Une vision inédite de Maurice
Dans son deuxième long-métrage, David Constantin nous offre une vision contrastée de l'île Maurice, loin des clichés véhiculés par les téléfilms occidentaux. Ici, point d'hôtels luxueux, de danseuses exotiques ou de plages immaculées. À la place, nous plongeons dans un univers urbain, marqué par les sweatshops, les bars insalubres, les cases en tôle et les chiens errants. D'ailleurs, le réalisateur se moque ouvertement de l'image de carte postale qui colle à notre île en intégrant des images paradisiaques rongées par les moisissures dans le décor du film.
Car l'île Maurice de Constantin est à la fois belle, avec son ciel d'encre parsemé d'étoiles, ses néons et ses autels, mais aussi empreinte de désespoir. Ce sentiment est illustré à travers le destin des trois protagonistes : Bolom, un vieil alcoolique, Ronaldo, un jeune désœuvré aspirant à de nouveaux horizons, et Ajeya, une immigrée bangladaise attirée par la promesse d'un avenir meilleur.
Certes, le film n'est pas toujours subtil dans sa critique de la société locale, mais il reste néanmoins efficace. Certaines scènes, peut-être déconcertantes pour un public étranger, résonnent particulièrement chez les spectateurs mauriciens, comme une scène se déroulant dans un cimetière, montrant sur les pierres tombales les porteurs des noms de la honte, ces patronymes humiliants donnés aux anciens esclaves après le Slavery Abolition Act de 1833.




