Les rêveries d'Isisya

Blog du mois
Publié le 2016-09-30 00:29

Je m'appelle Fanny, j'ai 36 ans et je suis mariée et maman de deux filles, une petite terreur de 9 ans et une « adolechiante » de 17 ans.

 

Bonjour Fanny, peux-tu te présenter brièvement et nous parler de tes projets ?

Pour me décrire, je dirai que je suis une grande rêveuse, toujours la tête dans les étoiles. J'aime la vie, je suis curieuse de tout et le monde m'attire, d'où ma passion pour les voyages. Notre planète terre est tellement belle et grande... Alors pourquoi se contenter d'une toute petite parcelle ? Je veux tout voir, tout découvrir et j'espère vivre jusqu'à 150 ans pour avoir le temps de réaliser tous mes rêves. J'ai bien le droit de rêver un peu !

Comment t'es venue l'idée de t'installer en Guyane ?

C'est un concours de circonstances... A la base, mon mari devait quitter son emploi car on avait pour projet de partir avec notre petite tribu vivre en Thaïlande. La vie en a décidé autrement...

Il faut savoir qu’en Guyane, il y a une grande communauté d’expatriés qui vient de Métropole par mutation. Le centre spatial, l’éducation nationale, les militaires, pour ne citer que quelques uns, représentent un gros pourcentage de la population guyanaise. Et on n’a pas dérogé à la règle. Mon mari, étant dans l’armée de l’air, a eu l'opportunité de venir travailler en Guyane. Même si on ne pense pas forcément à la Guyane quand on pense à s'expatrier, une telle offre ne se refuse pas. Après une « très » courte réflexion, on a sabré le champagne et on s'est dit que, pour une première expatriation, ce serait l'idéal, plus simple pour mes filles qui ne seront pas perdues au niveau scolaire et au niveau de la langue, et nous les adultes, nous ne serons pas dépaysés par le côté administratif qui reste Français.

Pour le moment, je découvre l'Amérique du Sud. L'emplacement stratégique de la Guyane française nous a déjà permis de découvrir aussi le Suriname et le Brésil. Peut-être bientôt les États-Unis.

Ma curiosité dévorante me pousse à avoir plusieurs passions qui changent et évoluent au gré de mes envies. En ce moment, je m’intéresse de plus en plus à ce qui touche au bien-être, la méditation, le yoga, la « slow cosmétique », et je suis végétarienne depuis bientôt 1 an. Je compte aussi apprendre la plongée sous-marine et à naviguer sur un voilier pour préparer notre projet « Post Guyane » qui est de partir voguer autour du monde en voilier. Bref, encore pleins de projets à venir !

Est-ce la première fois que tu vis loin de chez toi ?

A l'origine, je viens de région Parisienne, de Seine-et-Marne plus précisément. J'ai quitté la Seine-et-Marne il y a 14 ans pour partir à la découverte du sud de la France. J’ai toujours été attirée par la chaleur et le soleil, c’est un vrai moteur pour moi. J'ai vécu du côté de Sisteron, ensuite près d'Orange, et enfin du côté de Nice. Bougeotte, quand tu nous tiens !

Depuis combien de temps es-tu partie ?

On vit en Guyane depuis maintenant deux ans et on souhaite y rester encore deux ans.

Comment s'est passée l'installation ?

Pour nous, pas de mérite. Une grande partie du déménagement a été organisée par l’armée et le logement était déjà prêt et meublé à notre arrivée. Nous sommes venus avec quelques affaires : de la vaisselle, des vélos, des draps, des vêtements, des livres qui ont voyagé en caisse maritime durant un mois. Le reste de nos affaires est resté en garde-meuble en Métropole.

Arrivés au mois d’août, nous étions comme pris dans un tourbillon : les inscriptions aux écoles et aux clubs sportifs, les achats vitaux, la recherche d’une voiture, le déballage de cartons. On ne réalise que quelques semaines plus tard que « Whaouuuu…nous sommes en Amérique du Sud quand même ! »

Les Guyanais sont-ils accueillants ?

Les gens sont plus ouverts, plus souriants. Il y a un vrai mélange de cultures grace à la présence d'Amérindiens, de Créoles, d'Africains, de Brésiliens... C'est un vrai « melting pot » qui se mélange dans une bonne entente. Ils papotent plus facilement, prennent la vie plus doucement qu’en Métropole. On prend le temps de vivre.

Par contre, après deux ans, je me rends compte que les gens ne se mélangent pas trop : les expats restent avec les expats, les Brésiliens avec les Brésiliens...

Qu'est-ce qui t'as le plus surpris à ton arrivée en Guyane ?

Si côté administratif nous ne sommes pas dépaysés, pour tout le reste on l'est ! Ici, la vie est plus « zen ». Il fait chaud, le rythme est plus lent. Une fois que l'on a oublié le rythme parisien et que l'on a appris à être patient (très patient), c'est le paradis.

Ici, il fait chaud toute l'année. Fini les doudounes ! C'est tong et short tous les jours.

Ici, tout est sauvage. On vit avec la nature et les animaux. Et c'est calme ! Il y a peu de touristes ici, sûrement parce que l'océan n'est pas bleu turquoise.

Ici, il est possible de se balader sur la plage face à l'immensité de l'océan, seule, et cela n'a pas de prix ! D’ailleurs, au moment où je vous écris, j’ai la plage rien que pour moi... Déconnexion totale !

Quelles sont les différences les plus marquantes avec la France, ton pays d'origine ?

En premier lieu, la qualité de vie, le côté « zen », tranquille... Cela change la vie.

Le climat aussi. Le temps passe plus vite ici car il n’y a pas de saison. Il fait chaud toute l’année. Au début, on est un peu perdu dans le calendrier. Se baigner dans une piscine à 31°C un 25 décembre, c’est un peu perturbant la première année.

