Bonne lécture.
Français Ensemble dans le Club de Pattaya a ajouté 2 photos.
7 h ·
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BUSINESS - L'année 2016 n'est pas encore finie, qu'elle occupe déjà une place de choix dans les annales des "affaires" à vendre d'urgence, à Pattaya ou ailleurs, pour cause de retraite, de maladie.
Il y a 10 ans encore, plus depuis, il suffisait de reprendre un "beer bar" dans n'importe quel "soi" de Walking Street ou dans les rues animées qui plongent dans Beach Road, à Pattaya, pour s'assurer une recette journalière de 2.000 bahts en basse saison, beaucoup plus entre décembre et mars. Tout dépendait alors de l'emplacement et de la qualité du cheptel, notamment de la "mama sa". Quelques Français ont vécu ainsi pendant des années, sans même songer à une autre vie. L'antichambre du paradis. D'autres ont du renoncer à ce beau métier, faute de parler suffisamment l'anglais pour fidéliser une clientèle qui pratique cette langue dans 90% des cas. Pour eux, ouvrir un restaurant ou un salon de massage était plus facile. Beaucoup ont échoué lamentablement.
Depuis quelques années, tout se casse la gueule. Walking Street ressemble de plus en plus au boulevard Barbès, à Paris. Toute une génération, qui a vécu des années mémorables, est plus ou moins rangée des voitures. Ils ont une femme, parfois des gosses, quelques années en plus, et des revenus érodés par la politique de justice fiscale pratiquée en France. Le report de l'âge de la retraite se fait également sentir. Les nouveaux bataillons sont moins garnis.
Les audacieux, qui songent à reprendre une affaire à Pattaya ou ailleurs, sont de moins en moins nombreux, alors que tout est pratiquement à céder car plus grand chose n'est rentable ... parfois à des prix délirants.
Les agences immobilières, qui ne vendent presque plus de condos, font beaucoup d'efforts pour attirer les naïfs qui veulent refaire leur vie en Thaïlande, après avoir larguer chez eux leur ménagère de plus de 50 ans, et vendu leurs actifs immobiliers ... Il suffit de consulter les annonces sur internet, pour comprendre que ces agences recherchent le gros gibier : beaucoup d'argent, peu de cervelle. Toutes proposent des rubriques "Bonnes Affaires, A saisir" ... Il y en a pour tous les budgets. Cela commence par les "salons de beauté" à quelques centaines de milliers de bahts, pour occuper la "copine", et cela finit dans le grandiose, avec des restaurants pour francophones et des "gentlemen club" (bar à putes expérimentées) proposés à des tarifs compris entre 4 et 5 miilions de bahts, voire plus !. Nous avons une pensée, à cet instant précis, pour celui qui a repris un restaurant il y a quelques semaines sur la colline de Pratamnak, pensant faire une bonne affaire en payant aux alentours de 1.5 million de bahts (sous réserve). Il s'est rendu compte, un peu tard, qu'il héritait en plus d'une grosse ardoise auprès de plusieurs fournisseurs.
Tout ceci rappelle le pigeon à la "pattayaise" ... de Raymond Vergé, un joyeux luron qui nous a quitté il y a quelques années.
A savourer ...
"Voici une recette [pourtant] éculée mais qui marche encore de temps en temps comme une vieille paire de godasses que l’on ressort du placard pour partir en chasse guetter le bon coup de fusil.
Condition sine qua non: il est absolument indispensable de posséder, comme miroir aux alouettes, un acte notarié (authentique si possible) qui vous permet d’exploiter un établissement de la catégorie ‘‘bar-restaurant-hôtel-Agogo-disco-karaoké’’ et d’avoir effectivement l’usufruit, pour ne pas dire la jouissance, des lieux. Cela ne s’adresse qu’aux fonds de commerce plutôt déficitaires et dont il faut relever la sauce avec un peu de poudre de perlimpinpin.
Pattaya, la station balnéaire la plus réputée de Thaïlande, attire toujours son lot de "pigeons" à la recherche de la bonne recette.
Pour ce faire, prenez un bleubite de farang n’ayant pas été nourri au grain d'ellébore et qui débarque la gueule enfarinée, pas encore dessalé malgré son âge mûr, et déjà farci de belles liasses de biftons qui vous le rendent fort appétissant, surtout lorsqu’il annonce qu’il est prêt à mettre toutes ses éconocroques dans une affaire saine, car il est bien décidé à casser la baraque dans le but déclaré de se payer une retraite dorée au milieu d’un cheptel sans cesse renouvelé.
Et une affaire saine, justement vous en connaissez une, la vôtre, que vous avez mis tant d’années à faire prospérer mais qu’il vous faut revendre maintenant pour acheter plus grand afin de mieux pouvoir assurer le train de vie auquel vous vous êtes gentiment habitué grâce aux bénéfices plus que confortables que vous accumulez quotidiennement derrière votre comptoir, livre de comptes à l’appui, tout en surveillant les “petites” d’un œil paternaliste, car en plus c’est devenu une affaire de famille et vous ne la céderiez certainement pas à un malotru qui ne prendrait pas bien soin du personnel.
Oui, vous l’avouez, vous avez du mal à choisir parmi tous ces prétendants au trône [de votre petit royaume] et vous recherchez celui qui aura en plus cette généreuse touche d’humanité, ce petit supplément d’âme comme on dit à quelqu’un pour être sûr qu’il se reconnaisse.
Passez la viande à l'attendrisseur
C’est ce qu’on appelle passer la viande à l’attendrisseur. Ensuite, vous n'avez plus qu’à la faire mariner dans les aromates les plus subtils, et de la fumer au parfum du profit immédiat, savoureusement rehaussé par les douces fragrances d’un beau bouquet garni d’oseille et d’épinards au beurre frais.
Pour que la sauce prenne, il vous suffit d’inviter une belle brochette de “barons” assoiffés que vous régalerez gratis pendant quelques soirées en présence de l’heureux élu. A l'occasion du verre de fermeture, vous lui accorderez l’honneur de faire la caisse lui-même, puisque il est “virtuellement” le nouveau patron, et avant la fin de la semaine, il viendra de bon matin avec une mallette de billets vous supplier de le suivre chez le notaire avec qui il a déjà pris rendez-vous pour conclure l’affaire du siècle, ou du moins de sa petite vie de labeur.
Et vous avez eu juste le temps de récupérer deux ou trois objets personnels que déjà il se la joue big boss. Puis, les semaines, les mois passent, et les clients fidèles, ces ingrats, ne sont jamais revenus. Pas encore inquiet, notre nouveau caïd change toute la décoration et se ruine en publicité afin d’attirer le chaland, mais rien n’y fait, plus le temps passe, plus les comptes sont désastreux.
Un beau jour, il est “al dente”, et comme par hasard, vous lui rendez visite pour prendre de ses nouvelles; au moment où il commence à pleurer sur votre épaule, vous lui “sauvez la mise” en proposant de racheter ses parts. Devant ce geste magnanime, il est absolument confondu et n’aura aucune peine à comprendre qu’au taux de l’inflation locale et compte tenu de la baisse de l’euro, vous ne pouvez lui offrir que le tiers de ce qu’il vous a versé. Un peu de braise suffit pour rôtir les étourneaux… Lorsque vous avez réintégré votre palombière, il ne vous reste plus qu’à attendre le prochain passage, et d’ailleurs en cette saison les vols sont complets …"
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