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Quand déclarer ses impôts quand on est expatrié ?

formulaire d'impots
Mehaniq41 / Envato Elements
Écrit parAsaël Häzaqle 02 Avril 2026

La saison de la déclaration des revenus est sur le point de commencer. Si le langage courant retient souvent « déclaration d'impôts », il s'agit en fait de déclarer ses revenus. Une déclaration qui peut vite devenir compliquée lorsqu'on vit à l'étranger : quelle année fiscale retenir ? Jusqu'à quand peut-on déclarer ses impôts ? Que se passe-t-il si l'on s'expatrie en cours d'année fiscale ?

Période de déclaration de revenus / année fiscale : de quoi parle-t-on ?

Avant de se pencher sur les calendriers fiscaux des différentes régions du monde, une clarification des définitions s'impose. Y a-t-il une différence entre la période de déclaration des revenus ou la période des impôts (season tax) et l'année fiscale (tax year) ? La réponse est oui. Les deux expressions ne ciblent pas tout à fait la même chose.

Période de déclaration des revenus (season tax)

Comme son nom l'indique, la période de déclaration de revenus est un temps délimité durant lequel les expatriés et les locaux doivent déclarer leurs revenus perçus l'année fiscale précédente. En 2026, les expatriés vivant au Canada ont jusqu'au 30 avril 2026 pour déclarer leurs revenus de 2025.

Année fiscale (tax year)

L'année fiscale est aussi une période déterminée : mais ici, il s'agit de la période fixée pour comptabiliser les revenus des particuliers ou des entreprises qui seront retenus pour calculer l'impôt sur le revenu. L'année fiscale peut être la même que l'année calendaire (année civile). Mais il peut arriver qu'elle soit différente de l'année civile. C'est le cas, par exemple, pour certaines entreprises. Dans ce cas, la déclaration de revenus prendra en compte l'année fiscale retenue pour l'entreprise concernée. Selon leur situation, les expatriés ont tout intérêt à vérifier soigneusement l'année fiscale retenue pour comptabiliser leurs revenus de l'année précédente.

Déclarer ses revenus : les années fiscales selon les pays

Un certain nombre de pays calquent l'année fiscale sur l'année civile. L'année fiscale commence donc le 1er janvier et se termine le 31 décembre. Mais il existe des pays qui appliquent une année fiscale différente de l'année calendaire.

À noter que les entreprises peuvent opter pour une année fiscale différente de l'année civile, sous réserve d'obtenir les autorisations nécessaires et sous réserve des limites imposées par les lois du pays d'expatriation.

Pays où l'année fiscale est la même que l'année civile

Dans la plupart des pays d'Europe, d'Afrique et d'Amérique du Nord et du Sud, l'année fiscale est la même que l'année civile : États-Unis, Canada, Argentine, Brésil, Sénégal, Cameroun, Algérie, Cap-Vert, Comores, Égypte, Tunisie, Belgique, France, Allemagne, Grèce, Lettonie, Estonie, Lituanie, etc. Des pays asiatiques, comme l'Ouzbékistan, la Chine, la Corée du Sud et le Vietnam, adoptent également ce système.

Pays où l'année fiscale diffère de l'année calendaire

Namibie : du 1er avril au 31 mars de l'année suivante.

Royaume-Uni : du 6 avril au 5 avril de l'année suivante.

Australie : du 1er juillet au 30 juin de l'année suivante.

Maurice : du 1er juillet au 30 juin de l'année suivante.

Japon, Nouvelle-Zélande et Inde : du 1er avril au 31 mars de l'année suivante.

Jusqu'à quand peut-on déclarer ses revenus ? Le calendrier des expatriés

Pour rappel, il est courant d'entendre et de lire que l'on « déclare ses impôts ». Il s'agit d'une confusion : on déclare ses revenus de l'année fiscale précédente en vue de payer (ou non) des impôts. Reste à bien identifier la date limite à laquelle envoyer sa déclaration. En général, les délais peuvent être rallongés si l'expatrié déclare ses revenus en ligne. Tour d'horizon.

Dates limite en avril

Estonie : entre le 16 février et le 30 avril.

Philippines, États-Unis : 15 avril.

Singapour : 18 avril.

Chili, Mexique, Canada : 30 avril.

Brésil : généralement le 30 avril

Date limite en mai

Suède : jusqu'au 2 mai (au plus tard le 4 mai).

Pays-Bas : avant le 1er mai.

Corée du Sud : jusqu'au 31 mai.

Date limite en juin

Espagne : entre le 2 avril et le 30 juin.

Grèce : date limite le 30 juin de l'année en cours.

France : entre mai et juin, selon le département de résidence.

Cas du Royaume-Uni

Royaume-Uni : selon leur situation, les expatriés sont susceptibles de recourir à « l'auto-évaluation » (self-assessment) : le système permet à l'administration fiscale britannique (HMRC) d'évaluer les revenus étrangers et les revenus provenant des travailleurs indépendants. Dans ce cas, les délais pour déclarer ses revenus s'étendent du 6 avril au 31 octobre. Ils s'étendent jusqu'au 31 janvier de l'année suivante si la déclaration a été faite en ligne.

Faut-il encore déclarer ses impôts quand on est prélevé à la source ?

Un grand nombre de pays appliquent le prélèvement à la source : Corée du Sud, Canada, États-Unis, la plupart des pays européens… Néanmoins, ce prélèvement ne signifie pas qu'il ne faut plus déclarer ses revenus.

Expatriation en cours d'année fiscale : quelles conséquences ?

Tout d'abord, l'administration fiscale du pays que l'on quitte doit être informée que l'on part à l'étranger : elle doit connaître la nouvelle adresse de l'expatrié. Les États ont renforcé leurs mesures pour lutter contre l'évasion fiscale. Quitter le pays pour espérer échapper à l'impôt expose au contraire à un sévère redressement fiscal.Autre point à éclaircir : la résidence fiscale. Même s'il a déménagé à l'étranger, l'expatrié peut toujours être considéré comme un résident fiscal du pays qu'il a quitté. En cas d'expatriation en cours d'année fiscale, l'expatrié devra de toute manière déclarer les revenus gagnés avant le déménagement et effectuer cette déclaration dans le pays qu'il a quitté. Mais il devrait aussi remplir sa déclaration de revenus pour le nouveau pays d'expatriation. Pour éviter la double imposition, de nombreux pays ont signé des conventions de non-double imposition. Mieux vaut se renseigner auprès d'un expert en fiscalité internationale.

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A propos de

Rédactrice web spécialisée en actualité politique et socio-économique, Asaël Häzaq observe et décrypte les tendances de la conjoncture internationale. Forte de son expérience d’expatriée au Japon, elle propose conseils et analyses sur la vie d’expatrié : choix du visa, études, recherche d’emploi, vie de travail, apprentissage de la langue, découverte du pays. Titulaire d’un Master II en Droit - Sciences politiques, elle a également expérimenté la vie de nomade numérique.

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