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Et si le climat devenait un critère essentiel de votre expatriation ?

Vie pratique 7 min de lecture
forte chaleur© Sandsun / Envato Elements

L'Europe suffoque sous une canicule historique ; le Canada fait face à des incendies de forêt de plus en plus fréquents, tandis que certaines régions d'Asie enchaînent les vagues de chaleur et les inondations. Les événements climatiques extrêmes ne sont plus exceptionnels : ils s'installent durablement dans le quotidien de nombreux pays.

En 2024, la température moyenne mondiale a atteint un niveau record, environ 1,55 °C au-dessus de la moyenne de l'ère préindustrielle, faisant de cette année la plus chaude jamais enregistrée. Les conséquences sont déjà bien réelles. Selon le Lancet Countdown 2025, la mortalité liée à la chaleur a augmenté de 23 % depuis les années 1990, avec une moyenne de 546 000 décès par an entre 2012 et 2021.

Pour les expatriés, ces chiffres ne sont pas de simples statistiques. Le changement climatique influence désormais le choix d'une destination, les conditions de travail, le logement, la santé, le coût de la vie et parfois même la décision de rester ou non dans un pays. Comment s'y préparer ? Quels sont les principaux risques ? Et quelles précautions prendre avant et après son installation ?

Le changement climatique bouleverse les conditions de vie

Les effets du réchauffement climatique vont bien au-delà de la hausse des températures. Les épisodes de chaleur extrême deviennent plus fréquents et plus longs, mais ils s'accompagnent aussi d'incendies de forêt, de précipitations exceptionnelles, de sécheresses prolongées et d'une multiplication des catastrophes naturelles.

Le Lancet Countdown 2025 estime qu'en 2024, l'exposition à la chaleur a entraîné une perte potentielle de 640 milliards d'heures de travail dans le monde, soit environ 1 090 milliards de dollars de pertes de productivité. Les conséquences concernent aussi bien les travailleurs locaux que les expatriés.

L'Europe en première ligne

La vague de chaleur qui a touché l'Europe en juin 2026 illustre parfaitement cette nouvelle réalité. Un puissant dôme de chaleur a fait grimper les températures au-delà de 40 °C dans plusieurs pays, notamment en Espagne, en Italie, au Portugal, en France et dans les Balkans. Des records ont été battus dans de nombreuses villes, tandis que les autorités ont multiplié les alertes sanitaires.

Selon World Weather Attribution, près de 45 % des 850 villes européennes étudiées ont égalé ou dépassé leurs précédents records de température pour un mois de juin. Les chercheurs estiment également qu'un épisode de cette intensité aurait été environ 3,5 °C moins chaud dans les années 1970, ce qui met en évidence le rôle du changement climatique dans l'intensification des vagues de chaleur.

Les conséquences ont été multiples : fermeture d'écoles, restrictions de certaines activités professionnelles, perturbations des transports, incendies de forêt, coupures d'électricité et ouverture de centres de rafraîchissement dans plusieurs pays. L'Organisation mondiale de la Santé a estimé que cet épisode avait déjà provoqué plus de 1 300 décès excédentaires en Europe quelques jours seulement après le début de la vague de chaleur.

Pour les expatriés installés en Europe, ces épisodes rappellent que les risques climatiques ne concernent plus uniquement les destinations traditionnellement associées aux fortes chaleurs.

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Toutes les destinations ne sont pas exposées aux mêmes risques

Le changement climatique ne se manifeste pas de la même manière selon les régions.

Au Moyen-Orient, certaines villes dépassent désormais régulièrement 50 °C en été. En 2025, les Émirats arabes unis ont enregistré 51,6 °C à Abou Dhabi, un niveau exceptionnel même pour cette région.

En Inde, les vagues de chaleur deviennent plus longues et plus intenses. Elles s'ajoutent à une pollution atmosphérique qui constitue déjà un défi majeur pour la santé publique. Même si le pays se réchauffe moins rapidement que les régions polaires, les scientifiques rappellent que les populations tropicales restent particulièrement vulnérables aux fortes chaleurs associées à une humidité élevée.

Le Canada, souvent associé à un climat froid, est lui aussi fortement touché. Les incendies de forêt se multiplient, dégradant la qualité de l'air jusque dans les grandes villes. Les autorités rappellent également que le pays se réchauffe environ deux fois plus vite que la moyenne mondiale.

Dans le sud de l'Europe, les sécheresses et les feux de forêt deviennent plus fréquents, tandis que certaines régions d'Asie, des Caraïbes et de l'océan Indien doivent composer avec des cyclones plus intenses ou encore des hivers plus froids que d'habitude.

Aucune destination n'est totalement épargnée. En revanche, les risques varient selon les régions et méritent d'être pris en compte avant une expatriation.

Au-delà de la chaleur : de nouveaux défis pour les expatriés

Le changement climatique ne se résume pas aux canicules. Les expatriés peuvent également être confrontés à d'autres risques tels que les incendies de forêt et à la dégradation de la qualité de l'air, les inondations susceptibles de perturber les transports ou d'endommager les logements, les coupures d'électricité lors des épisodes climatiques extrêmes, les pénuries ou restrictions d'eau, ou encore une augmentation de certaines maladies transmises par les moustiques, comme la dengue ou le chikungunya, dans des régions jusqu'alors peu concernées. Ces événements peuvent compliquer le quotidien mais aussi avoir des conséquences financières, notamment lorsque le logement ou l'activité professionnelle sont touchés.

