Frais d'inscription des étudiants non européens en France : le gouvernement cherche l'apaisement
En avril, le ministre de l'Enseignement supérieur, Philippe Baptiste, a présenté « Choose France For Higher Education » un programme d'excellence pour attirer les talents étrangers, mais qui durcissait le ton face aux universités n'appliquant pas la hausse des frais d'inscription actée dans le plan Bienvenue en France de 2019. En effet, le plan prévoit des frais d'inscription différenciés (et plus élevés) pour les étudiants non européens.
Hausse des frais d'inscription : les universités disent « non »
Le plan permet aux universités de moduler les frais d'inscription des étudiants extracommunautaires et n'autorise que 10 % d'exonérations. Mais un grand nombre d'universités s'oppose à la mesure, et n'applique pas la hausse de frais. En avril 2026, le ministre de l'Enseignement supérieur fait ses comptes : 90 % des universités exonèrent les étudiants hors UE/EEE de droits différenciés. Il annonce un durcissement des règles, par décret : « […] la règle, ce sont les droits différenciés, et l'exception, c'est l'exonération. »
C'est sur ce point que le ministère revoit sa copie. Car France Universités, organisation regroupant les dirigeants d'universités, a fermement fait part de son opposition au durcissement de la loi. Pour l'organisation, une telle mesure serait contre-productive et découragerait les étudiants extracommunautaires. Reprenant le chiffre de Campus France, France Universités rappelle que les étudiants étrangers rapportent environ 1,35 milliard d'euros de bénéfice annuel net à l'économie française.
Un nouveau décret plus souple sur les frais d'inscription
Une nouvelle version du décret est donc sortie mardi 12 mai 2026. Le projet, plus souple que le précédent, permet aux universités d'accorder jusqu'à 20 % d'exonération des frais d'inscription des étudiants étrangers hors UE/EEE (contre 10 % dans la première version du texte). Cette évolution, progressive, passera par deux paliers : 30 % d'exonération à la rentrée 2026-2027, puis 25 % à la rentrée 2027-2028, 20 % à la rentrée 2028-2029.
Avec le nouveau décret, les étudiants non européens devront payer des frais d'inscription de 2 895 euros par an pour une licence (au lieu de 178 euros actuellement) et de 3 941 euros par an pour un master (au lieu de 254 euros actuellement). Mais le monde universitaire maintient ses réserves. Ce même mardi 12 mai, les associations étudiantes et les syndicats ont organisé une manifestation pour s'opposer au texte.
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