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Les traditions du printemps dans le monde

printemps
en-belitsky / Envato Elements
Écrit parAsaël Häzaqle 17 Mars 2026

Voilà une pause printanière bienvenue. Symbole de renouveau et de reconnexion avec la nature, le printemps est célébré dans de nombreux pays du monde. Pour les expatriés, c'est l'occasion de découvrir autrement leur pays d'accueil et de s'imprégner d'une culture, d'une ambiance. Tour d'horizon et sélection de 10 traditions pour accueillir le printemps.

Baba Marta en Bulgarie

Également appelée « Martenitza », la Baba Marta est la fête qui annonce le printemps. Chaque premier mars, les Bulgares s'échangent des « martenitsas », de petits fils de laine rouges et blancs, et les épinglent sur leurs vêtements. La coutume veut qu'ils gardent les martenitsas jusqu'à l'arrivée des premiers bourgeons printaniers. Si cette tradition est communément appelée « Baba Marta », c'est en référence à la grand-mère (Baba) du mois de mars (Marta), et donc la grand-mère du printemps. La tradition cherche à attirer ses faveurs, afin de hâter l'arrivée du printemps.

Nowruz en Ouzbékistan 

Observée en Ouzbékistan, et plus largement, dans les pays d'Asie centrale, au Moyen-Orient et en Europe du Sud-Est, Nowruz signifie « nouveau jour » en persan. Il faut se plonger dans l'histoire de l'Empire perse pour retrouver les origines du Nowruz, jour sacré célébrant la renaissance de la nature. Le mot peut également s'écrire « novruz », « nauryz », « nooruz », « navruz » ou « nevruz ». Un nouveau jour qui célèbre la nouvelle année et une nouvelle année qui coïncide avec le premier équinoxe de printemps (vers le 21 mars). Aujourd'hui, le sens premier de la célébration reste : la renaissance de la nature, mais aussi le partage dans la diversité (le Nowruz est fêté par des millions de personnes aux cultures différentes) et les liens familiaux. Des valeurs universelles, qui parlent à l'UNESCO : en 2009, le Nowruz est inscrit au patrimoine culturel immatériel de l'humanité.

Čimburijada en Bosnie

Et si l'on partageait des œufs brouillés pour fêter le printemps ? C'est la tradition de Zenica, ville bosniaque. Chaque année, les habitants se rassemblent dès les premières heures du jour pour un petit-déjeuner dans la nature, au bord de la rivière Bosna. Tout est prêt pour accueillir les nombreux participants : casseroles et tentes géantes, et bien sûr… les œufs. Si l'origine de la fête reste inconnue, sa célébration perdure depuis plus de 100 ans et attire aujourd'hui de nombreux curieux. De locale, la fête de la Čimburijada est devenue internationale. L'ambiance est bien sûr au rendez-vous : musique, danse, chants, jeux pour adultes et enfants… Preuve qu'un simple repas matinal peut rassembler des milliers de personnes d'origines diverses.

Topienie Marzanny en Pologne

« Noyer Marzanna ». À l'origine de cette tradition polonaise se trouve la légende d'une déesse slave de la mort et de l'hiver, nommée Marzanna. D'ailleurs, le mot partagerait la même racine que le mot ayant donné « la mort » en français… Mais pourquoi noyer Marzanna ? (une noyade précédée par l'action de la brûler...?) Pour « tuer » symboliquement l'hiver (la mort), et appeler le printemps (la vie). Marzanna est symbolisée par une poupée de paille, que l'on brûle et que l'on noie dans l'eau du fleuve le jour de l'équinoxe de printemps. Aujourd'hui, la fête est surtout pratiquée chez les écoliers.

Holi en Inde 

Le monde connaît Holi, la fête indienne aux mille couleurs. D'ailleurs, la fête est également surnommée « Festival des couleurs ». Chaque année en début mars, l'Inde célèbre l'amour, le Nouvel An lunaire, et l'arrivée du printemps. Là aussi, la célébration tire son origine de la mythologie hindoue. « Holi » vient de la légende de « Holica » qui mourut après avoir été contrainte de s'allonger dans le feu avec son neveu (qui survécut). La nuit de « holika » (qui précède Holi, la fête des couleurs) est ainsi devenue le symbole de la victoire du bien sur le mal. Selon la tradition, si « holika » précède « holi », c'est pour « purifier » le pays avant que les habitants ne célèbrent la fête. Les mille couleurs que se projettent les habitants symboliseraient l'égalité de tous, puisque tous ont la peau « multicolore ». La joie de Holi a largement dépassé les frontières de l'Inde : le Festival des couleurs illumine le Népal, le Pakistan, le Bangladesh, l'île Maurice, le Suriname, l'Australie, le Canada… 

L'équinoxe de printemps de Teotihuacán au Mexique

Une tenue blanche et un foulard rouge pour accueillir le printemps. Telle est la tenue pour se rendre à Teotihuacán, au pied de la pyramide du soleil. Le site archéologique classé au patrimoine mondial de l'UNESCO rassemble locaux et étrangers, entre danses et rites. Démarrage des célébrations à l'aube de l'équinoxe du printemps. Au pied de la pyramide, les participants tentent de « capter l'énergie du soleil ». Le temps file au son des chants et des acclamations, avec des danses. Les connaisseurs sauront qu'à l'origine de cette fête figurent des croyances mystiques. Les Aztèques pratiquaient des sacrifices humains. L'équinoxe de printemps était censé ouvrir une « porte cosmique » provoquant « l'illumination » et apportant une « énergie surnaturelle ». Bien entendu, les sacrifices humains ont disparu. Restent les invocations au pied de la pyramide pour recevoir « l'énergie du soleil » et la fête. 

