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Zéro impôt à l'étranger : le rêve fiscal qui peut tourner au piège

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photobyphotoboy / Envato Elements
Écrit parAsaël Häzaqle 21 Mai 2026

Vivre dans un pays sans payer d'impôt : un rêve pour nombre d'expats qui choisissent justement leur destination en fonction de sa politique fiscale. Mais le pays « zéro impôt » pour les étrangers existe-t-il vraiment ? Quels sont les risques financiers cachés auxquels il faut prêter attention ?


 

Quels sont les pays « zéro impôt sur le revenu » en 2026 ?

S'expatrier pour payer moins d'impôts : vous n'êtes pas le premier à y penser. L'idée séduit un certain nombre de candidats à l'expatriation, notamment les plus fortunés. Les États l'ont bien compris et bataillent pour attirer les étrangers.

Les Émirats arabes unis (EAU), le Qatar, le Koweït, l'Arabie saoudite, Oman, le Bahreïn, les îles Caïman, les îles Vierges britanniques, Brunei, le Vanuatu, Saint-Kitts-et-Nevis et les Bahamas font partie des États qui ne prélèvent aucun impôt sur les revenus des particuliers. Pour le dire autrement : leurs revenus ne seront pas imposés dans ces pays. 

Quelques particularités

  • Monaco : aucun impôt sur le revenu des personnes physiques… sauf si elles sont de nationalité française.
  • Arabie saoudite : l'exonération d'impôt sur le revenu concerne les étrangers travaillant dans l'État saoudien, notamment ceux exerçant dans les secteurs de la santé, du pétrole, du gaz, de la construction et de l'éducation : leurs salaires sont exonérés d'impôt. 
  • Bermudes : les salariés conservent l'intégralité de leur salaire, mais les entreprises doivent payer une taxe sur ces salaires.

Exonérations : quels impôts sont concernés ?

Si les riches expatriés apprécient autant ces États, c'est que leur politique fiscale permet d'échapper à un certain nombre d'impôts : l'impôt sur le revenu, mais aussi l'impôt sur les gains en capital (bénéfices réalisés à la suite d'une vente de biens immobiliers ou d'actifs boursiers), les droits de succession (les héritiers échappent à l'impôt) et l'impôt sur la fortune (le patrimoine des expatriés est exonéré d'impôt). Les expatriés qui possèdent une entreprise peuvent échapper à l'impôt sur les sociétés. 

Bien entendu, tout dépend des règles du pays d'expatriation. Par exemple, le Vanuatu ne prélève pas d'impôt sur le revenu des particuliers, sur leurs gains en capital et sur les successions ; il ne prélève pas non plus d'impôt sur les sociétés. Au Qatar, il n'y a aucun impôt sur le revenu des particuliers ; mais l'État fédéral a instauré un impôt sur les sociétés : 10 % sur les bénéfices réalisés localement par les sociétés étrangères.

Expatriation dans un pays fiscalement attractif : attention aux risques financiers

L'expatriation dans un « paradis fiscal » n'est pas sans risque. L'exonération fiscale dans le pays d'expatriation n'exempte pas l'expatrié de ses autres obligations, notamment envers son pays d'origine.

Domicile fiscal et imposition

L'expatriation n'implique pas forcément un changement de domicile fiscal (ou de résidence fiscale). Si le domicile fiscal de l'expatrié se situe dans son pays d'origine, il continuera de payer des impôts dans le pays d'origine (notamment l'impôt sur le revenu, si son pays l'applique). Pour éviter la double imposition, de nombreux pays ont mis en place des conventions de non-imposition. On recommande de solliciter un expert en fiscalité internationale pour confirmer quels revenus seront considérés comme « de source étrangère » ou « de source locale », et quelle imposition sera appliquée.

Droits de succession applicables malgré l'expatriation

La résidence fiscale des héritiers peut aussi avoir une incidence sur les droits de succession, même en cas d'expatriation. Par exemple, un héritier non-résident fiscal de son pays d'origine pourra devoir payer des impôts, tant dans le pays d'origine que dans le pays d'expatriation ; tout dépend des conventions existantes entre les deux États (convention de non-double imposition). En l'absence de convention, l'expatrié risque d'être imposé deux fois.

