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Quitter la Suisse pour entreprendre à Maurice : le parcours de Bernard Perroud

Témoignages 13 min de lecture

Après plus de 30 ans de carrière dans la communication et la publicité en Suisse, Bernard Perroud a choisi de changer de vie. En 2020, en pleine pandémie, il s'installe à l'île Maurice avec l'envie de poursuivre son activité tout en retrouvant un meilleur équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle. Aujourd'hui à la tête de sa propre entreprise, il revient sur son parcours d'entrepreneur expatrié. Entre différences culturelles, difficultés de recrutement, réalités du marché local et adaptation de ses méthodes de travail, il partage les enseignements de son expérience et ses conseils à ceux qui envisagent d'entreprendre à Maurice.

À découvrir dans cet article
  1. Pouvez-vous vous présenter et nous raconter votre parcours avant de vous installer à Maurice ?
  2. Qu'est-ce qui vous a donné envie de vivre sur l'île ?
  3. Comment votre activité à Maurice a-t-elle pris forme ? Pouvez-vous nous présenter votre entreprise et ce que vous y faites au quotidien ?
  4. Comment se sont déroulés vos premiers mois, entre installation personnelle et lancement de l'activité ?
  5. Avant de vous lancer, comment avez-vous évalué les possibilités dans le secteur de la communication à Maurice ? Qu'avez-vous découvert une fois sur le terrain ?
  6. Quelles ont été les principales difficultés pour démarrer votre activité ?
  7. Comment avez-vous décroché vos premiers contrats et commencé à vous faire connaître ?
  8. Dans un métier où la connaissance du public est essentielle, comment avez-vous appris à comprendre les attentes et les sensibilités mauriciennes ?
  9. Maurice est un pays multilingue et multiculturel. Comment cela influence-t-il votre manière de concevoir une campagne ou de travailler l'identité d'une marque ?
  10. Qu'avez-vous dû changer dans vos habitudes professionnelles pour travailler avec vos clients et partenaires sur l'île ?
  11. Pour un entrepreneur étranger qui lance son activité à Maurice, quelles erreurs de communication peuvent compliquer ses débuts ?
  12. Avec un budget limité, par quoi devrait-il commencer pour faire connaître son entreprise et attirer ses premiers clients ?
  13. Comment trouvez-vous votre équilibre entre la gestion de votre entreprise, le travail créatif et votre vie personnelle ?
  14. Au-delà du travail, qu'est-ce qui a facilité votre adaptation à la vie mauricienne ? Qu'est-ce qui vous a demandé davantage de temps ?
  15. Avec le recul, à qui conseilleriez-vous de se lancer dans l'aventure entrepreneuriale à Maurice ? Que faut-il avoir préparé avant de franchir le pas ?

Pouvez-vous vous présenter et nous raconter votre parcours avant de vous installer à Maurice ?

Je suis Bernard Perroud, entrepreneur suisse et directeur de création. Je travaille dans les domaines de la communication, de la publicité, du graphisme et des arts graphiques depuis plus de 30 ans. J'ai développé mon activité en Suisse avec De Visu Stanprod, en accompagnant des entreprises de secteurs très différents dans leur communication et leur développement.

Ce métier m'a toujours passionné, parce qu'il associe créativité, stratégie et compréhension des besoins des clients. Avec le temps, j'ai acquis une solide expérience, mais j'ai aussi connu le rythme exigeant de l'entrepreneuriat, avec des journées qui pouvaient facilement atteindre douze heures.

En 2020, en pleine période du Covid, j'ai décidé de quitter la Suisse pour m'installer à Maurice. La pandémie a été un élément déclencheur important dans cette décision. Elle m'a amené à réfléchir à ma manière de vivre, à mes priorités et à la place que je souhaitais encore accorder au travail dans mon quotidien.

Je ne voulais pas abandonner mon métier, qui reste une passion, mais trouver un autre équilibre. C'est dans cet esprit que j'ai développé notre activité à Maurice, en associant mon expérience suisse aux compétences d'une équipe locale.

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Qu'est-ce qui vous a donné envie de vivre sur l'île ?

