Julien Chaptal « Je me sens vraiment hollandais »

Interview
Publié le 2013-01-31 23:00
Au moment où on choppe Julien Chaptal sur Skype, celui-ci revient à peine d'un voyage de deux semaines en Afrique du Sud. Les voyages, Julien en fait de plus en plus et pour cause : après 10 ans de présence active à Amsterdam, le Français en récolte aujourd'hui les fruits. Avec des sorties sur les gros labels locaux (Remote Area, 20:20 Vision, Intacto), il fait partie des artistes qui représentent l'avenir sonore de la Venise du Nord au même titre que ses amis San Proper, Lauhaus, Boris Werner, Kabale und Liebe, William Kouam Djoko, Melon et David Labeij (avec qui Julien a monté le label-projet MFD).

Quand as-tu commencé à toucher aux musiques électroniques ?

C'était aux Etats-unis. C'était assez marrant parce que mes potes organisaient des soirées là-bas. À ce moment-là, je n'étais pas trop au fait de comment cela se passait et j'ai été assez déçu quand j'ai découvert que les mecs jouaient seulement des disques. Moi, je voulais faire de la musique. Quand je suis retourné à Paris, la première chose que j'ai faite, c'est d'acheter une MPC et commencer à faire des beats. J'ai eu plein de machines et de synthés au départ, et c'est quand je suis arrivé en Hollande que j'ai commencé à faire de la musique sur ordinateur.

Comment t'es-tu retrouvé à Amsterdam ?

C'était une période où je me baladais pas mal. En fait, quand j'avais 17-18 ans, en 1997, j'ai habité aux États-Unis, à Midland au Texas. C'était un peu le trou du cul du monde, je me suis retrouvé là-bas parce c'était dans le cadre d'un échange d'étudiants. Je suis revenu l'année suivante à Paris mais pas longtemps puisque je suis ensuite parti à Montréal. Et puis j'ai eu une copine hollandaise, on s'est retrouvés à Amsterdam et j'ai décidé de m'installer ici.

As-tu tout de suite cherché à faire des DJ sets quand tu es arrivé là-bas ?

Ouais. Quand j'ai commencé ici, je tournais surtout dans des bars et cafés où je faisais toute la soirée et jouais souvent avec San Proper. Les clubs ne sont arrivés pour moi qu'à partir de 2003-2004. Après, j'ai aussi commencé à co-organiser les soirées «Â Welcome To The Future » qui sont maintenant devenues un festival. J'ai arrêté l'orga de soirées depuis mais c'est surtout grâce à ça et à mon groupe de l'époque, Le Clic, que j'ai pas mal commencé à tourner ici et un peu partout en Hollande. Quand le groupe s'est séparé, c'est à ce moment-là que j'ai décidé de continuer en solo et commencé à jouer un peu partout dans le monde.

Tu tournes pas mal mais, pour autant, on a l'impression que les Français ne te connaissent pas trop.

Ouais, c'est marrant : je tourne énormément en Europe mais pratiquement jamais en France. C'est très rare, j'ai fait une date à Bordeaux, une autre à Paris au Rex et c'est tout. Mais c'est vrai que la plupart de mes potes ne jouent pas trop à Paris non plus. C'est un truc qui changera peut-être à l'avenir. En tout cas, je l'espère.

Tu te vois plus comme un producteur hollandais que français, non ?

Ça c'est sûr. J'ai plein de potes producteurs ici, on a une scène vraiment bouillonnante. Oui, je me sens vraiment hollandais à ce niveau-là.

Et tu n'as jamais essayé de la jouer « cocorico » en faisant venir des DJ's français à tes soirées ?

Non, pas vraiment. On a invité Anthony Collins plusieurs fois, D'Julz deux-trois fois, Dan Ghenacia aussi - toute la team de chez Lola ED vient assez souvent - mais je n'ai pas fait de cocorico : je ne me sens pas tellement français vu que, finalement, je ne viens pas de la scène française.

Quels sont les magasins de disques de Dam' où tu aimes faire tes emplettes ?

Il y avait beaucoup de magasins de disques quand je suis arrivé mais il n'y en a plus beaucoup. Et franchement, le seul où je vais, c'est Rush Hour. Sinon j'achète sur Internet - Decks ou Beatport - ou je reçois des promos.

Quels sont les clubs où sortir ?

Pour moi, à Amsterdam, ça se passe vraiment entre deux clubs. Il y a d'abord le Studio 80 où j'ai ma résidence. C'est mon club préféré, il est petit - on y fait rentrer 600 personnes max -, divisé en deux salles et a un son énorme. C'est une petite boîte noire vraiment underground et je kiffe ça. L'autre club, c'est le Trouw. Eux essayent de recréer une vibe à la Panorama Bar / Berghain et viennent d'obtenir une licence pour 24 heures ce qui veut dire qu'ils vont être ouverts tant qu'ils le veulent, tout le temps. Cela va être un peu nouveau à Amsterdam. À part ça, je pense qu'il y a des soirées ici ou là intéressantes dans d'autres endroits, mais en général, à part ces deux clubs, je ne sors pas trop à Amsterdam.

Est-ce que tu taquines bien le néerlandais ? Tu le parles couramment ?

Je comprends bien mais je suis super feignant : vu que tout le monde parle anglais, je parle anglais. Et puis j'ai une copine française maintenant, donc on parle français à la maison. On s'est rencontrés lors d'un cours de néerlandais, et depuis cette rencontre, j'ai arrêté les cours. (rires)

Julien Chaptal, Illin EP (Saved Records).
Julien Chaptal, Elephants On A String (Intacto).
Chapsy Vs Prince, A Dedication EP (Foot N Mouth).
MFD, 2 (MFD Records).

Des sorties de Julien Chaptal sont à venir sur Defected et Supplement Facts.

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