Menu
Expat.com
Rechercher
Magazine
Rechercher

Nouvelles restrictions pour les étudiants étrangers et réforme du travail en Belgique

Actualités 4 min de lecture
Anvers, Belgique© SeanPavone / Envato Elements

De nouvelles règles encadrant le droit du travail en Belgique ont été publiées le 1er juin. Au programme : toujours plus de flexibilité pour encourager la création d'emplois. Une autre mesure prévoit de durcir les règles pour les étudiants non européens.

Réforme du droit du travail belge : à quoi doivent s'attendre les expatriés ?

Travail de nuit, heures supplémentaires, préavis en cas de licenciement… plusieurs mesures phares affectent les locaux et les étrangers.

Préavis en cas de licenciement

Le préavis de licenciement est désormais limité à 52 semaines maximum, même pour les salariés avec une longue ancienneté (plus de 17 ans). Le préavis continuera d'augmenter, mais atteindra un plafond après environ 17 ans de travail. Les années de travail supplémentaires ne seront donc pas prises en compte. Auparavant, il n'y avait aucune limitation. Les salariés ayant une longue ancienneté pouvaient bénéficier d'un préavis supérieur à deux ans. La réforme ne concerne que les contrats signés après le 1er juin 2026. Elle reste néanmoins très discutée. 

Travail de nuit

Avant la réforme, le travail de nuit était en principe interdit entre 20 h et 6 h, avec des dérogations possibles selon le secteur professionnel. Avec la réforme, le principe s'inverse : le travail de nuit devient théoriquement possible dans tous les secteurs d'activité. Ce changement s'accompagne de limitations pour les salariés de certaines branches professionnelles, comme la distribution et l'e-commerce : les primes versées à ces salariés seront limitées au travail effectué entre 23 h et 6 h du matin (contre 20 h avant la réforme). Ces mesures s'appliqueront aux nouveaux contrats de travail. En revanche, certaines règles sont assouplies pour les employeurs : ils pourront proposer plus facilement du travail de nuit, en passant, par exemple, par le règlement du travail. 

Temps très partiel

La réforme introduit le travail à temps partiel très court, ou le contrat à temps « très partiel ». Les salariés signant ce type de contrat devront effectuer au moins un dixième de temps plein. Auparavant, ils devaient effectuer au moins un tiers de temps plein. Pour le gouvernement, il s'agit d'une mesure permettant d'adapter au mieux la masse salariale aux besoins de l'entreprise. Les syndicats redoutent plutôt une fragilisation de l'emploi.

Heures supplémentaires volontaires

La réforme modifie les règles encadrant les heures supplémentaires volontaires. Tous les secteurs sont désormais soumis à un même système, qui autorise jusqu'à 360 heures supplémentaires volontaires par an (sauf dérogation spécifique). Si le salarié effectue 240 heures supplémentaires, il n'aura droit à aucun sursalaire. En revanche, il bénéficiera d'un régime social et fiscal favorable. La réforme entraîne un durcissement des règles pour les travailleurs à temps partiel. Car les heures supplémentaires volontaires ne seront possibles qu'en cas d'augmentation temporaire du travail, et uniquement si le travailleur est à temps partiel depuis au moins 3 ans. Néanmoins, cette nouvelle règle ne concerne pas les travailleurs à temps partiel déjà liés par un accord à ce sujet.

Hauts revenus

Autre mesure controversée : le plafonnement de l'indexation des salaires. Pour rappel, les salaires bruts sont indexés automatiquement, en application de règles sectorielles. La réforme introduit une limitation de l'indexation des salaires en deux temps. 

  • Juin 2026 : la limitation ne concernera que les salaires supérieurs à 4 000 € brut mensuels.
  • 2028 : salaires de 4 000 € brut ciblés par la mesure.

Rien ne changera pour les salariés étrangers gagnant 4 000 € brut mensuel ou moins. En revanche, les étrangers gagnant plus de 4 000€ brut seront impactés. Par exemple, la somme dépassant les 4 000 bruts en 2026 ne sera plus indexée en pourcentage. À la place, le salarié percevra un montant fixe, basé sur l'indexation appliquée aux 4 000€. 

D'après le gouvernement, cette limitation vise à soutenir les entreprises tout en impactant positivement le budget de l'État. A contrario, les détracteurs de la mesure estiment que les hauts revenus seront moins protégés. De plus, elle pourrait réduire l'attractivité de la Belgique, à l'heure où le pays recherche des talents étrangers.

Rejoignez la communauté Belgique

Recevez régulièrement des conseils pour mieux vivre votre expatriation

Étudier en Belgique : des conditions plus strictes

Attirer les étudiants étrangers tout en luttant contre les abus : depuis le 1er juin, de nouvelles règles, plus strictes, sont entrées en vigueur.

Changement de filière : non aux changements abusifs

La réforme entend mettre fin au changement de filière « abusif ». Car d'après l'exécutif, des étudiants non européens utiliseraient ce système pour prolonger leur séjour en Belgique. Les études seraient alors un prétexte pour rester sur le territoire. En 2025, le refus de prolongation pour ce motif a représenté 36 % des refus. 

Études : prouver plus rapidement sa réussite

La réforme augmente le niveau requis pour les étudiants non européens. Après deux années d'études, ils devront détenir au moins 60 crédits, plus 40 crédits par année supplémentaire pour conserver ou renouveler leur permis d'études. Les règles seront encore plus strictes pour les candidats au master ou au doctorat. Les demandes de prolongation de permis de séjour seront refusées aux étudiants voulant s'inscrire dans un 3e domaine d'études (durant les 3 premières années de leur séjour) alors qu'ils n'ont pas validé de diplôme dans les deux domaines précédents.

Inscription dans un établissement non agréé : moins de visas délivrés

Les conditions sont également durcies pour les étrangers non européens s'inscrivant dans des établissements non agréés (non reconnus par l'État). L'État rappelle que les acceptations de visas sont bien moins élevées pour les demandes faites auprès d'un établissement non agréé (à peine 51 % d'acceptation, contre 82 % pour les établissements reconnus par l'État).

Travailler
travail
Belgique
Partagez cet articlef𝕏in
Asaël Häzaq
À propos de l'auteur

Rédactrice web spécialisée en actualité politique et socio-économique, Asaël Häzaq observe et décrypte les tendances de la conjoncture internationale. Forte de son expérience d'expatriée au Japon, elle propose conseils et analyses sur la vie d'expatrié : choix du visa, études, recherche d'emploi, vie de travail, apprentissage de la langue, découverte du pays. Titulaire d'un Master II en Droit - Sciences politiques, elle a également expérimenté la vie de nomade numérique.

Commentaires

Continuez votre lecture

Rejoignez la communauté Belgique

Recevez régulièrement des conseils pour mieux vivre votre expatriation

Découvrez les derniers guides pays