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Étudier en Australie : le rêve est-il devenu inaccessible ?

Vie pratique 5 min de lecture
etudier en Australia© Warren Yip / Pexel.com

L'Australie a longtemps fait figure de destination idéale pour les étudiants internationaux. Universités réputées, qualité de vie, possibilité de travailler pendant et après les études : le pays attirait chaque année des milliers de jeunes venus construire leur avenir. Mais ce modèle est en train de changer depuis quelques années. Après plusieurs durcissements successifs de sa politique migratoire, le pays a augmenté une nouvelle fois le coût du visa post-études, au point d'en faire l'un des plus chers au monde. Entre frais qui explosent, conditions d'accès plus strictes et perspectives d'installation qui se réduisent, de nombreux étudiants étrangers s'interrogent : l'Australie est-elle en train de devenir une destination réservée aux plus fortunés ?

Très cher visa d'étudiant diplômé

4 600 dollars australiens (environ 2 800 euros). C'est le nouveau tarif du visa temporaire destiné aux étudiants étrangers diplômés d'une université australienne (visa sous-classe 485). Cette nouvelle hausse des frais de visa, entrée en vigueur le 1er mars 2026, constitue un nouveau coup dur pour les expatriés désireux de rester sur le sol australien.

Coup dur, car les diplômés étrangers dont le visa a expiré en mars ont dû s'acquitter de frais de visa supplémentaires pour espérer rester en Australie. Aucune mise en place progressive : le nouveau tarif a été appliqué immédiatement. Coût drastiquement élevé : l'exécutif australien a doublé les frais de visa, auparavant fixés à 2 300 dollars australiens (1 400 euros). Les frais doublent également pour les personnes à charge (de 1 160 à 2 300 dollars australiens pour les enfants de moins de 18 ans). Seule exception : les ressortissants de certains pays du Pacifique (Samoa, Fidji, Tonga…) bénéficient toujours des anciens tarifs.

L'inquiétude, l'incompréhension et la colère montent chez les étudiants étrangers : il s'agit de la 3e hausse de frais depuis février 2025. Des hausses accompagnées d'autres restrictions : réduction de la durée de séjour des étudiants étrangers diplômés à 3 ans, contre 6 auparavant, abaissement de l'âge d'admissibilité au visa d'étudiant diplômé à 35 ans, contre 50 ans avant la réforme. Des exceptions existent, par exemple, pour les titulaires d'un master recherche ou d'un doctorat. Autre exception : les détenteurs d'un passeport hongkongais ou d'un passeport britannique d'outre-mer peuvent rester 5 ans en Australie.

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Visa post-étude : comment expliquer cette nouvelle hausse ?

Avec cette nouvelle hausse des frais de visa, l'Australie devient une destination d'études hors de prix : plus chère que les États-Unis, le Canada, la Nouvelle-Zélande et le Royaume-Uni, pourtant classés comme les destinations les plus prisées et les plus onéreuses pour les étudiants étrangers.

Très prisé par les étrangers qualifiés, le visa temporaire pour diplômés (sous-classe 485) est l'une des voies privilégiées pour intégrer le marché du travail australien. Le gouvernement australien justifie néanmoins ce nouveau durcissement, qui s'inscrit dans sa politique d'immigration. L'exécutif rappelle que le visa reste avantageux, puisqu'il offre aux expatriés un droit au travail illimité, une possibilité d'accéder au marché du travail interne… Les familles des expats bénéficient également de conditions favorables.

Les avantages du visa post-études 485 parviennent-ils à contrebalancer le nouveau prix exorbitant du visa ? Les étudiants étrangers et les syndicats étudiants ne cachent pas leur désarroi. Les étudiants estiment être « utilisés » par le gouvernement australien, qui s'intéresserait davantage à leur argent. Ils rappellent qu'ils luttent déjà pour s'intégrer sur le marché du travail australien, qui aurait tendance à les exclure.