Hanami au Japon 

« Hanami » vient de « hana » (fleur) et « mi » pour « miru » (voir). Il s'agit donc de « regarder les fleurs ». Derrière cette expression, une tradition ancestrale qui réunit des millions de Japonais et d'étrangers, chaque année, sous les cerisiers. L'affaire est si sérieuse qu'au Japon, un programme météo spécial a été conçu pour être au courant de la floraison des cerisiers (sakuras). Le Hanami tire son origine d'une habitude des nobles de la cour impériale. À l'ère Eian (794-1185), les membres de la cour avaient coutume d'aller composer des poèmes à l'ombre des cerisiers. Là, ils trouvaient l'inspiration parfaite pour composer des poèmes inspirés par les fleurs. L'instant convivial est devenu une pratique en soi, où l'on ne venait plus forcément pour écrire, mais plutôt pour admirer le cycle de la vie, l'éclosion du printemps, la beauté éphémère. Le Hanami d'aujourd'hui a gardé cette essence : on se rassemble en famille, entre amis, entre collègues, dans les parcs pour pique-niquer et flâner sous les cerisiers fleuris. 

Festival des tulipes au Canada

Alors que le printemps vit ses dernières semaines, le Canada fait le plein de couleurs, avec son Festival des tulipes. Chaque mois de mai, les locaux et les expats peuvent participer à un festival grandiose, le plus grand du monde, qui s'étale sur près de deux semaines. Le but de cette fête est simple : célébrer le printemps et la tulipe, fleur de saison et symbole de l'amitié entre le Canada et les Pays-Bas. Pendant la Seconde Guerre mondiale, la princesse des Pays-Bas Juliana se réfugie à Ottawa. En guise de reconnaissance, elle offre au pays 100 000 bulbes de tulipes. C'est ce cadeau qui donne naissance au Festival des tulipes. Au programme des festivités : expositions, activités ludiques pour petits et grands, spectacles, et bien sûr, la joie de se promener au milieu des tulipes.

Festival des tulipes aux Pays-Bas

Bien entendu, les Pays-Bas ont aussi leur festival des tulipes. Rendez-vous entre la mi-mars et début mai, au rythme de la floraison des fleurs. Le Festival des tulipes célèbre l'arrivée du printemps et rappelle l'histoire des Pays-Bas. Importées au XVIe siècle par l'Empire Ottoman, les tulipes sont vite devenues incontournables. Symbole de l'essor économique du pays, elles ornaient les tableaux et le mobilier, étaient fêtées lors de célébrations… Mais l'euphorie économique fait brusquement place à une « chute » : le marché s'effondre. C'est la « crise des tulipes ». Le marché s'est redressé depuis longtemps et s'exporte bien. Le Festival des tulipes rappelle la puissance des Pays-Bas en matière de production et d'exportation, mais rappelle la « puissance » douce de la nature, qui renaît chaque année et parvient à rassembler des milliers d'admirateurs aux origines diverses.

Le muguet de mai en France 

« Le 1er mai, offrez du muguet ». Le slogan du ministère français de la Culture est bien connu des Français. Il convient d'offrir un brin de muguet à ses proches et à ses amis. À l'international, on connaît surtout le 1er mai comme le jour de la fête des travailleurs. En France, c'est aussi la fête du muguet, fleur emblématique de la fin du printemps. Mais pourquoi offrir du muguet le 1er mai ? Originaire du Japon, le muguet fleurit au début du printemps. Déjà, sous l'Antiquité, on l'utilise pour fêter le retour du printemps, la renaissance de la nature. L'association du muguet et de la renaissance de la nature serait un mélange de traditions celtes et de rites romains adressés à la déesse des fleurs, Flora. À la Renaissance (XIVe – XVe siècles), le muguet devient un porte-bonheur, puis le symbole officiel du 1er mai. La France n'est pas la seule à fêter le muguet. La tradition s'observe aussi en Belgique, en Suisse et à Andorre.

Traditions pour accueillir le printemps : le tour du monde des expats

Il existe encore bien d'autres traditions pour accueillir le printemps : Sham El-Nessim (Égypte), Chunfen (Chine), Sechseläuten (Suisse), Songkran (Thaïlande), Valborg (Suède), Pahela Boishakh (Bangladesh), Trujillo (Pérou), Floriade (Australie), Stonehenge at sunrise (Royaume-Uni), Fallas de Valencia (Espagne)… Les expatriés y verront de belles occasions de découvrir autrement leur pays d'accueil.

Toutes ces célébrations du printemps ont un point commun : l'accueil de la renaissance de la nature peut aussi être vu comme un accueil du prochain, quelles que soient ses origines. Comme les mille couleurs Holi, des tulipes ou la convivialité de la Čimburijada ou du Hanami, ces fêtes sont un moyen simple de partager sa culture.

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A propos de

Rédactrice web spécialisée en actualité politique et socio-économique, Asaël Häzaq observe et décrypte les tendances de la conjoncture internationale. Forte de son expérience d’expatriée au Japon, elle propose conseils et analyses sur la vie d’expatrié : choix du visa, études, recherche d’emploi, vie de travail, apprentissage de la langue, découverte du pays. Titulaire d’un Master II en Droit - Sciences politiques, elle a également expérimenté la vie de nomade numérique.

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