À la base, c'était surtout une envie de changer de vie. Après de nombreuses années à travailler énormément, parfois jusqu'à douze heures par jour au bureau, j'avais besoin de prendre du recul et de réfléchir à ce que je voulais pour la suite.

Le Covid a été un élément déclencheur important. Cette période a changé notre rapport au travail et à la vie quotidienne. Elle m'a conforté dans l'idée qu'il était peut-être temps de faire autrement, plutôt que de continuer à suivre un rythme professionnel qui occupait une place trop importante dans ma vie.

Maurice représentait la possibilité de vivre une expérience différente, dans un environnement multiculturel et avec un cadre de vie qui me correspondait. Mais je souhaitais aussi continuer à entreprendre et à exercer mon métier.

Mon objectif n'était pas de tout arrêter, mais de trouver une autre manière de travailler et de vivre. Avec le recul, je peux dire que j'ai réussi à travailler deux à trois fois moins qu'auparavant. C'est un changement considérable, même si l'adaptation à un nouveau pays comporte aussi son lot de difficultés.

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Comment votre activité à Maurice a-t-elle pris forme ? Pouvez-vous nous présenter votre entreprise et ce que vous y faites au quotidien ?

Nous avons développé notre présence à Maurice avec De Visu Stanprod Ltd, qui porte notamment la marque Moris Agency.

Nous sommes une agence de communication qui intervient sur un large éventail de prestations : stratégie marketing, identité visuelle, publicité, graphisme, sites internet et développement web. Notre approche est globale : nous cherchons à répondre aux besoins de communication des entreprises, plutôt que de nous limiter à un seul canal.

Notre particularité est d'associer mon expérience du marché suisse aux compétences d'une équipe mauricienne composée de professionnels du marketing, de graphistes, de spécialistes des arts graphiques et de développeurs.

Au quotidien, je m'occupe de la direction de l'entreprise, du suivi des clients, des orientations créatives et du développement commercial, tout en supervisant les projets.

L'expérience acquise en Suisse reste un atout, mais il faut savoir l'adapter à la réalité locale. Notre objectif est de proposer un travail professionnel et structuré, en tenant compte des besoins de nos clients.

Comment se sont déroulés vos premiers mois, entre installation personnelle et lancement de l'activité ?

Il a fallu apprendre à fonctionner dans un nouvel environnement, aussi bien sur le plan personnel que professionnel. Lorsqu'on arrive dans un pays, on découvre progressivement les habitudes, les façons de communiquer et les réalités économiques.

Sur le plan professionnel, je pensais naturellement pouvoir m'appuyer sur mon expérience. Elle m'a effectivement aidé, mais elle ne suffit pas à comprendre immédiatement le fonctionnement d'un nouveau marché.

Il faut observer, s'adapter et parfois revoir sa manière de faire. On découvre aussi des différences auxquelles on ne s'attendait pas forcément.

Avec le recul, je pense que je préparerais certaines choses différemment. Lorsqu'on change de pays, il est facile de se concentrer sur ce que l'on souhaite quitter et de sous-estimer les réalités auxquelles on devra s'adapter.

Cela ne signifie pas que je regrette mon choix. Simplement, une expérience de cette nature vous apprend autant sur vous-même que sur le pays dans lequel vous vous installez.

Avant de vous lancer, comment avez-vous évalué les possibilités dans le secteur de la communication à Maurice ? Qu'avez-vous découvert une fois sur le terrain ?

Mon expérience me permettait de bien connaître les métiers de la communication, mais j'ai découvert que le fonctionnement commercial pouvait être assez différent de ce que j'avais connu en Suisse.

Ce qui m'a notamment surpris concerne les budgets et le suivi des échanges commerciaux. Il arrive qu'un prospect sollicite une proposition, demande un devis, puis ne donne plus aucune nouvelle. Cela peut également se produire lorsqu'on est soi-même à l'origine d'une demande de devis auprès d'un prestataire.

Ce qui me surprend le plus, c'est parfois l'absence de réponse, même négative. Dans une relation commerciale, un simple retour permet pourtant de savoir où l'on en est et d'avancer.

Il faut apprendre à composer avec ces situations et ne pas systématiquement les interpréter avec les réflexes que l'on avait dans son pays d'origine.

