
Top départ des déclarations en ligne : le service est ouvert depuis le 9 avril. Il reste bien entendu possible d'opter pour la déclaration sur papier. Si le prélèvement à la source allège les démarches (les déclarations sont préremplies), il reste néanmoins des points à compléter et à vérifier. Qu'ils soient étrangers résidant en France ou Français vivant à l'étranger, mais payant leurs impôts en France, à quoi doivent s'attendre les expatriés ?
Impôts : à quoi faut-il s'attendre en 2026 ?
Barème de l'impôt, déclaration du couple, résidence secondaire… Quels sont les principaux changements de cette année ?
Prélèvement à la source et déclaration du couple
C'est l'un des changements majeurs de 2026. Le taux individualisé, inauguré en septembre 2025, s'applique désormais par défaut. C'est une avancée pour le conjoint qui gagne le moins de revenus. Car jusqu'alors, c'était le taux du foyer qui s'appliquait de manière égale (5,8 % pour chaque conjoint). Problème : celui qui gagnait moins devait supporter une charge égale à celle de son conjoint qui gagnait plus. Il payait donc plus que ce qu'il aurait normalement payé si son revenu réel avait été pris en compte.
Le taux individualisé change la donne, puisque désormais un taux différencié sera par défaut appliqué à chaque conjoint, en fonction de ses revenus propres. Le montant total de l'impôt ne change pas, mais chacun paie en fonction de ses revenus réels. Nombre de femmes saluent la mesure, plus juste fiscalement. Car en France, les femmes gagnent en moyenne 22 % de moins que les hommes.
Taux individualisé : que faut-il vérifier ?
Revenus : en principe, l'expatrié résidant en France est imposable sur ses revenus d'origine française et étrangère, sous réserve des dispositions de la convention fiscale entre la France et son pays. Il doit aussi tenir compte des sources de revenus potentiellement imposables, telles que les locations saisonnières ou les ventes entre particuliers, si elles dépassent le seuil fixé.
Retraite : si un plan d'épargne retraite a été ouvert, il doit être déclaré.
Pension : elle doit également être déclarée.
Enfants : il faut s'assurer que la case « T » est bien cochée. Elle indique que le conjoint a des enfants scolarisés et permet de bénéficier d'avantages fiscaux.
S'ils en font la demande, les conjoints pourront revenir au système indifférencié.
Révision du barème de l'impôt
Comme chaque année, les tranches d'imposition sont revalorisées pour tenir compte de l'inflation. La loi de Finances promulguée le 19 février 2026 prévoit une revalorisation de 0,9 %. Les 5 tranches d'imposition se présentent désormais comme suit :
Revenu annuel 2025 imposable (une part) → taux d'imposition
- Jusqu'à 11 600€ 0 %
- De 11 601 à 29 579€ 11 %
- De 29 580 à 84 577€ 30 %
- De 84 578 à 181 917€ 41 %
- Plus de 181 917€ 45 %
Les expatriés résidents fiscaux en France peuvent utiliser le simulateur de calcul des impôts proposé par le gouvernement. Attention : l'outil ne fonctionne que si la personne réside en France.
Déclaration des très hauts revenus
Avis aux riches expatriés. La loi de Finances 2026 a maintenu la Contribution différentielle sur les hauts revenus (CDHR). Créée en 2025, la CDHR est un « impôt » qui s'ajoute à celui payé par les très hauts revenus. En 2026 sont concernées les personnes seules dont le revenu fiscal de référence dépasse 250 000 euros en 2025 et les couples dont le revenu dépasse 500 000 euros en 2025. La CDHR instaure une imposition d'au moins 20 %.
Déclarer tous ses biens immobiliers
L'investissement dans la pierre est une valeur sûre, même en temps de crise. Les expatriés en France et les Français de l'étranger l'ont bien compris : l'investissement immobilier reste l'un des placements les plus prisés des expatriés. Les propriétaires devront néanmoins prendre en compte les dernières mesures fiscales de 2026.
En 2025, les propriétaires étaient appelés à déclarer leurs biens immobiliers (résidence principale, résidence secondaire, logements en location…). Ils avaient jusqu'au 1er juillet 2025 pour le faire. La déclaration de revenus 2026 permet néanmoins de déclarer tous ses biens immobiliers si la démarche n'a pas été faite en 2026.
Attention :
- Désormais, les particuliers qui occupent ou louent une résidence secondaire sans en être propriétaires devront la déclarer.
- Si un déménagement a eu lieu en 2025, il convient de le mentionner dans sa déclaration de revenus, même si l'information a déjà été communiquée à l'administration fiscale.
