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Les pays les plus accueillants pour étudier à l'étranger

Dossiers et Tendances 11 min de lecture
Les pays les plus accueillants pour étudier à l'étranger© drazenphoto / Envato Elements

Lorsqu'on envisage d'étudier à l'étranger, le coût de la vie et le classement des universités figurent souvent parmi les premiers critères pris en compte. Certains étudiants s'intéressent également aux perspectives d'emploi et aux possibilités de s'installer durablement dans le pays après leurs études. Pourtant, la réussite d'une expérience internationale dépend aussi d'un facteur essentiel, parfois négligé : l'intégration. Se sentir accueilli, soutenu et pleinement intégré peut transformer en profondeur l'expérience des études à l'étranger.

Que signifie vraiment « être intégré » ?

C'est la première question à laquelle il faut répondre. Le sentiment d'intégration peut varier d'un étudiant à l'autre, et chaque composante de cette intégration peut avoir un poids différent. Mais dans le cadre de cet article, nous nous intéressons aux éléments essentiels suivants :

Le soutien institutionnel

Les premiers jours dans un nouveau pays peuvent s'avérer particulièrement éprouvants. Il y a la nouvelle langue, de nouvelles règles, de nouveaux systèmes de transport, de nouvelles exigences académiques… Même acheter une carte SIM peut sembler un défi en soi. Et en tant qu'étudiant dans un nouveau pays, la dernière chose dont vous avez besoin, c'est de vous compliquer davantage la vie. C'est pourquoi le soutien institutionnel est si important, surtout durant les premières semaines, voire les premiers mois.

Renseignez-vous sur l'existence d'un bureau dédié aux étudiants internationaux au sein de l'université, et sur les services qu'il propose. Visas, contrats de logement, titres de séjour, immatriculation fiscale : autant de démarches pour lesquelles un accompagnement peut faire toute la différence.

Les sessions d'orientation et les programmes de parrainage peuvent également être d'une grande aide. Une visite du campus guidée par un autre étudiant, par exemple, répondra probablement à bien plus de questions que n'importe quelle affiche d'information.

Les centres d'aide linguistique constituent un véritable atout. Même si vous êtes inscrit dans un programme dispensé en français ou en anglais, vous pourrez découvrir certaines lacunes dans vos compétences linguistiques, par exemple en expression écrite académique. Et vous souhaiterez sans doute aussi améliorer votre niveau dans la langue locale.

Des services de soutien psychologique adaptés aux étudiants internationaux sont toujours les bienvenus, car le choc culturel est une réalité.

La vie sur le campus

Les chiffres comptent, et un pourcentage élevé d'étudiants internationaux signifie souvent que vous, en tant que nouvel arrivant, ne vous sentirez pas comme un étranger parmi les autres. Mais au-delà des statistiques, c'est avant tout une question d'interactions.

Privilégiez les campus qui abritent des associations multiculturelles actives, où vous pourrez tisser des liens.

Consultez la politique anti-discrimination de l'université. Elle pose les bases d'un environnement où vous pourrez vous sentir chez vous.

Interrogez d'autres étudiants sur l'ambiance en cours. Une université qui encourage le débat ouvert et accueille les points de vue différents favorisera naturellement l'inclusion des étudiants internationaux.

Perspectives professionnelles et politiques d'immigration

L'intégration au sein de l'université est certes importante. Mais ce qui se passe après l'obtention du diplôme l'est tout autant. En réalité, de nombreux étudiants mesurent leur sentiment d'appartenance à l'aune des possibilités qui s'offrent à eux de construire un avenir dans le pays d'accueil.

Vérifiez si l'université propose des options de visa post-études. C'est le signe que les diplômés internationaux sont attendus et les bienvenus.

Renseignez-vous sur l'accès aux stages et aux emplois à temps partiel pendant vos études. C'est une excellente façon de commencer à bâtir un réseau professionnel en amont.