J'ai également constaté qu'il est important de bien comprendre les budgets disponibles et la perception de la valeur des prestations. Une entreprise peut avoir besoin de communiquer sans être prête à investir autant qu'on pourrait l'imaginer.

Cela oblige à être très clair sur son offre, à bien qualifier les demandes et à protéger la rentabilité de son activité.

Quelles ont été les principales difficultés pour démarrer votre activité ?

Le recrutement a été l'une des difficultés les plus marquantes. Trouver une personne qui possède les compétences recherchées, qui correspond à l'entreprise et qui s'engage réellement dans la durée n'est pas toujours simple.

J'ai même connu une situation où un collaborateur avait signé son contrat, mais ne s'est finalement jamais présenté pour commencer à travailler. Il n'a ensuite plus donné de nouvelles.

Ce genre d'expérience est déconcertant, car on organise son activité en fonction des personnes que l'on prévoit d'intégrer. Lorsqu'une embauche ne se concrétise pas au dernier moment, cela peut désorganiser une équipe et retarder des projets.

La communication au sein des équipes demande également une attention particulière. J'ai appris qu'il fallait parfois davantage de précautions dans la manière de formuler une remarque ou de donner un retour. Certaines choses que je pouvais considérer comme une discussion professionnelle directe peuvent être reçues plus personnellement.

Il faut donc trouver le bon équilibre entre franchise, exigence et diplomatie.

Ces expériences m'ont rappelé qu'une entreprise ne se développe pas uniquement grâce à son savoir-faire. La qualité des relations humaines, le recrutement et la capacité à travailler ensemble sont tout aussi essentiels.

Comment avez-vous décroché vos premiers contrats et commencé à vous faire connaître ?

Il faut avant tout créer des relations et faire connaître son savoir-faire. Dans la communication, les clients ne choisissent pas uniquement une agence pour ses réalisations : ils doivent aussi avoir confiance dans les personnes qui vont les accompagner.

Nous avons développé notre activité en présentant nos compétences, en rencontrant des interlocuteurs et en travaillant à construire notre réputation.

Je crois beaucoup à la qualité du travail et au respect des engagements. Un client satisfait peut devenir un excellent ambassadeur, mais il ne faut pas compter uniquement sur le bouche-à-oreille.

La prospection reste nécessaire. Il faut aller chercher les opportunités, présenter son offre et accepter que toutes les démarches n'aboutissent pas.

J'ai aussi appris qu'il est important de ne pas consacrer trop de temps aux demandes dont le sérieux ou le budget ne sont pas suffisamment établis. Lorsqu'on dirige une entreprise, le temps est une ressource qu'il faut gérer aussi soigneusement que les finances.

Dans un métier où la connaissance du public est essentielle, comment avez-vous appris à comprendre les attentes et les sensibilités mauriciennes ?

En travaillant avec des clients et des collaborateurs locaux, et surtout en acceptant de ne pas considérer mon expérience suisse comme une réponse universelle.

Une campagne publicitaire doit tenir compte du public auquel elle s'adresse. Les références culturelles, les habitudes, les langues et les motivations peuvent différer. Ce qui fonctionne en Suisse ne fonctionnera pas nécessairement de la même manière à Maurice.

Le regard de l'équipe locale est donc essentiel. Il permet de confronter les idées à la réalité du terrain et de repérer des sensibilités que l'on ne percevrait pas forcément soi-même.

J'ai également appris que la manière de communiquer compte autant que le message lui-même. Dans les relations professionnelles, il faut être attentif à la façon dont une remarque est formulée et reçue.

Cette adaptation ne signifie pas qu'il faut renoncer à ses exigences ou ne plus dire les choses franchement. Il faut simplement trouver la bonne manière de le faire.

Maurice est un pays multilingue et multiculturel. Comment cela influence-t-il votre manière de concevoir une campagne ou de travailler l'identité d'une marque ?

Cette diversité est une richesse, mais elle demande de bien réfléchir aux publics que l'on souhaite toucher.

On ne s'adresse pas nécessairement de la même manière à une clientèle locale, à des expatriés ou à des visiteurs internationaux. La langue utilisée, le ton, les références visuelles et la manière de présenter une offre peuvent influencer la réception d'un message.

