En Hokkaido, dans la station de ski de Niseko, non loin de Kutchan, les discussions sont vives. Bien connue des touristes locaux et étrangers, la station de ski de Niseko accueille une clientèle internationale. C'est toute la région de Kutchan qui profite de cet essor touristique. Il représente actuellement 50 milliards de dollars. Pour booster le tourisme, des promoteurs projettent de construire des logements réservés aux travailleurs saisonniers ; les logements pourraient en accueillir 1 200, dont une majorité d'étrangers. Ils sont déjà 22 % à Kutchan. La ville, tout comme les autres régions du Japon, ne peut se composer sans ces expatriés. À Kutchan, la population vieillit. Les jeunes partent et ne reviennent pas. La ville se vide. Les expatriés contribuent à la faire revivre.
Mais ce nouveau projet immobilier divise. Des habitants exigent que le gouvernement le bloque. Le parti nationaliste Sanseitô les rejoint. Selon lui, les expatriés représentent une menace pour la sécurité et l'identité des Japonais.
Ces propos, Jigyan Kumar Thapa, Népalais vivant au Japon depuis 25 ans, les a entendus alors qu'il rentrait chez lui, après une journée de travail. Un Japonais d'environ 30 ans l'invective, car il porte un « topi », chapeau traditionnel népalais. Effrayé, Thapa ne répond rien. Quelques jours plus tard, il partage son amour du Japon, ses incompréhensions et sa peine sur le réseau social X. Son post devient viral. Mais là encore, s'échappent des commentaires racistes qui blessent le résident étranger. Thapa maintient son discours : oui aux échanges multiculturels. Interprète officiel pour l'Ambassade du Népal au Japon et membre de la Fondation internationale, il œuvre justement à promouvoir le respect entre les cultures.




