Les États-Unis rouvrent leurs frontières le 8 novembre

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  • passager a l'aeroport de New York
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Publié le 2021-10-25 à 11:00 par Mikki Beru
Fin du « Travel Ban ». Réouverture des frontières. L'automne s'annonce chargé pour les États-Unis. Le 15 octobre dernier, la Maison-Blanche précise sa nouvelle politique. La réouverture ne se fera pas sans contrôles stricts. Objectif : éviter à tout prix une reprise épidémique. À quoi les expatriés et futurs voyageurs devront-ils s'attendre ?

Une réouverture des frontières sous contrôle

8 novembre. Après des semaines d'attente, l'administration Biden dévoile la date de réouverture des frontières. Kevin Munoz, secrétaire de presse adjoint à la Maison-Blanche, tweete : « La nouvelle politique de voyage des États-Unis qui exige la vaccination des voyageurs étrangers aux États-Unis commencera le 8 novembre ». Et le secrétaire de rappeler que ces nouvelles mesures concerneront « les voyages aériens internationaux et les voyages terrestres ». Mais Kevin Munoz insiste surtout sur l'exigence vaccinale. Le ton est donné. Washington refuse de replonger dans une énième vague Covid-19. Le pays a enregistré 29 924 nouveaux cas au 23 octobre, soit près de 73 700 cas en une semaine, pour 1 715 morts en moyenne chaque jour. La barre des 700 000 morts a été franchie au début du mois. Les États-Unis sont l'État payant le plus lourd tribut de la pandémie, devant le Brésil et l'Inde. Seulement 57,8% de la population est totalement vaccinée ; 66,7% ont reçu au moins une dose au 22 octobre 2021. Alors que la campagne de vaccination patine depuis l'été, le pays doit se lancer dans la course à la 3e dose. Dans ces conditions, pas question de faire l'impasse sur la politique de réouverture des frontières. L'administration Biden a prévenu : seuls les voyageurs vaccinés seront autorisés à voyager sur le territoire. Les contrôles seront stricts.

Qui peut se rendre aux États-Unis ?

Une trentaine de pays sont concernés par cette réouverture : les 26 pays de l'espace Schengen, l'Irlande, la Grande-Bretagne, la Chine, l'Afrique du Sud, l'Inde, l'Iran et le Brésil. Les voyageurs traversant les frontières canadiennes et mexicaines sont aussi concernés par ce dispositif. Obligation vaccinale pour les ressortissants de ces États, donc, avec une bonne nouvelle : tous les vaccins acceptés par l'OMS le seront aussi par les États-Unis. En clair : AstraZeneca, Johnson & Johnson, Moderna, Pfizer-BioNTech - également approuvée par l'AEM, l'Agence Européenne du Médicament - mais aussi Sinopharm et Sinovac. Les États-Unis avaient laissé planer l'incertitude lors des premières annonces. Leur choix rassure tous les étrangers ayant reçu des doses homologuées par l'OMS, mais rejetées par l'AEM. Les pays suivant la ligne de l'AEM, comme la France, ont opté pour l'injection d'une 3e dose de vaccin homologué (AstraZeneca, Johnson & Johnson, Moderna, Pfizer-BioNTech).

En autorisant un plus grand nombre de vaccins, les États-Unis disent « parer à l'urgence ». Seront considérées comme pleinement vaccinées toutes les personnes ayant reçu deux doses de vaccin, qu'il s'agisse de deux doses d'un même vaccin ou de vaccins différents. Ici, la Food and Drug Administration (FDA) précise que « n'importe quelle combinaison » sera valable, pourvu que les vaccins utilisés soient homologués par l'OMS. En revanche, rien ne permet d'accréditer les rumeurs concernant la nécessité d'une 3e dose récente pour se rendre aux États-Unis. La seule 3e dose qui existe est celle autorisée depuis fin septembre : une 3e dose de Pfizer pour tous les plus de 65 ans et les personnes à risque. Une population finalement plus limitée que celle visée par Washington, qui entendait faire administrer une dose de rappel à tous les adultes américains.

La nouvelle procédure

La règle est la même pour tous : obligation vaccinale. Tous les voyageurs arrivant par voie aérienne devront fournir une autorisation électronique de voyage (obligatoire depuis 2010), une preuve de vaccination, et un test PCR ou antigénique négatif effectués dans les trois jours avant le voyage. Les individus ayant été guéris de la Covid-19 devront fournir un test positif accompagné d'un certificat émanant d'un professionnel de santé garantissant qu'ils sont autorisés à voyager. Seule incertitude : les moins de 12 ans. Pour ces enfants, les Centres américains pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC) sont encore en réflexion. Il semblerait cependant que les moins de 12 ans non admissibles à la vaccination ne seraient pas contraints à la faire. Par ailleurs, Jeff Zients, coordinateur de lutte contre la pandémie, confirme que les compagnies aériennes relèveront le numéro de téléphone et l'adresse mail des passagers pour assurer leur suivi. À l'embarquement, les passagers devront remplir une attestation de renseignements.

La procédure diffère quelque peu concernant les voyages par voie terrestre. Consciente de la crise qui frappe les divers secteurs économiques, dont celui des poids lourds, la Maison-Blanche opte pour un système en deux temps. À partir du 8 novembre, les voyageurs traversant les frontières canadiennes ou mexicaines pour des raisons non essentielles (ex. : tourisme, visite à un proche...) devront obligatoirement être vaccinés. La souplesse demeure uniquement pour les voyageurs traversant ces mêmes frontières pour des motifs impérieux - c'est l'exemple même des chauffeurs routiers. Mais dès janvier 2022, l'obligation vaccinale concernera tous le public.

Quarantaine ou pas ?

Et une fois sur le territoire ? Si le couvre-feu et la quarantaine ne sont plus à l'ordre du jour, les autorités sanitaires américaines recommandent à tout voyageur venant de l'étranger de s'auto-isoler au moins 7 jours, et d'effectuer un test PCR 3 à 5 jours après son arrivée. En pratique, les États sont libres d'appliquer leurs propres mesures de lutte contre la pandémie. Le gouvernement Biden peine à imposer des restrictions concernant les vols intérieurs, conscient que le sujet est explosif. Les voyageurs sont invités à se référer au Consul de l'État qu'ils souhaitent visiter.

Avec la réouverture de leurs frontières, les États-Unis envoient un double signal : ils confirment la reprise économique, tout en garantissant leur capacité à maîtriser la crise sanitaire. Pour les voyageurs et candidats à l'expatriation, c'est un nouveau signal positif. Les États rouvrent tour à tour leurs frontières, annonçant une fin d'année tournée vers l'ère post-Covid.