Et qu'en est-il du visa de travail ? Quelles sont les conditions pour en faire la demande, et dans quelle mesure trouver un emploi sera-t-il réaliste juste après l'obtention de votre diplôme ?

La vue d'ensemble

Au-delà des murs de l'université, vous devrez évoluer au sein d'une société entière.

Les pays ouverts à l'immigration offriront davantage d'opportunités et, plus simplement, un quotidien plus serein.

Sécurité et qualité de vie : un environnement sûr vous permettra de vous concentrer sur vos études et d'explorer librement votre nouveau cadre de vie.

Environnement linguistique : les personnes autour de vous parlent-elles anglais ? Et si ce n'est pas le cas, serez-vous compris si vous vous exprimez dans cette langue ?

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Là où les étudiants se sentent le mieux intégrés

Il est sans doute impossible de déterminer avec précision où chaque étudiant se sentira le mieux accepté. C'est, en fin de compte, une question très personnelle. Il existe néanmoins des destinations et des universités reconnues pour leur ouverture d'esprit et leur accueil chaleureux à l'égard des nouveaux venus et des nouvelles idées.

Le Canada

Le Canada est le premier pays au monde à avoir adopté le multiculturalisme comme politique gouvernementale officielle. Il constitue naturellement un environnement très accueillant pour les étudiants internationaux.

Des voies d'immigration clairement définies après l'obtention du diplôme permettent aux étudiants d'envisager concrètement de s'y construire une vie.

Le pays dispose d'un solide système de services publics et d'un niveau de sécurité élevé. Son taux de criminalité est faible par rapport à celui d'autres pays de la région.

Des villes comme Vancouver et Montréal accueillent depuis longtemps des communautés d'expatriés bien établies.

Parmi les établissements à considérer : l'Université de Toronto, l'Université de la Colombie-Britannique et l'Université McGill, réputées pour leurs grandes communautés d'étudiants internationaux et leurs services d'orientation professionnelle performants.

Les Pays-Bas

Les Pays-Bas rendent l'enseignement supérieur de qualité accessible à tous. Le nombre de programmes entièrement dispensés en anglais y est particulièrement élevé, ce qui permet aux étudiants internationaux de s'impliquer pleinement dès le premier jour, même sans parler néerlandais.

Les universités du pays sont également saluées pour leur culture pédagogique particulière. Les étudiants sont encouragés à échanger leurs points de vue et à remettre les idées en question, ce qui fait de l'intégration une démarche qui se vit jusque dans la salle de cours.

À l'Université de Maastricht, par exemple, les étudiants travaillent souvent en petits groupes pluriculturels pour réfléchir à des solutions aux grands enjeux contemporains. L'Université d'Amsterdam et l'Université technique de Delft affichent, quant à elles, des taux d'étudiants internationaux régulièrement élevés.

La Suède

En Suède, l'intégration repose sur des fondements structurels. La société suédoise se caractérise par une hiérarchie sociale peu marquée. Dans le milieu universitaire, cela se traduit par des professeurs très accessibles et par une vision de l'étudiant en tant que penseur autonome. Dans un tel environnement, où la formalité est réduite au minimum, l'intégration se fait naturellement et sans heurts.

Les associations étudiantes sont très répandues dans les universités suédoises et constituent le cœur de la vie sociale sur le campus. Elles organisent des événements, des activités culturelles et peuvent également mettre en place des programmes de mentorat. Mais leur rôle principal est avant tout d'intégrer les nouveaux arrivants dans la vie de la communauté.

L'Université de Lund, l'Université d'Uppsala et l'Université de Stockholm proposent le plus grand nombre de programmes entièrement dispensés en anglais.

L'Australie

En Australie, la diversité sur les campus est la norme. Un environnement anglophone réduit le seuil d'adaptation pour de nombreux étudiants. À cela s'ajoutent des voies d'accès clairement définies vers un visa de travail post-études pour les nouveaux diplômés internationaux. En somme, en Australie, toutes les pièces du puzzle semblent s'assembler naturellement.

