L'impact de la pandémie sur les étudiants à l'étranger

Vie pratique
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Publié le 2022-02-01 à 10:00 par Magdalena Grdanoska
Si la pandémie a eu des effets mitigés sur différentes parties du monde, il est clair qu'aucun pays n'a été épargné. Fermetures de frontières, annulation de vols, confinements, restrictions sanitaires... tant d'événements qui ont affecté la vie de milliers d'étudiants ayant pour projet de poursuivre leurs études à l'étranger. Ils nous en parlent.

Les études supérieures sont un moment important pour chacun. Elles comportent généralement une partie théorique, mais aussi une partie pratique ayant une dimension sociale grâce à la mise en œuvre et le partage des connaissances acquises. La pandémie a malheureusement interrompu la seconde partie, laissant de nombreux étudiants internationaux dans le monde sur leur faim. L'une des raisons évoquée par les étudiants quant à leur choix d'aller étudier à l'étranger est précisément la connexion interculturelle. N'oublions pas ceux qui ont dû passer (au moins une partie de) leurs études dans leur pays d'origine en raison de la situation sanitaire actuelle.

Lorsque la pandémie a frappé en 2020, toutes les activités dans le monde entier ont été affectées et l'enseignement supérieur n'a pas été épargné. Toutes les conférences et les cours ont été interrompues ou reportées, ouvrant la voie à la meilleure option disponible : l'enseignement en ligne ou à distance. En Europe, l'enseignement à distance s'est poursuivi du début de 2021 jusqu'aux mois d'été, ce qui a permis des cours en présentiel limités, dans le respect des gestes barrière, comme l'obligation du port de masques et la distanciation sociale. Ces règles sont restées en vigueur jusqu'à l'automne 2021. À partir de cette période, c'est le statut vaccinal ou le test de dépistage de Covid qui sont désormais pris en compte pour les étudiants. Si les règles étaient différentes dans différentes parties du monde, la distanciation sociale reste recommandée dans de nombreux endroits. Il faut toutefois reconnaître que cette règle permet un accès un peu plus large aux espaces communs comme les bibliothèques et les cantines.

Ces deux dernières années se sont avérées plutôt complexes pour les étudiants de diverses origines ayant choisi de poursuivre leurs études dans différentes destinations. L'essence même de leur projet a été compromise de manière considérable pour beaucoup d'entre eux. Ces étudiants nous ont fait part de leur ressenti.

Laura est originaire d'Italie et poursuit actuellement des études en gestion d'entreprise à Hambourg. Si ses attentes concernant ses études ont été comblées, elle a été déçue par les confinements imposés l'année précédente. « J'ai l'impression d'avoir passé tout mon temps à étudier sans avoir eu la possibilité de m'amuser avec des amis. » Laura estime toutefois que le marché du travail allemand n'a pas été gravement touché par la crise. « De nombreuses opportunités sont toujours disponibles dans mon domaine d'activité. » Cependant, sa recherche d'un emploi à temps partiel dans un bar s'est avérée vaine. « J'ai fini par trouver un mini-boulot dans un centre de test de Covid et je pense qu'il y a une énorme demande de main-d'œuvre dans ce domaine », dit-elle.

Ben vient de Boston, Massachusetts, États-Unis et étudie actuellement à Hambourg, Allemagne. Ses attentes concernant ses études ont été généralement satisfaites, car il savait déjà que ses cours allaient se dérouler en ligne. Pour Ben, les cours en ligne n'ont donc pas été un problème majeur. Cependant, il estime que la situation sanitaire actuelle ne permet pas aux étudiants étrangers d'avoir une expérience internationale suffisante en termes d'événements comme les salons de l'emploi les activités sociales.

Saad, 27 ans, est étudiant à l'Université technique de Hambourg. Il poursuit actuellement une maîtrise en mécatronique. Saad s'était principalement inscrit dans une université étrangère avec l'idée d'avoir une formation académique de qualité mais aussi de rencontrer des étudiants de diverses origines. Selon lui, avoir la possibilité de se rencontrer en personne pendant les études permet de partager des idées en d'enrichir ses connaissances. S'il a l'impression de connaître beaucoup de monde, il reconnaît qu'il s'agit de connexions virtuelles. Même si les choses ne se sont pas déroulées comme il l'avait imaginé, il se contente tout de même de l'expérience qu'il a vécue dans son pays d'accueil. « J'ai réussi à acquérir une expérience internationale en visitant de nouveaux endroits ou à travers mes interactions en ligne avec mes camarades de classe », confie-t-il. Saad a en effet suivi ses cours à distance même si les examens ont eu lieu en présentiel. Le jeune étudiant souhaite toutefois que ce sera bientôt la fin de cette « nouvelle normalité » prendra bientôt fin et que les gens pourront reprendre leur ancienne vie.