Il ne suffit donc pas de traduire un texte. Il faut s'assurer que le message est pertinent et compréhensible pour le public concerné.

C'est aussi là que notre métier prend tout son sens. Une bonne communication ne consiste pas simplement à produire quelque chose de joli. Elle doit transmettre le bon message, à la bonne personne, de la bonne manière.

Notre travail consiste à préserver l'identité d'une marque tout en adaptant sa communication au contexte dans lequel elle évolue.

Qu'avez-vous dû changer dans vos habitudes professionnelles pour travailler avec vos clients et partenaires sur l'île ?

J'ai dû adapter ma manière de communiquer, notamment dans la gestion des relations professionnelles et des équipes.

Je suis habitué à un fonctionnement assez direct. Avec l'expérience, on va rapidement à l'essentiel, on pose les problèmes et on cherche des solutions. À Maurice, j'ai appris qu'il fallait parfois prendre davantage de précautions dans la formulation des remarques et dans la manière de faire passer un message.

J'ai également dû revoir certaines attentes concernant le suivi commercial. Lorsqu'une personne ne répond pas à une demande ou à un devis, il faut parfois relancer, sans pour autant multiplier indéfiniment les démarches.

Il faut accepter ces différences sans renoncer à ses principes. Pour moi, les engagements, la qualité du travail et le respect des délais restent importants.

L'adaptation ne signifie pas tout accepter. Elle consiste à comprendre son environnement pour mieux y travailler, tout en conservant les exigences nécessaires au bon fonctionnement de l'entreprise.

Pour un entrepreneur étranger qui lance son activité à Maurice, quelles erreurs de communication peuvent compliquer ses débuts ?

La première erreur est de croire que ce qui fonctionne dans son pays d'origine fonctionnera automatiquement à Maurice. Il faut prendre le temps de comprendre le marché, les clients et leurs attentes.

La deuxième est de vouloir communiquer auprès de tout le monde. Une entreprise doit savoir à qui elle s'adresse et ce qui la distingue de ses concurrents. Avec un budget limité, il vaut mieux cibler précisément ses efforts que chercher à être visible partout.

La troisième erreur est de se concentrer uniquement sur le prix. Il faut bien sûr tenir compte des budgets locaux, mais une entreprise doit également expliquer la valeur de son offre et les bénéfices qu'elle apporte.

Enfin, je conseillerais de ne pas négliger la communication dans les relations commerciales. Il faut être clair sur les engagements, les délais, les prestations et les budgets. Cela évite bien des malentendus.

Et je terminerais par un conseil très pratique : ne considérez pas une demande de devis comme un contrat en devenir. Il faut apprendre à qualifier les prospects, à identifier les projets sérieux et à ne pas immobiliser trop de temps sur des opportunités incertaines.

Avec un budget limité, par quoi devrait-il commencer pour faire connaître son entreprise et attirer ses premiers clients ?

Je commencerais par définir précisément son offre et sa clientèle cible. Avant d'investir dans la publicité, il faut pouvoir expliquer clairement ce que l'on vend, à qui et pourquoi un client devrait nous choisir.

Ensuite, je mettrais en place une présence professionnelle adaptée à l'activité : un site internet clair, une présentation convaincante et les réseaux sociaux réellement pertinents pour sa clientèle.

Mais je donnerais une place importante à la prospection directe. Il faut rencontrer des personnes, développer son réseau, contacter des clients potentiels et créer des relations professionnelles.

Avec un petit budget, ces démarches peuvent être plus intéressantes que de disperser ses moyens sur de nombreuses campagnes publicitaires.

Enfin, je suivrais les résultats. Le nombre de vues ou de mentions « J'aime » ne suffit pas. Ce qui compte, c'est de savoir si les actions entreprises génèrent des contacts qualifiés, des demandes de devis et des ventes.

Il ne faut pas chercher à communiquer davantage, mais à communiquer plus intelligemment.

Comment trouvez-vous votre équilibre entre la gestion de votre entreprise, le travail créatif et votre vie personnelle ?

C'est précisément l'un des objectifs que je recherchais en changeant de vie, et sur ce point, j'ai obtenu un résultat concret. Aujourd'hui, je travaille environ deux à trois fois moins qu'auparavant.

