Équivalence des diplômes : comment ça marche ?

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Publié le 2020-01-22 09:00

Travailler à l’étranger, oui, mais avec quel diplôme ? Nombreux sont les expatriés et les futurs voyageurs à s’interroger quant à l’équivalence de leur diplôme à l’étranger. Existe-t-il un système de concordance, une même grille de lecture entre les différents pays ? 

L’Europe et le système « ETCS »

On l’appelle le European Credits Transfer System (ETCS). Il permet plus de transparence, et surtout, plus de mobilité pour les étudiants désireux de suivre l’enseignement supérieur d’un autre pays d’Europe.

L’ETCS garantit la continuité et l’équivalence des diplômes entre les différents pays d’Europe - et seulement entre eux. Il fonctionne sur un système de crédits, qui correspondent à une période d’études données. Ainsi, une année d’étude permet d’obtenir 60 crédits - soit 30 crédits pour un semestre.

En pratique, les États répartissent ces crédits au sein du parcours « Licence Master Doctorat » (LMD). Spécialement crée pour harmoniser les cursus universitaires européens, le système LMD contribue, lui aussi, à une plus grande mobilité des étudiants. C’est dans ce système que sont déployés les crédits ETCS.

Une Licence - 6 semestres - accorde 180 crédits. Pour un Master, il faut compter 300 crédits (deux années de Master délivrant 120 crédits). Le Doctorat, lui, correspond à 480 crédits.

Mais tous les crédits ne se valent pas. C’est la limite de l’harmonisation. En Finlande, 1 crédit correspond à 27 heures de cours. Au Portugal et aux Pays-Bas, c’est une heure de plus. La Belgique, l’Allemagne, la Hongrie et la Roumanie calculent 30 heures de cours pour 1 crédit. Nombre d’heures qui chute à 25, pour obtenir le même crédit, en Italie, en Espagne ou en Autriche.

De plus, il reste souvent nécessaire de fournir une attestation de reconnaissance de son diplôme, délivrée par un centre international d’études pédagogiques. Chaque État possède le sien, rattaché au Ministère de l’éducation nationale - en France, c’est le centre ENIC-NARIC. La procédure est payante (70 euros en France).

Et en dehors de l’Europe ?

A côté de l’ETCS, uniquement valable en Europe, l’American Academic Credits est l’autre grand système qui harmonise les cursus universitaires.

Aux États-Unis, le nombre de crédits nécessaires pour être diplômé dépend également de la longueur du programme universitaire. Cependant, là où l’ETCS insiste sur le temps dont l’étudiant à besoin pour valider son cursus, l’American Academic Credits semble davantage considérer le temps mis par le professeur pour enseigner telle ou telle matière.

Chaque semestre accorde un certain nombre de crédits. L’on parle plus ici de « crédits-heures » ou « semestres-heures ». 

Les full-time degrees (cours qui requièrent un taux de présence de l’étudiant supérieur ou égal à 75%) donnent 15 crédits-heures par semestre - soit 30 crédits-heures par an. 

En général, un cours de premier cycle (licence) accorde 1 ou 2 crédits. Pour les Masters (y compris le MBA), un cours accorde 3 à 4 crédits. Un Bachelor - équivalent du diplôme de Licence - permet d’obtenir 120 à 130 crédits-heures. Le niveau Master seul accorde 30 à 64 crédits.

Si l’American Academic Credits permet d’harmoniser le système universitaire, il calcule aussi le rang de chaque étudiant. C’est le Grade Point Average (GPA), la « moyenne cumulative pondérée ». Obtenu grâce aux crédits-heures, le GPA donne une note aux étudiants, en convertissant ses résultats, donnés sous formes de lettres (de A à F), en chiffres. Le « A » signifie que l’étudiant à validé 90 à 100% de ses acquis. Avec un « B », le taux baisse sensiblement : 80 à 89%. Le « C » fait encore perdre 10%. Idem pour le « D » et le « E ». Avec un « F », le taux passe sous les 50%.

Les universités peuvent se servir du GPA pour sélectionner les étudiants. Une pression supplémentaire pèse ainsi sur les élèves, qui luttent pour avoir le meilleur score possible.

Tout comme pour l’ETCS uniquement valable au sein de l’Europe, l’American Academic Credits est un système fonctionnant aux États-Unis. Pour y faire valoir ses diplômes étrangers, il convient de se tourner vers un institut d’évaluation de crédits. Que l’on souhaite poursuivre ses études ou travailler, l’institut comparera vos crédits avec les standards américains. La procédure est payante.

Idem pour les autres pays hors non européens : c’est le cas par cas qui prime. Aucun diplôme n’est automatiquement transférable/valable d’un pays à l’autre. L’étudiant/le candidat à l’embauche peut se rapprocher de son Ambassade, qui pourra l’orienter vers un organisme apte à étudier son cas, tel le ENIC-NARIC.