Anastasia, pour sa part, vit actuellement à Hambourg mais est inscrite à un programme de vente et de marketing à l'école de commerce de Rome. Même si elle n'avait pas réellement de grandes attentes par rapport à ses cours à distance, sa vie sociale et ses opportunités ont changé. En effet, Anastasia avait l'impression d'avoir perdu son intérêt pour ses études en raison de l'impact de la pandémie. Elle envisage aujourd'hui de compléter son baccalauréat et de réorienter sa carrière vers en tant qu'UX Designer. « Je pense que cette profession m'apportera de meilleures opportunités de travail », soutient-elle.

Martine, étudiante à l'Université Laval au Québec, Canada, poursuit des études pédagogiques en espérant devenir assistante sociale. Elle a toujours rêvé d'être enseignante, mais pour cela, elle doit pouvoir faire des cours de 2 ou 3 heures avec 30 élèves entre 18 et 20 ans. Martine poursuit ces études depuis maintenant trois ans et a pu acquérir de l'expérience grâce à un stage avant la pandémie. « Je pense pouvoir compléter mes études et enfin obtenir mon certificat cette année. La principale différence sera de devoir respecter les gestes barrière et de répéter constamment aux élèves qu'ils doivent garder leur masque. » Pour Martine, les études en ligne se sont avérées une bonne chose. « Cela m'a permis de gagner énormément de temps, surtout en termes de trajet, et me permet de faire des tâches ménagères pendant la pause. J'ai même l'impression d'avoir plus de temps libre grâce à ces changements. Je ne pense pas que la pandémie a eu un impact néfaste sur mes études », dit-elle. Cependant, Martine reconnaît que le poids que l'isolement se fait ressentir de plus en plus. Ses interactions sociales et familiales ont été réduites de manière considérable car elle ne peut pas voir ses proches et voyager aussi souvent qu'elle le souhaite.

R.H. est étudiant en médecine à Munster. Il a actuellement droit à des cours hybrides, c'est-à-dire, une partie en ligne ainsi que des cours pratiques en présentiel. Il estime toutefois que les études en ligne ont affecté sa vie sociale, même s'il est désormais plus prudent lorsqu'il rencontre de nouvelles personnes à l'intérieur. Il fréquente moins les bars et les restaurants qu'il le faisait par le passé. Le jeune étudiant aimerait toutefois pouvoir se connecter davantage avec ses camarades de classe. « J'espère que les choses pourront redevenir comme avant et que je pourrais avoir la vie étudiante que j'avais imaginé avoir à l'école de médecine ».

Hannah, 31 ans, étudie la gestion des soins de santé à l'Internationale Hochschule d'Erfurt. Elle estime que les cours en ligne sont un moyen confortable de poursuivre ses études. « On est tranquille à la maison avec son ordinateur portable. Je pense que c'est aussi une bonne chose pour le monde du travail puisqu'il s'est avéré que les gens n'ont pas énormément de difficultés à se connecter les uns aux autres », soutient-elle. Sur le plan professionnel, Hannah estime que les opportunités en Allemagne n'ont pas été affectées par la crise. Elle se dit d'ailleurs agréablement surprise par le nombre croissant d'opportunités de travail à distance. Elle souligne toutefois que sa vie sociale a été affectée par la crise. « J'aimerais à l'avenir pouvoir rencontrer mes camarades universitaires en personne. »

Tout le monde ne réagit pas à la transition de la même manière. La population mondiale est en période de transition et les habitudes ont été soit interrompues, soit modifiées. Si les étudiants étrangers ne sont généralement pas du genre à se détourner des défis, les restrictions en cours ont certes un impact négatif sur l'expérience d'expatrié. Dans ce genre de situation, la meilleure chose est de considérer les avantages et les inconvénients du fonctionnement actuel des cours. Offrir plus de confort par le biais de cours à distance peut aider à résoudre les inconvénients comme les longs trajets quotidiens ainsi que les dépenses. Il n'empêche qu'une fermeture radicale affecte l'aspect social de la vie étudiante et professionnelle. Peut-être qu'à long terme, ces idées ouvriront de nouvelles possibilités pour rendre l'enseignement supérieur plus agréable sans en réduire le caractère international.