Cela ne signifie pas que je ne travaille plus ou que je me désintéresse de mon entreprise. Je reste impliqué dans les projets, les décisions et le développement de l'activité. Mais j'ai réussi à réduire considérablement le temps consacré au travail.

Après des années à passer parfois douze heures par jour au bureau, cette évolution représente un changement important.

Il faut aussi accepter que le changement de vie ne se mesure pas uniquement en termes professionnels. Le temps dont on dispose, la liberté d'organiser ses journées et la possibilité de se consacrer à autre chose ont également une valeur.

Je continue à aimer mon métier, mais je ne souhaite plus qu'il absorbe l'essentiel de mon existence. Pour moi, c'est l'un des principaux bénéfices de cette expatriation.

Au-delà du travail, qu'est-ce qui a facilité votre adaptation à la vie mauricienne ? Qu'est-ce qui vous a demandé davantage de temps ?

Le climat et le cadre de vie sont évidemment des éléments agréables, mais l'adaptation est plus nuancée que ce que l'on pourrait imaginer.

Ce qui me manque parfois de la Suisse, c'est notamment la vie culturelle et sociale. J'appréciais les sorties après le travail, les lieux où l'on pouvait retrouver des amis ou des connaissances, prendre un verre, assister à un événement ou simplement croiser du monde sans avoir nécessairement tout organisé à l'avance.

Ce sont des habitudes auxquelles on ne pense pas toujours lorsqu'on prépare un départ. On réfléchit au logement, au travail, au climat ou à l'organisation quotidienne, mais on sous-estime parfois l'importance de ces petits rituels sociaux.

À Maurice, on découvre d'autres façons de vivre, d'autres relations et d'autres plaisirs. Mais cela ne signifie pas que tout ce que l'on a quitté cesse de nous manquer.

Je pense qu'il faut accepter cette réalité : une expatriation n'est pas une vie parfaite qui remplace une vie imparfaite. C'est une autre vie, avec ses avantages, ses limites et ses compromis.

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Avec le recul, à qui conseilleriez-vous de se lancer dans l'aventure entrepreneuriale à Maurice ? Que faut-il avoir préparé avant de franchir le pas ?

Je conseillerais cette aventure à quelqu'un qui a un projet sérieux, une réelle compétence à apporter et l'envie de s'adapter. Mais je pense surtout qu'il faut bien réfléchir à ses motivations avant de partir.

Il faut préparer son projet professionnel, étudier le marché, identifier ses clients potentiels et se renseigner sur les formalités administratives et les conditions nécessaires pour exercer son activité. Il faut également anticiper les difficultés et ne pas imaginer que l'expérience acquise dans son pays d'origine suffira à garantir la réussite.

Mais il faut aussi se poser des questions personnelles. Qu'est-ce que je veux réellement changer ? Qu'est-ce que je suis prêt à laisser derrière moi ? Qu'est-ce que je peux accepter de faire différemment ?

Mon conseil serait simple : prenez le temps de réfléchir avant de vous lancer.

Vous savez ce que vous quittez, mais vous ne savez pas exactement ce que vous allez gagner.

L'expatriation n'est pas faite pour tout le monde. Il faut accepter de perdre certains repères, de revoir ses habitudes et de découvrir des réalités auxquelles on ne s'attendait pas forcément.

Mais si l'on sait pourquoi on part et ce que l'on souhaite changer dans sa vie, cette expérience peut être extrêmement enrichissante. Pour ma part, je ne referais probablement pas tout exactement de la même manière, mais je sais pourquoi j'ai fait ce choix.

Je voulais changer de vie sans renoncer à mon métier. Aujourd'hui, j'ai réussi à trouver un équilibre différent, et c'était précisément ce que je recherchais.

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Veedushi Bissessur
À propos de l'auteur

Journaliste de formation, titulaire des DALF C1 et C2 et diplômée de l'Université de Maurice, je cumule près d'une vingtaine d'années d'expérience en rédaction. Après six ans dans la presse mauricienne, j'ai rejoint Expat.com, où j'évolue depuis une douzaine d'années, dont cinq en tant qu'assistante éditoriale, et à présent responsable éditoriale.

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