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États, provinces ou régions : à qui s'adresser pour un permis de travail ?

demande de permis de travail
AnnaStills / Envato Elements
Écrit parPaul Arnoldle 21 Janvier 2026

Lorsque l'on prépare un projet d'expatriation professionnelle, il n'est pas rare de passer des heures sur les sites officiels des gouvernements pour vérifier les conditions d'éligibilité, les seuils de salaire ou les types de visas disponibles. Dans la plupart des pays, la décision finale relève de l'État central. Mais dans certains, les démarches doivent être effectuées auprès de l'État, de la province ou de la région où vous comptez vous installer. C'est notamment le cas en Belgique, au Canada, en Suisse, en Australie, mais aussi en Autriche et aux Émirats arabes unis, où les systèmes sont partiellement ou totalement décentralisés. On vous dit tout dans cet article.

Canada

Pour vivre et travailler au Canada et, à terme, obtenir la résidence permanente, vous devrez le plus souvent passer par le Programme des candidats des provinces (PCP/PNP), en particulier si vous êtes un travailleur qualifié.

La procédure commence par la création d'un profil auprès du gouvernement fédéral. Vous pourrez ensuite soumettre une demande directement auprès d'une province, comme l'Ontario, l'Alberta ou la Saskatchewan. Chaque province applique ses propres critères de sélection.

Si votre candidature est retenue, vous recevrez un certificat de désignation provinciale. Ce document vous permet ensuite de déposer une demande officielle de permis de travail ou de résidence permanente auprès des autorités fédérales. Certaines provinces peuvent fournir des lettres de soutien pour un permis temporaire, mais vous ne pouvez pas commencer à travailler sans validation fédérale.

Les travailleurs indépendants et freelances doivent généralement passer par des volets spécifiques destinés aux entrepreneurs ou aux personnes exerçant à leur compte, et non par les programmes classiques de travailleurs qualifiés. Les exigences varient fortement d'une province à l'autre.

Australie

En Australie, il n'existe pas, à proprement parler, de demande directe de permis de travail. Le processus débute par le dépôt d'une Expression of Interest (EOI) via SkillSelect, la plateforme nationale de sélection des migrants qualifiés. Ce système attribue des points selon des critères tels que l'âge, l'expérience professionnelle ou le niveau d'anglais. Vous devrez y fournir des informations détaillées sur votre parcours et indiquer si vous souhaitez être parrainé par un État ou un territoire. Certains États exigent également une déclaration d'intérêt distincte dans le cadre de leur propre programme de migration.

Les États et territoires sélectionnent ensuite, dans le vivier de candidats, ceux qu'ils souhaitent inviter. Si vous êtes retenu, vous recevrez une Invitation to Apply. Vous disposez en général de 60 jours pour soumettre un dossier complet et fournir les preuves correspondant à toutes les informations déclarées. Toute incohérence ou tout document manquant entraîne un refus immédiat.

Les freelances et travailleurs indépendants doivent également obtenir une nomination d'un État et fournir des justificatifs de leur activité, comme des contrats clients ou des déclarations fiscales.

Suisse

Pour travailler en Suisse, la démarche est entamée par l'employeur, qui doit déposer une demande auprès de l'autorité cantonale du marché du travail. Chaque canton gère ses propres contingents de permis en fonction de ses besoins économiques locaux. L'employeur doit démontrer qu'il n'a pas trouvé de candidat suisse ou ressortissant de l'Union européenne pour occuper le poste. Les ressortissants de pays tiers (hors UE/AELE) sont soumis à des quotas annuels, réinitialisés chaque année en janvier. Une fois le quota d'un canton atteint, aucune nouvelle demande n'est acceptée avant l'année suivante.

Les travailleurs indépendants doivent, quant à eux, s'adresser directement aux autorités cantonales et présenter un business plan démontrant l'intérêt économique de leur activité pour la région concernée.

Belgique

En Belgique, la demande de permis est en principe déposée par l'employeur auprès de la région où vous exercerez votre activité. Le dossier comprend notamment le contrat de travail, vos qualifications et un certificat médical, le tout transmis via une plateforme régionale.

Chaque région évalue la demande selon ses propres critères, notamment les listes de métiers en pénurie ou les résultats d'un test du marché du travail. En cas d'accord régional, l'État fédéral délivre ensuite rapidement le permis unique, un document qui fait office à la fois de permis de travail et de titre de séjour.

Les indépendants doivent demander une carte professionnelle auprès de la région où ils souhaitent s'installer en prouvant la valeur économique de leur activité pour le territoire concerné.

Autriche

L'Autriche dispose d'une liste nationale des métiers en pénurie, qui tient compte des besoins régionaux du marché du travail. Vous pouvez solliciter un permis si votre profession figure sur cette liste et que vous atteignez le nombre de points requis. Les demandes sont traitées au niveau de l'État fédéré (Land) où vous comptez travailler. Vous postulerez dans tous les cas pour la carte rouge-blanc-rouge, un permis combinant droit de séjour et droit de travail. Le dossier est examiné par l'antenne régionale du service public de l'emploi.

Si la demande est acceptée, le permis est généralement valable jusqu'à 24 mois et lié à un employeur précis.

Les travailleurs indépendants doivent, quant à eux, demander la carte pour travailleurs clés indépendants. Les autorités régionales vérifieront que l'activité projetée présente un bénéfice macroéconomique pour l'État concerné.

Émirats arabes unis

Aux Émirats arabes unis, le système est également décentralisé. Si l'entreprise est implantée sur le territoire « mainland », la demande passe par le ministère des Ressources humaines et de l'Émiratisation. En revanche, les entreprises installées dans une zone franche dépendent de l'autorité de celle-ci.

Le pays compte plus de 40 zones franches, chacune disposant de sa propre juridiction et de ses propres règles. Parmi les plus connues figurent Dubai Internet City pour la tech ou Jebel Ali Free Zone pour la logistique. Un permis délivré par une zone franche ne permet pas nécessairement de travailler pour une entreprise située ailleurs, même dans la même ville.

Les freelances doivent demander un Freelance Permit via une zone franche agréée ou opter pour un Green Visa fédéral.

Ce qu'il faut savoir avant de déposer une demande de permis de travail

Dans des pays comme la Belgique ou la Suisse, l'approbation régionale n'est souvent qu'une première étape. Le dossier est ensuite transmis à une autorité fédérale chargée des contrôles de sécurité et de séjour.

Pensez toujours à consulter les listes régionales de métiers en pénurie : une profession peu demandée au niveau national peut être recherchée localement.

Dans les systèmes décentralisés, le droit de séjour est généralement étroitement lié au permis de travail. En cas de rupture du contrat, le délai pour retrouver un nouvel employeur peut être très court.

De nombreux permis imposent de vivre et de travailler dans la région qui vous a accordé l'autorisation pendant une durée minimale. Un déménagement anticipé risque de compromettre votre statut.

Certaines administrations régionales ne fonctionnent qu'en langue locale. Si vous ne la maîtrisez pas, l'aide d'un traducteur ou d'un intermédiaire peut s'avérer nécessaire.

Assurez-vous que tous vos documents sont certifiés conformément aux règles locales. La moindre erreur peut entraîner un refus.

Sources :

Visas
A propos de

Paul, ancien rédacteur et producteur à la BBC spécialisé en sciences et actualités, vit en Espagne depuis plus de 15 ans. Rédacteur freelance, il aime aussi la lecture, la natation et se balader le long des plages espagnoles.

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