Les étudiants bénéficieront de services d'orientation professionnelle solides et d'opportunités de stage dans toutes les grandes universités, telles que l'Université de Melbourne, l'Université de Sydney, l'Université Monash et bien d'autres. Des villes comme Melbourne et Sydney sont, elles aussi, profondément multiculturelles, ce qui facilite l'intégration des nouveaux étudiants en dehors du campus.

L'Allemagne

En Allemagne, les étudiants internationaux peuvent trouver quelque chose d'assez rare : un enseignement supérieur de qualité, avec des frais de scolarité réduits, voire inexistants, dans les universités publiques.

Pour beaucoup d'étudiants, cela allège considérablement la pression financière et a également un impact direct sur l'intégration. Car plutôt que de vous concentrer sur les économies à faire ou de chercher un emploi à temps partiel, vous pouvez vous consacrer pleinement à votre vie universitaire, quelle que soit sa forme pour vous.

La barrière de la langue se posera inévitablement si vous ne maîtrisez pas l'allemand. Mais les grandes universités allemandes proposent désormais un nombre croissant de programmes entièrement en anglais (principalement au niveau du master). Par ailleurs, si vous envisagez de vous installer durablement en Allemagne, apprendre la langue deviendra une nécessité et vous ouvrira de nombreuses portes, tant sur le plan social que sur le plan professionnel.

Parmi les universités les plus prisées des étudiants internationaux figurent l'Université technique de Munich, l'Université de Heidelberg et l'Université Humboldt de Berlin. Toutes disposent de bureaux internationaux dédiés et proposent une assistance pour les visas et les démarches administratives associées.

Un élément important à prendre en compte est le marché du travail allemand, particulièrement dynamique par rapport à celui de nombreux pays voisins. Cela offre aux étudiants internationaux des perspectives de carrière prometteuses et une transition post-diplôme bien moins stressante.

Là où l'intégration peut s'avérer difficile

Si certains pays facilitent l'intégration, d'autres la compliquent, souvent sans le vouloir.

Les pays peu habitués à l'immigration

Dans les pays où la population est relativement homogène et les flux migratoires faibles, les étudiants peuvent avoir plus de mal à s'intégrer ou à s'adapter.

Prenons l'exemple du Japon, de la Corée du Sud ou de la Chine. Bien que le nombre d'étudiants internationaux y soit en hausse, la population dans son ensemble reste très homogène. Les étudiants étrangers se démarquent donc inévitablement et suscitent la curiosité. Et si cette curiosité est sincère et bienveillante, elle peut aussi rappeler constamment à l'étudiant son statut d'« étranger ».

Irina a été étudiante internationale à Dalian, en Chine, de 2023 à 2025 : « J'ai absolument adoré étudier en Chine. J'ai progressé en langue, obtenu mon master et voyagé un peu partout. Mais je dois dire que j'étais constamment au centre de l'attention. On me demandait souvent de faire des présentations sur mon pays d'origine, de participer à des spectacles étudiants pour chaque fête "occidentale". La plupart du temps, mes premières conversations avec d'autres étudiants ressemblaient davantage à des interviews, tant ils étaient curieux de ma vie là-bas… »

Être entouré d'une curiosité et d'une attention aussi soutenues peut avoir des effets contrastés. Au début, un étudiant peut se sentir valorisé et remarqué. Mais avec le temps, beaucoup d'étudiants internationaux aspirent simplement à faire partie du groupe, à se fondre dans la masse plutôt qu'à se distinguer en permanence.

Les pays aux traditions culturelles ou religieuses strictes

Certes, étudier à l'étranger est aussi, entre autres, une invitation à découvrir d'autres cultures. Mais dans certains contextes, les étudiants internationaux peuvent avoir du mal à s'adapter à des modes de vie très différents des leurs, et peu enclins au compromis.