J’ai eu un peu de mal aussi avec le fait que le soleil se couche toute l’année à la même heure : vers 18h/18h30. C’est une habitude à prendre.

Et bien évidemment, la nature qui est omniprésente ici. Les arbres, les fleurs... Tout est différent. On croise beaucoup d’animaux. Mon jardin se transforme certains jours en vrai zoo avec des iguanes, colibris, perroquets et des animaux dont je ne soupçonnais même pas l’existence, comme des pians (opossum), par exemple. C'est un véritable régal pour les yeux.

Quel est ton meilleur souvenir ?

Il est difficile de n’en choisir qu’un seul. Je suis une amoureuse des animaux. Alors, que d’émotions quand on voit pour la première fois une tortue venir pondre sur la plage. Je ne pensais pas que les tortues pouvaient être si « grosses ». De vrais dinosaures ! C’est impressionnant. Mais cela l’est tout autant de croiser des singes ou des paresseux au détour d’un sentier, où d’apercevoir un vol d’ibis rouges, de perroquets ou de toucans. Toutes ces images resteront à jamais gravées dans ma tête et dans mon cœur.

Est-ce qu'il y a des choses qui te manquent depuis que tu es installée en Guyane ?

Mise à part ma famille, non, rien ne me manque ! On apprend à vivre plus simplement ici. On devient moins matérialiste et, en fin de compte, ce n’est pas une mauvaise chose. Après, on n’est pas perdu dans la jungle. On trouve presque tout en Guyane, même si parfois c’est un peu plus compliqué, et surtout beaucoup plus cher. Et puis, on apprend à se débrouiller autrement. Par exemple, j’aime énormément les livres et ici le choix est limité. J’ai donc investi dans une liseuse. Je peux dorénavant acheter mes livres directement sur internet. Vive la technologie !

Ce n’est pas mon cas, mais j’entends beaucoup d’expats me dire que le ski, la neige et la fraîcheur leur manque de plus en plus...

La vie d'une expat en Guyane, ça ressemble à quoi (une journée typique, quelque chose que les expats aiment bien faire, un trait marquant du pays que tu apprécies particulièrement) ?

Mes journées en semaine sont rythmées par mes filles et l’école. A Kourou, il est difficile d’inscrire ses enfants à la cantine si les deux parents ne travaillent pas.

Sinon, le week-end, c’est plage, balade, randonnée, marché, découverte de la Guyane, et bien sûr, sieste !

L’idéal est de sortir tôt le matin quand la chaleur est encore supportable, de rester au frais de midi à 16h, et de ressortir ensuite. D’ailleurs, à Kourou, les commerces ont bien pris le rythme : la plupart sont fermés de 13h à 16h.

On ne peut évidemment pas repartir de Guyane sans avoir testé, au moins une fois, une nuit en hamac dans un carbet (sorte de cabane en bois allant de la hutte rustique au grand chalet tout confort) en pleine forêt amazonienne. S’endormir avec le « doux » son des singes hurleurs en toile de fond, c’est juste incroyable !

Qu'est-ce qui t'as donné envie d'écrire ce blog ?

Pour le coup, je risque de ne pas être très originale. Évidemment, je l'ai créé dans le but de « partager », et j'avoue aussi pour assouvir mon côté « geekette ».

Je ne sais pas vous, mais personnellement quand je veux aller quelque part, quand je recherche une information, mon premier réflexe est d'aller fouiner sur la toile. Il faut reconnaître que les blogs sont une mine d'idées et d'informations.

Je remercie au passage toutes ces blogueuses qui m’aident à préparer tous mes voyages, ou à trouver de chouettes endroits à visiter, ou tout simplement qui me font rêver avec leurs superbes photos et de me donnent l'envie de découvrir des endroits que je ne connaissais pas avant.

J'espère que mon humble blog pourra informer, aiguiller, mais aussi donner l'envie de venir visiter cette belle et sauvage Guyane. Et puis, si au passage, je peux redorer son image, qui souffre à tort d'une très mauvaise réputation, tant mieux. Ici, vous ne risquez pas de vous faire égorger à chaque coin de rue comme certains peuvent le faire croire...

Mon blog, c'est ma petite bulle, et il évolue en même temps que moi. D'ailleurs, deux nouvelles catégories viennent de faire leur apparition : « Zen et bien-être », et « Recettes végétariennes » qui vont côtoyer celles qui existent déjà, les voyages, les recettes et un peu de papotage.

As-tu déjà rencontré du monde grâce à ton blog ?

Oui, cela m’est arrivé de rencontrer quelques personnes, mais j’ai un petit côté solitaire. Rester derrière l’écran me convient très bien aussi…

Quel(s) conseil(s) donnerais-tu à celles et ceux qui souhaitent aller vivre en Guyane ?

De ne pas hésiter à vous lancer. Si vous aimez la nature, le calme, la chaleur et le dépaysement, vous serez comme des coqs en pâte en Guyane. Au contraire, si vous aimez les grandes villes, le shopping, et les quartiers commerçants, vous risquez vite de tourner en rond. C’est un département riche en histoires et doté de différentes cultures. C’est aussi une porte ouverte sur l’Amérique du Sud et les Caraïbes. Le Brésil est, depuis peu, desservi par avion au départ de Cayenne, ainsi que le Suriname, la Martinique.

Ne pas se laisser influencer : la Guyane n’est pas plus dangereuse que la métropole.

La vie n'est pas toujours rose, alors il faut bien trouver quelque chose de négatif. Sans hésiter, je répondrai « les moustiques » ! Au début, ils vous repèrent de loin et sont assez pénibles. Alors, pensez à vos anti-moustiques !

Les rêveries d'Isisya