éliminer toute eau stagnante et tout fruit pourri susceptibles d'attirer les moustiques.

Les moustiques vecteurs du chikungunya piquent en journée, du lever au coucher du soleil. Soyez donc particulièrement vigilant lors de promenades en pleine nature ou dans des zones herbeuses, et pensez à associer une crème solaire et un répulsif anti-moustiques !

Je ne m'inquiétais pas du tout d'attraper le chikungunya, car les moustiques me piquent rarement. Puis, un jour, sans crier gare, mes articulations ont commencé à me faire mal et à gonfler. La douleur s'est rapidement propagée aux poignets, puis aux coudes, jusqu'à ce que tout mon corps soit touché. C'était une véritable agonie, et je n'arrivais plus qu'à me traîner jusqu'aux toilettes. Rien ne soulageait la douleur, si ce n'est le sommeil, et j'ai heureusement pu dormir beaucoup. Trois semaines plus tard, les douleurs reviennent par intermittence, surtout dans les articulations des doigts, des poignets et des coudes. C'est sans conteste la pire maladie que j'aie jamais eue !

Tout cela peut sembler effrayant, mais en prenant les précautions qui s'imposent, vous avez toutes les chances d'y échapper. Et avec un peu de chance, cette épidémie disparaîtra bientôt, comme celle de 2005-2006.

Vie quotidienne
Ile Maurice
Partagez cet articlef𝕏in
Sophie Luminara
À propos de l'auteur

Hi, I'm Sophie Luminara and I moved to Mauritius from London in 2015. I left the island "for good" at the end of 2024, moving back to Liverpool in England, but less than 7 months later I was back! I'd missed Mauritius far too much and this magical place is definitely the love of my life! I am an online life and work coach, content creator and writer. I offer 1-2-1 coaching in English and in French. I created and I run the online programme and community Life Reboot Camp and I am Sophie of Mauritius is Paradise on TikTok ;-) I am happily divorced and solo mum of two older kids. I LOVE walking in Black River gorges or along the beach at sunrise. At the end of the day I love to catch sunset on the beach with friends or by myself. I'm a big fan of the live music scene in Mauritius, especially the local bands and I love to go out dancing with friends too.

Commentaires

Continuez votre lecture

Rejoignez la communauté Ile Maurice

Recevez régulièrement des conseils pour mieux vivre votre expatriation

Découvrez les derniers guides pays