Pendant des décennies, par exemple, les universités d'Arabie saoudite ont fonctionné selon un système d'enseignement séparé pour les hommes et les femmes. Les étudiants suivaient leurs cours dans des salles distinctes, voire sur des campus entièrement séparés. Ces dernières années, des programmes mixtes ont commencé à voir le jour. Mais les restrictions sociales encadrant les interactions entre hommes et femmes demeurent. Sans une bonne connaissance de la culture locale, un étudiant international peut se sentir profondément dépaysé.

Les pays confrontés à la barrière de la langue

Dans de nombreux pays, il est possible de trouver un programme de formation entièrement dispensé en anglais. Mais en dehors du campus, la vie quotidienne se déroule dans une autre langue. Louer un logement, ouvrir un compte en banque, acheter un titre de transport : dans toutes ces situations, un minimum de compétences en langue locale est indispensable. Et si l'anglais n'est pas largement répandu comme langue de communication, le quotidien peut rapidement s'avérer épuisant. Apprendre la langue locale devient alors une nécessité. Mais c'est du temps pris aux études et à la vie sociale. C'est pourquoi l'accès à des cours de langue sur le campus constitue un critère particulièrement important.

Les pays avec une culture académique différente

Les films d'aujourd'hui nous montrent des universités où les étudiants débattent en cours, créent des associations et n'hésitent pas à contredire leurs professeurs. C'est peut-être l'image qu'un étudiant international se fait naturellement de l'université. Mais dans certains systèmes éducatifs, les professeurs maintiennent une distance formelle avec leurs étudiants ; leur autorité n'est pas censée être remise en question. Un étudiant habitué à un environnement plus ouvert et participatif, ou qui s'y attendait, peut trouver ce cadre académique rigide intimidant.

Certains étudiants d'Europe de l'Est, notamment de Russie, témoignent ainsi d'un léger choc culturel lorsqu'ils partent étudier à l'étranger et découvrent des relations très familières entre étudiants et professeurs. Mais on peut aussi inverser ce choc et imaginer ce que ressentent des étudiants habitués à ces relations de proximité lorsqu'ils se retrouvent dans un environnement à la hiérarchie stricte.

Des débouchés limités

Enfin, certaines destinations peuvent disposer d'un système éducatif de qualité tout en ayant un marché du travail saturé de jeunes diplômés. Ou encore, même si la demande de main-d'œuvre existe, le pays peut choisir de donner la priorité à ses propres ressortissants et de restreindre les possibilités d'emploi pour les étrangers.

En Thaïlande, par exemple, les étudiants internationaux saluent volontiers la chaleur de l'accueil et la qualité des programmes académiques, notamment à Bangkok. Mais la Thaïlande maintient également une liste de professions réservées aux seuls ressortissants thaïlandais : dans certains secteurs, les travailleurs étrangers sont tout simplement exclus.

Ce que l'ensemble de ces informations nous révèle, c'est que l'intégration est un processus complexe. Il comporte de nombreuses variables, et réunir toutes les conditions idéales n'est pas toujours possible. Mais plus vous vous renseignez sur l'université que vous envisagez et sur la destination vers laquelle vous vous apprêtez à partir, plus vous serez en mesure de vous y préparer efficacement. Lorsque vous savez précisément à quoi vous attendre, vous pouvez cesser de vous inquiéter de certains aspects de votre installation, de la langue ou des visas, par exemple, et vous concentrer sur les défis qui vous attendent vraiment, comme décrocher un stage ou une offre d'emploi.

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Natallia Slimani-Mercier
À propos de l'auteur

Titulaire d'une licence (avec distinction) en langue anglaise et interprétation simultanée, Natallia a exercé en tant que rédactrice et éditrice pour diverses publications et chaînes médiatiques en Chine pendant dix ans.

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