Au Paraguay, la coutume veut que l’on fasse appel aux "connaissances du coin" pour l’entretien du jardin ou pour des travaux de plomberie, de menuiserie et d’électricité, mais ça peut vite devenir un vrai cauchemar financier et juridique.
99% de Mickey-Mouse
Dans la majorité des cas, ces personnes ne sont pas des professionnels qualifiés. Ce sont souvent des gens modestes qui saisissent une opportunité de gagner de quoi manger. Malheureusement, leur manque d'expertise peut causer des dégâts importants. J’en ai personnellement fait les frais, et la facture a été très lourde.
Deux intelligences artificielles consultées estiment environ à 99 % le taux de faux professionnels. Consolez-vous, il reste encore 1 % de vrais professionnels.
Je ne suis pas du tout surpris par ce pourcentage. Ce matin, je disais aux paraguayens qui partagent ma vie : « si j’ai besoin d’un électricien ou d’un plombier, je donne un coup de pied dans le premier cocotier du jardin et il en tombe 4 ou 5 de l’arbre ».
Gringo = billeteras con patas
Il faut en être conscient : en tant qu'Européens, nous sommes perçus comme tous fortunés. Si un problème survient dans leur famille (santé ou autre), le voisin "gentil comme tout" peut radicalement changer de visage par nécessité, ou pour sauver la vie d'un père ou d'un fils atteint d'une maladie.
Le sport national : La plainte au ministère du Travail
C'est le point le plus critique. Au moindre différend, même mineur, il est fréquent que l'employé ne revienne pas finir son travail. Au lieu de cela, il se rend directement au ministère du Travail pour déposer une plainte pour "licenciement abusif".
C'est une pratique extrêmement courante qui fait même sourire certains Paragoins de mon entourage , mais qui peut vous coûter très cher.
Vous allez probablement me demander « Pourquoi n'as-tu pas écrit ça avant ? Tu es l'animateur depuis 14 ans... »
La raison est toute simple : à mon arrivée en 2008/2009, la situation du peuple paraguayen était beaucoup moins préoccupante qu’aujourd’hui, où des gens acculés en mode survie sont prêts à tous les mensonges pour gagner un peu d’argent par nécessité.
Mais je vais écrire un truc là-dessus, c’est promis, et j’avoue que ça me démange depuis un moment.
Entre le développement des centres commerciaux et des tours « champignon » d’Asuncion et les familles, broyées par le système, dont le niveau de vie chute inexorablement, on peut distinguer deux pays complètement différents.
Ce décalage crée une situation où l'étranger devient une cible par pure nécessité économique. C'est ce constat qui me pousse aujourd'hui à écrire sur le sujet : il est temps de montrer l'envers du décor.
COMMENT SE PROTÉGER
au-delà de l'aspect fiscal, UN RUC VALIDE est votre seule protection réelle et votre principal bouclier juridique contre ce système d'extorsion d'argent
UN RUC VALIDE (vérifié) :
La présomption de salariat : Au Paraguay, le Code du travail est hyper protecteur aussi bien en théorie qu'en pratique judiciaire). Sans facture légale , la justice considère par défaut qu'il existe un lien de subordination. En cas de chute ou d'accident, l'ouvrier devient instantanément votre "employé non déclaré".
Pire et écoutez bien : si vous traitez avec un patron qui a lui-même des employés, mais que ce patron n'a pas de RUC, si l'un de ses employés tombe d'un toit ou s'électrocute, ou se blesse, c'est vous qui êtes responsable à 100 % et il n'y a aucun moyen pour se sortir de ce guêpier. Je le sais, je suis passé plusieurs fois… je dis ça pour ceux qui comme Xavier (il se reconnaitra) désirent construire leur maison eux-mêmes en employant du personnel. S’il veut absolument construire sa maison lui-même, je lui ai conseillé de faire travailler les voisins. C’est le meilleur moyen de se protéger - en partie - d’un éventuel abus et ça permet en même temps de faire connaissance d’une façon particulièrement efficace.
L'accident du travail : Si un intervenant sans RUC se blesse chez vous, vous êtes responsable à 100 % des frais médicaux, de l'invalidité ou pire. La "pompe à fric paragouine" s'active, car, sans RUC, il n'y a aucune preuve que l'individu est une entité commerciale autonome assumant ses propres risques. Il en est de même si l'entreprise a un RUC qui est périmé ou bloqué et que vous n'avez pas effectué la vérification obligatoire préalable.
L'extorsion juridique : Les avocats locaux savent que les Européens craignent les procédures longues et coûteuses. Ils utilisent souvent l'absence de formalisme (pas de facture, paiement en liquide) pour monter des dossiers de "licenciement injustifié" ou de "dommages et intérêts" complètement disproportionnés, car tout le monde en profite, y compris votre avocat qui sera de mèche avec eux, et y compris le juge lui-même corrompu.
Les frais d'avocat : entre paragoins, les choses se règlent simplement en conciliation. Qu'il ait raison ou qu'il ait tort, l'employé reçoit une somme d'indemnisation et ça s'arrête là.
Mais il n'en est pas du tout de même avec un Européen. Dans ce cas l'avocat de la partie adverse dira à son client de ne pas accepter cette somme de façon à aller en justice, car il sait qu'en justice, il pourra obtenir des sommes absolument faramineuses dans certains cas. Quant à vous, vous devrez débourser au minimum 2000 € pour les honoraires d’avocat, même si vous arrivez à prouver que la plainte est un tissu de mensonges.
Tout cela, sachant qu'à terme, vous serez irrémédiablement condamné à indemniser le type que vous n'avez peut-être jamais employé réellement, indemnités qui peuvent monter à 60 millions (8.000€) si l'employé a travaillait depuis quelques mois.
Ce que je vous raconte en ce moment n'est pas une invention de ma part ni une projection quelconque, c'est malheureusement le résultat de ma propre expérience vécue ici dans la construction de mon hôtel.
C'est pourquoi je conseille ceci :
Exigence absolue du RUC : Ne laissez jamais quelqu'un monter sur un toit ou toucher à l'électricité sans avoir vu et vérifié son RUC, que celui-ci soit bien à son nom s'il vous présente un facturier au nom d'un ami - comme j'ai déjà vécu le cas - au moment de faire la facture, l'ami ne sera peut-être plus d'accord, et si un accident s’est produit en cours, il sera encore moins d'accord..
Vérification de la validité : la loi paraguayenne impose de vérifier la validité du RUC. Vérifiez bien qu'il est "Activo" sur le site de la DNIT (ou bien https://ruc.com.py/ plus simple) pour s'assurer que ce n'est pas une fausse facture.
Zéro personnel en direct : Passez si possible par des entreprises de services (limpieza, mantenimiento) qui gèrent elles-mêmes leur IPS (sécurité sociale) et leur assurance.
Dernier conseil : passer par une entreprise qualifiée vous coutera un peu plus cher sur le moment, mais beaucoup moins cher à terme !