Plus de la moitié des demandes de visas d'étudiants africains ont été rejetées en 2022
En début d'année, la plateforme américaine d'éducation internationale « Shorelight » a analysé les données du gouvernement américain concernant les taux d'acceptation des visas d'étudiants. Les résultats sont pour le moins choquants : 54 % (soit la majorité) des étudiants africains faisant une demande pour un visa d'études de longue durée de type F-1 ont été mis à l'écart, même lorsque leur candidature avait été acceptée par une université américaine accréditée.
La comparaison avec les étudiants européens est criante. Seuls 9 % des Européens ont été mis à l'écart pour le même visa de non-immigrant. Le taux de rejet des demandes de visa faites par des étudiants sud-américains était également élevé (31 %), mais pas autant que celui des Africains. Le taux de rejet des visas F-1 a augmenté en général en 2022, mais il a touché les Africains plus que tout autre groupe démographique.
Les étudiants originaires des pays moins riches d'Afrique de l'Ouest ont été davantage tenus à l'écart que ceux des pays plus aisés d'Afrique australe. La partie méridionale du continent compte de nombreux pays à revenu moyen supérieur comme l'Afrique du Sud, l'île Maurice et la Namibie, pour lesquels le taux de rejet est assez faible (16 %). Dans les autres régions d'Afrique, ce taux est plus proche de 70 %. Cela signifie que 3 jeunes sur 4 originaires de ces pays, ayant les qualifications et la volonté d'étudier aux États-Unis, sont privés de la possibilité d'atteindre leurs objectifs faute d'un visa adéquat.
Ce problème ne se limite pas aux États-Unis. Le Canada et la France présentent le même schéma de refus de visas étudiants. Au Canada, les Africains francophones sont les plus pénalisés. Ils semblent être discriminés par des fonctionnaires chargés de l'octroi des visas en raison de leur pays d'origine et de leur langue, ce qui est en contradiction avec les efforts déployés par le Canada pour attirer davantage d'immigrants francophones.
En France, environ 30 % des demandes de visas d'étudiants originaires d'Afrique sont rejetées chaque année, contre un taux de rejet d'environ 15 % pour l'ensemble des demandeurs. Ironiquement, ce taux est le plus élevé pour les anciennes colonies de la France avec lesquelles elle entretient une forte relation culturelle et diasporique. Le taux de rejet pour l'Algérie et le Sénégal avoisine les 50 %. Certains de ces étudiants se sont d'ailleurs plaints du fait que les frais de demande de visa en euros qu'ils avaient payés à grands frais ne leur ont pas été remboursés après le rejet de leur demande.
Le site Web « University World News » rapporte que l'autorité canadienne de l'immigration, l'IRCC, a rejeté près de 60 % des demandes de visas d'étudiants soumises par des Africains anglophones et près de 75 % des demandes d'étudiants africains francophones. Certaines universités francophones du Québec s'inquiètent du fait qu'elles perdent ainsi des étudiants de valeur ainsi que les fonds que ces étudiants auraient apportés par le biais de leurs frais de scolarité internationaux élevés.
Ces universités considèrent que tout cela est incohérent avec l'objectif de l'IRCC d'accueillir près de 500 000 nouveaux immigrants par an, y compris davantage d'immigrants francophones. L'Afrique abrite la plus grande population de jeunes ainsi que la plus grande population de francophones de la planète. Ces caractéristiques correspondent aux priorités du Canada en matière d'immigration, et il n'est donc pas logique que la procédure d'obtention d'un visa soit beaucoup plus difficile pour les Africains que pour les autres immigrants.