Un impact sur la santé physique et mentale

Les conséquences sanitaires sont aujourd'hui bien documentées. Une chaleur excessive augmente les risques de déshydratation, de coup de chaleur, d'épuisement, de troubles cardiovasculaires ou respiratoires. Les enfants, les femmes enceintes, les personnes âgées et celles souffrant de maladies chroniques restent les plus vulnérables.

La qualité de l'air constitue un autre enjeu. Les fumées des incendies, les pics de pollution ou encore les concentrations élevées d'ozone peuvent provoquer ou aggraver des maladies respiratoires, notamment chez les personnes asthmatiques.

Les spécialistes observent également un impact sur la santé mentale. Les épisodes climatiques extrêmes ont tendance à favoriser l'anxiété, les troubles du sommeil, l'irritabilité ou encore les épisodes dépressifs. En France, les admissions aux urgences psychiatriques auraient augmenté d'environ 10 % lors des épisodes de fortes chaleurs.

Pour les expatriés, ces difficultés peuvent être accentuées par l'éloignement de la famille, la découverte d'un nouvel environnement et l'absence de repères.

Travailler dans un climat plus extrême

Fort heureusement, les entreprises adaptent progressivement leurs pratiques face aux risques climatiques. Dans certains pays, les horaires de travail sont modifiés afin d'éviter les heures les plus chaudes de la journée. Les secteurs du bâtiment, de l'agriculture et de la logistique sont particulièrement concernés. Lorsque c'est possible, certaines entreprises privilégient également le télétravail lors des épisodes de chaleur intense. Les travailleurs expatriés doivent donc rester attentifs aux recommandations de leur employeur et des autorités locales, notamment lorsqu'ils exercent en extérieur.

Choisir son logement devient un enjeu climatique

Le confort thermique est désormais un véritable critère de choix. Dans de nombreuses villes, certains logements se transforment rapidement en véritables « bouilloires thermiques » lors des vagues de chaleur. Une mauvaise isolation ou une exposition directe au soleil peuvent rendre le logement difficilement habitable, tout en augmentant fortement les dépenses énergétiques. Avant de signer un bail dans votre pays d'accueil, il est conseillé de vérifier la qualité de l'isolation, l'exposition du logement, la ventilation naturelle, la présence de volets ou de protections solaires, les performances du système de climatisation, s'il existe, ainsi que les risques d'inondation ou d'incendie dans le quartier.

Quelques gestes simples permettent également de conserver davantage de fraîcheur :

  • aérer tôt le matin ou durant la nuit ;
  • fermer les volets pendant les heures les plus chaudes ;
  • limiter l'utilisation des appareils produisant de la chaleur ;
  • privilégier des rideaux ou stores de couleur claire ;
  • installer des plantes lorsque cela est possible.

Penser aussi à son assurance

Les catastrophes naturelles peuvent avoir des conséquences importantes sur un projet d'expatriation. Avant le départ, il est utile de vérifier que son assurance habitation couvre les risques climatiques propres au pays d'accueil. Pensez également à vérifier si votre assurance santé prévoit une prise en charge adaptée en cas d'évacuation ou d'urgence liée à une catastrophe naturelle. Certaines garanties diffèrent fortement selon les pays et les compagnies d'assurance.

Bien préparer son expatriation

Avant de partir, quelques vérifications peuvent faciliter l'installation :

  • Se renseigner sur les principaux risques climatiques de la région ;
  • Télécharger les applications locales d'alerte météo ;
  • Identifier les numéros d'urgence ;
  • Prévoir une batterie externe en cas de coupure d'électricité ;
  • Constituer une petite réserve d'eau et de médicaments ;
  • Connaître les procédures d'évacuation mises en place par les autorités locales.

Observer les habitudes des habitants est également un excellent moyen de s'adapter. Les locaux connaissent généralement les meilleures pratiques pour vivre avec les contraintes climatiques de leur région.

Adapter son quotidien à la canicule

Les recommandations restent souvent simples, mais elles permettent de réduire efficacement les risques :

  • Éviter les sorties durant les heures les plus chaudes ;
  • Boire régulièrement de l'eau, même sans sensation de soif ;
  • Porter des vêtements légers et de couleur claire ;
  • Appliquer une protection solaire adaptée ;
  • Privilégier les activités sportives tôt le matin ou en soirée ;
  • Prendre une douche tiède plutôt que glacée pour éviter un choc thermique ;
  • Suivre les alertes diffusées par les autorités locales.

Quand le climat devient un nouveau critère de l'expatriation

Le coût de la vie, les opportunités professionnelles ou les démarches administratives restent certes des critères essentiels lorsqu'on envisage une nouvelle vie à l'étranger. Mais le changement climatique s'impose désormais comme un élément supplémentaire à prendre en compte. Il ne s'agit pas de renoncer à l'expatriation mais de mieux anticiper les réalités du pays d'accueil. Comprendre les risques climatiques, choisir un logement adapté, vérifier ses assurances et adopter les bons réflexes permettent de profiter de sa nouvelle vie plus sereinement dans un environnement appelé à évoluer encore au cours des prochaines décennies.

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Asaël Häzaq
À propos de l'auteur

Rédactrice web spécialisée en actualité politique et socio-économique, Asaël Häzaq observe et décrypte les tendances de la conjoncture internationale. Forte de son expérience d'expatriée au Japon, elle propose conseils et analyses sur la vie d'expatrié : choix du visa, études, recherche d'emploi, vie de travail, apprentissage de la langue, découverte du pays. Titulaire d'un Master II en Droit - Sciences politiques, elle a également expérimenté la vie de nomade numérique.

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