Loueurs de meublés non professionnels (LMNP)
Désormais, les revenus de source étrangère des non-résidents fiscaux en France sont retenus pour définir s'il y a lieu d'appliquer le statut de loueur professionnel (LMP). Les non-résidents ne doivent donc plus répertorier uniquement leurs revenus imposables en France, mais doivent aussi intégrer les revenus « soumis à un impôt équivalent à l'impôt sur le revenu dans l'État de résidence. »
Pour les autres expatriés, le seuil du régime du micro-BIC baisse à 15 000 euros de revenus, contre 77 700 euros avant la réforme. L'abattement forfaitaire des locations meublées de tourisme « non classées » plonge à 30 %, contre 50 % auparavant. Le nouveau système, 70 % des revenus seront donc imposables, contre 50 % avant la réforme.
L'abattement est réduit à 50 % pour les locations de meublés et de chambres d'hôtes (71 % avant la réforme). Le plafond de revenus locatifs annuels baisse à 77 700 euros, contre 188 700 euros avant la réforme.
Ces mesures restrictives sont la mise en œuvre de la loi Le Meur, promulguée en 2024, plus connue sous le nom de « loi anti-Airbnb ». Reprise dans la loi de Finances 2026, la « loi anti-Airbnb » durcit la fiscalité des LMNP.
Pour rappel, « micro » vient de « micro-entreprise », et « BIC » de « bénéfices industriels et commerciaux ». Les BIC sont les revenus qu'une personne physique tire de son activité commerciale. Il existe 3 systèmes de BIC, correspondant à 3 régimes fiscaux : micro-BIC, réel simplifié et réel normal. Charge à l'expatrié de vérifier chaque année s'il ne dépasse pas les seuils de son régime fiscal. En cas de dépassement répété, il devra changer de régime. La procédure étant technique, le recours à un expert-comptable est fortement recommandé.
Dons et réductions d'impôts
Les expatriés et les locaux sont toujours invités à faire des dons à des associations. Ces dernières mettent d'ailleurs en avant la forte déduction fiscale : 75 %. Mais désormais, il existe des taux différents. La déduction fiscale de 75 % n'est accordée qu'en cas de don effectué à une association qui aide les personnes en difficulté ou les victimes de violence. Dans ces cas, le plafond de réduction d'impôt est porté à 2 000 euros, contre 1 000 euros auparavant. Le changement s'applique aux dons effectués à partir du 14 octobre 2025.
Autres types de dons concernés par la réduction d'impôts :
Les versements effectués auprès d'associations et de fondations d'utilité publique : aide aux sinistrés, restauration du patrimoine religieux, conservation du patrimoine immobilier…
Des pourboires en sursis
La question des pourboires continue de donner des sueurs froides aux expatriés. Faut-il en donner ? En France, la tradition de certaines professions le suggère. Mais aucune obligation. Certains analystes estiment même que les pourboires tirent les salaires vers le bas. Le gouvernement français a-t-il vu dans cette inquiétude une bonne raison de taxer les pourboires ? L'adoption de la loi de Finances en février 2026 enterre la question jusqu'en 2028, date de fin de l'exonération d'impôts sur les pourboires. Mais les règles fiscales entourant les pourboires ne concernent pas les travailleurs indépendants.
Impôts : le calendrier 2026
Comme d'habitude, les particuliers optant pour la déclaration papier auront moins de temps que ceux qui déclarent en ligne. La date limite pour les déclarations papier est en effet fixée au 19 mai. Celle des déclarations en ligne s'étale du 21 mai au 4 juin. Tout dépend du département où vivent les contribuables. S'ils résident dans les départements français n° 1 à n° 19, ils auront jusqu'au 21 mai pour déclarer leurs impôts en ligne. Attention : cette date limite s'applique également aux non-résidents. La date limite est repoussée au 28 mai pour les personnes vivant dans les départements n° 50 à 54, et jusqu'au 4 juin pour ceux vivant dans les départements 55 à 974 et le département 976.
Bon à savoir :
Les non-résidents pourront poser leurs questions lors d'un chat organisé par la DINR mardi 28 avril, de 10 h à 12 h (heure de Paris).
Les non-résidents sont invités à consulter la rubrique International / Particuliers du site impots.gouv.fr. Celle-ci propose, dans ses actualités, plusieurs ressources récemment mises à jour pour les accompagner dans leur déclaration de revenus.
Parmi ces outils figurent :
- un dossier spécial détaillé,
- des tutoriels vidéo,
- des parcours usagers pas à pas
- des fiches pratiques mettant en lumière les points essentiels à connaître pour la campagne déclarative 2025.



















