Opinion de Julien Faliu : La crise sanitaire va-t-elle bouleverser la mobilité internationale ?

  • Julien Faliu
Article
Publié le 2020-06-18 07:30

Cette semaine, Expat Mag, consacre un dossier spécial aux conséquences de la crise sanitaire sur la mobilité internationale. Julien Faliu, fondateur d’Expat.com, nous explique comment il voit évoluer les choses à partir de maintenant…

Avons-nous déjà cru que ce serait possible un jour ? Ne pas pouvoir voyager, voire quitter nos maisons… Début 2020, le monde entier s'arrête en raison de la propagation du coronavirus. Sachant que les risques sanitaires sont toujours bel et bien réels, les conséquences économiques de cette crise se font ressentir de plus en plus. Ce que nous vivons aujourd’hui changera profondément nos sociétés, nos économies et nos vies, sans aucun doute. Dans les années à venir, nous devrons nous attendre à d’autres changements, et il est clair que cela ne va pas épargner l'expatriation. A ce stade, il est difficile de mesurer l’impact de la crise de COVID-19 sur la mobilité internationale puisque de nombreux facteurs vont entrer en jeu. Prenant en considération plusieurs facteurs, je vais essayer de vous brosser un tableau (à titre d'information).

Regardons d'abord les personnes qui ont décidé de rentrer dans leurs pays d’origine avant ou en plein milieu de la crise sanitaire. Un sondage réalisé par Expat.com en collaboration avec April International, une compagnie d'assurance internationale, démontre que la crise a encouragé 18% des répondants - tous des expatriés - à rentrer chez eux. La plupart d'entre eux ont choisi de le faire pour être près de leurs familles, mais aussi parce qu’ils font davantage confiance au système de santé de leurs pays d'origine. Ces expatriés, comme vous le constaterez en parcourant nos forums, étaient pour la plupart en stage ou en mission à court terme à l'étranger. Les 80% qui ont choisi de rester dans leurs pays d’accueil l’ont fait principalement parce qu'ils avaient déjà une vie de famille bien établie et un emploi à long terme dans leurs pays de coeur, et c’est absolument compréhensible. 

Je me trouvais moi-même à New York pendant un moment, et même si mon épouse et ma fille de trois ans étaient à mes côtés, la seule chose qui nous tardait c’était de rentrer à la maison (à l’île Maurice) ! Fort heureusement, j'ai eu la chance de pouvoir prendre un vol vers la France pour pouvoir regagner la maison de mes parents où je me trouve toujours. Même si je suis soulagé par le fait d’être auprès de ma famille, il serait faux de dire que je n'ai pas envie de rentrer chez moi. Il n'est donc pas surprenant que les expatriés qui n'étaient pas encore bien installés dans leur pays d'accueil ou qui n'avaient pas l'intention de s'y installer à long terme souhaitent rentrer chez eux.

D'autres, en revanche, n'avaient d'autre choix que de rentrer chez eux. En effet, la crise économique a malheureusement déjà entraîné des pertes d'emplois aux quatre coins du monde. D’ailleurs, quelques participants à notre enquête avouent qu’ils ont dû rentrer chez eux après avoir été remerciés par leurs employeurs. Et il ne semble pas que cela va s'arrêter de sitôt ! L'Organisation internationale du travail (OIT) estime que 55 millions de personnes risquent de perdre leur emploi en raison de la crise, le tourisme étant l’industrie la plus touchée. Je pense que la crise va inciter que beaucoup d'expatriés détenteurs d’un permis de travail à retourner dans leur pays d'origine. Surtout parce qu'il sera assez difficile de trouver un emploi à l’étranger dans le contexte économique actuel. Il est encore difficile d’estimer combien de travailleurs étrangers devront rentrer chez eux à la suite d'une perte d'emploi.

Cette même crise économique va également affecter les futurs projets d'expatriation professionnelle. En effet, de nombreuses personnes ont déjà été contraintes à remettre leur projet d’expatriation à plus tard en raison de la crise sanitaire et de la fermeture des frontières. Mais jusqu'à quand ? L’expatriation reprendra-t-elle dès l'ouverture des frontières ? Il est probable que la crise économique qui se profile aura un impact considérable sur de nombreux projets d'expatriation. Beaucoup d'entreprises vont réfléchir à deux fois avant d'embaucher des expatriés, avec tous les coûts que cela implique. Aussi, l'une des priorités du monde post-COVID en matière de ressources humaines est de promouvoir le travail à distance. En effet, une chose que la crise nous a enseignée c’est de savoir comment gérer des entreprises à distance et c'est quelque chose sur lequel les employeurs vont mettre l’accent davantage. Cela pourrait aussi signifier l'embauche d’une expertise étrangère pouvant opérer à distance.

2 Commentaires
bete-a-cornes
bete-a-cornes
le mois dernier

L'usage majoritaire en France est jusqu'à présent de parler du COVID-19, en utilisant le masculin, mais la prestigieuse Académie française vient de rappeler la règle qui veut que COVID soit utilisé au féminin, comme c'est déjà le cas au Canada par exemple.

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Jissehair
Jissehair
le mois dernier

Dans ce cas ajouter un e pour COVIDE (joke)

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