Visa hors de prix, mais pénuries de main-d'œuvre

Cette nouvelle hausse serait-elle un moyen de limiter le nombre d'étrangers qualifiés tout en augmentant les recettes de l'État ? Des économistes mettent en garde contre ces hausses de coûts continues. Car l'Australie continue de lutter contre des pénuries de main-d'œuvre dans des secteurs essentiels, tels que la construction, l'agriculture, l'industrie, le commerce de détail et la santé.

Selon le Bureau national des statistiques, 337 900 postes demeureraient vacants en février 2026. C'est 2,7 % de plus qu'en novembre 2025. D'après le rapport de l'exécutif, le taux national de pourvoi des emplois a baissé à 68,2 % en mars 2026, contre 70,2 % en septembre 2025. À cela s'ajoutent une crise démographique et une inégale répartition de la population sur le territoire. Sans surprise, les locaux et les étrangers se regroupent plutôt dans les grandes villes. Les pénuries de main-d'œuvre et le déclin de la population sont plus importants dans les zones rurales.

Dans ce contexte, l'immigration joue un rôle clé. Le contexte semble néanmoins favoriser un discours et des mesures fermes. Le 8 juin, le Premier ministre travailliste Anthony Albanese a annoncé que l'Australie réduirait « l'immigration nette au cours des deux prochaines années pour la ramener à 225 000 personnes ». Un « bon chiffre », selon Albanese, qui entend contrer la montée de l'extrême droite dans les sondages. Selon les chiffres officiels, l'immigration nette a atteint 306 000 personnes en 2025. Un chiffre en baisse : l'immigration nette s'est établie à 429 000 en 2024.

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Étudier en Australie : faut-il réévaluer son projet d'expatriation ?

Le Premier ministre australien veut néanmoins inscrire sa politique dans une vision large de cohésion sociale. Une vision qui rappelle que près d'un Australien sur deux a un parent né à l'étranger. Un véritable « atout national », selon Albanese, pour qui l'arrivée de personnes « venues du monde entier » constitue une richesse. Une richesse, mais un défi pour les diplômés étrangers souhaitant rester sur le territoire. Il existe bien d'autres voies d'immigration, sous réserve d'être éligible.

Étudier en Australie sera-t-il bientôt un rêve inaccessible ? C'est ce que craignent les étudiants étrangers. Il faudrait aussi craindre une perte de popularité des universités australiennes, au profit d'autres établissements, moins onéreux. Un nouveau coup dur pour l'Australie, qui cherche toujours à attirer des talents étrangers.

Ce nouveau durcissement oblige les expats à reconsidérer leur projet ; la même conséquence s'applique aux candidats à l'expatriation. Les étrangers optant pour les études longues redoubleront de prudence, à cause de la limite d'âge à 35 ans. Un diplôme obtenu plus tardivement que prévu pourrait les empêcher de prétendre au visa sous-classe 485 (car ils auraient dépassé la limite d'âge). Ce refus serait effectif même en cas de validation du diplôme. D'où l'importance de bien planifier son programme d'études.
Les chiffres officiels montrent l'efficacité des durcissements réguliers actés par l'exécutif : en 2025, le nombre de visas temporaires de diplômés a baissé de 33 %; le nombre de visas étudiants a chuté de 43 %.

Lien utile :

Visa temporaire de travail pour étudiant étranger diplômé

Travailler en Australie

Scolarité et études
études
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Asaël Häzaq
À propos de l'auteur

Rédactrice web spécialisée en actualité politique et socio-économique, Asaël Häzaq observe et décrypte les tendances de la conjoncture internationale. Forte de son expérience d'expatriée au Japon, elle propose conseils et analyses sur la vie d'expatrié : choix du visa, études, recherche d'emploi, vie de travail, apprentissage de la langue, découverte du pays. Titulaire d'un Master II en Droit - Sciences politiques, elle a également expérimenté la vie de nomade numérique.

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