Exit tax

Se défaire de son patrimoine avant de s'expatrier n'est peut-être pas une bonne solution. Car certains États ont mis en place l'exit tax : un impôt sur les plus-values latentes (sur les actions, les parts sociales…), même lorsqu'elles ne sont pas encore cédées. Cet impôt vise justement les futurs expatriés tentés de contourner l'impôt. 

Pays sans impôt sur le revenu : attention aux taxes indirectes

C'est la question que se pose tout bon candidat à l'expatriation voulant optimiser ses revenus. Le « zéro impôt sur le revenu » cache-t-il des taxes cachées ? Bien entendu, la réalité est parfois moins paradisiaque que la carte postale. Les risques financiers sont bien présents, et imposent la plus grande prudence. Le conseil vaut particulièrement pour les expatriés entrepreneurs et/ou investisseurs. 

TVA et accises : quels pays les appliquent ?

L'expatriation dans un pays fiscalement très attractif ne signifie pas qu'on ne paiera plus jamais d'impôts. Certains des « paradis fiscaux » appréciés des expatriés appliquent un impôt indirect, qui doit être payé par tous : la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) et/ou des accises : des taxes particulières frappant certains produits de consommation.

Depuis 2018, les EAU prélèvent une TVA de 5 % et des accises sur les boissons sucrées, les boissons énergisantes, ou encore le tabac. L'État prévoit néanmoins de possibles remboursements de la TVA pour les étrangers éligibles. 

D'autres pays du Golfe ont aussi réintroduit la TVA : 

  • L'Arabie saoudite : 15 % depuis le 1er juillet 2020, avec des accises comprises entre 50 % et 100 %. Elles touchent notamment les boissons gazeuses (50%), les boissons énergétiques (100%) et le tabac.
  • Oman : 5 % depuis 2021, avec des accises de 100 % sur le tabac et les produits dérivés, les boissons énergétiques, les produits contenant du porc et l'alcool. Les boissons sucrées sont taxées à 50 %.
  • Le Bahreïn : 10 % depuis le 1er janvier 2022, avec des accises de 100 % sur le tabac et les boissons énergétiques, et 50 % sur les boissons énergétiques. 

Les Bahamas, le Vanuatu, Monaco appliquent également une TVA standard (respectivement 10 %, 15 %, et 20 %). Après une baisse de sa TVA à 13 % en février 2025, Saint-Kitts-et-Nevis est revenu à une TVA de 17 % dès juillet 2025.

En revanche, pas de TVA au Koweït, au Brunei, aux îles Caïman, aux îles Vierges britanniques et au Qatar. Une loi sur la TVA a bien été promulguée au Qatar en 2018, avec une mise en œuvre attendue en 2026, mais aucune date d'entrée en vigueur n'a été actée.

Taxes prélevées sur les entreprises étrangères

Certains pays prélèvent des taxes sur les entreprises étrangères : c'est le cas des EAU, d'Andorre, du Bahreïn, de Monaco, de Saint-Kitts-et-Nevis, ou encore du Qatar. Ces mêmes États peuvent néanmoins offrir un cadre fiscal attractif, malgré les taxes, pour continuer d'attirer les investisseurs et entrepreneurs expatriés. Exemple avec les zones franches spécialement conçues pour les sociétés étrangères. Au Qatar, les entreprises étrangères établies dans une zone franche sont exonérées d'impôt pendant 20 ans. Monaco prélève un impôt de 25 % sur les sociétés étrangères réalisant plus de 25 % de leur chiffre d'affaires à l'étranger. Depuis 2023, les EAU appliquent une « corporate tax » de 9 % sur les bénéfices des entreprises étrangères supérieurs à 375 000 dirhams émiratis (102 110 dollars).

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A propos de

Rédactrice web spécialisée en actualité politique et socio-économique, Asaël Häzaq observe et décrypte les tendances de la conjoncture internationale. Forte de son expérience d’expatriée au Japon, elle propose conseils et analyses sur la vie d’expatrié : choix du visa, études, recherche d’emploi, vie de travail, apprentissage de la langue, découverte du pays. Titulaire d’un Master II en Droit - Sciences politiques, elle a également expérimenté la vie de nomade numérique.

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