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Des Thaïlandais manifestent contre l'inaction du gouvernement quant à la pollution atmosphérique
BANGKOK (Reuters) - Des dizaines de militants ont organisé jeudi une rare manifestation contre la pollution de l'air à Bangkok, un jour après que les autorités thaïlandaises ont fermé des écoles pour faire baisser les niveaux de pollution.
Les niveaux de pollution de l'air dans la capitale, la ville la plus visitée au monde, se sont maintenus à des niveaux insalubre au cours du dernier mois - plus de 100 selon l'indice de la qualité de l'air.
L'indice a franchi le seuil de 151, considéré comme dangereusement malsain pour la population à la fin de la semaine dernière, et a continué de grimper jusqu'à atteindre 163 lundi, selon AirVisual.
Les écoles ont été fermées pour la journée de mercredi et, jeudi, l'indice est retombé à 121.
Les militants, portant des masques anti-pollution, ont déclaré qu’ils se rendaient au Siège du gouvernement en raison de l’inaction des autorités.
"La pollution de l'air affecte tout le monde ... c'est une question de vie ou de mort pour nous tous", a déclaré Tara Buakamsri, directrice thaïlandaise de Greenpeace, alors que les voitures et les motos roulaient alentour en émettant de la fumée de manière insolente.
Les particules présentes dans la poussière, la suie et la fumée et suffisamment petites pour se loger profondément dans les poumons et pénétrer dans la circulation sanguine, connues sous le nom de PM 2,5, ont été mesurées à des niveaux insalubres pendant 23 des 30 derniers jours à Bangkok, selon AirVisual.
Plus tôt cette semaine, le Premier ministre Prayuth Chan-ocha a déclaré que les personnes en bonne santé comme lui pouvaient le supporter et que les membres des groupes à risque devraient porter des masques.
Son commentaire cynique a mis en colère certains des militants.
Tara a déclaré que la protection de l'environnement et de la santé ne nuit pas au développement économique, lors de la manifestation.
Lorsque les écologistes sont arrivés au siège du gouvernement, un haut fonctionnaire du ministère de l'Environnement, Nopadol Phonsen, est venu leur parler, leur disant que les autorités se réunissaient pour discuter des mesures à prendre pour résoudre le problème.
"Nous sommes tous sous le même ciel. Nous voulons que l'air que nous respirons soit propre et sain », a-t-il déclaré.
Ce vendredi l'air est respirable à Bangkok. Selon les observateurs, la raison n'en est pas l'action du gouvernement mais un simple coup de vent marin dans le golf de Thaïlande. Avant ce vendredi, le dernier jour de qualité de l'air tolérable en ville remonte au 4 janvier.
Le gouvernement a annoncé un train de 12 mesures qu'il dit vouloir mettre en place dans un futur proche. Les mesures décidées l'an passé n'ont jamais été appliquées. Ainsi, le problème est sans doute plus du côté du respect de la loi que du côté de la rédaction de nouvelles législations.
La preuve en est la véritable guerre de tranchées qui fait rage entre les paysans qui continuent de pratiquer l'écobuage et les autorités qui tentent, en vain, de les en empêcher. Les agriculteurs affirment qu'ils ne se soucient pas de la santé de leurs compatriotes mais uniquement de leur portefeuille et arguent que bruler est gratuit alors que le traitement des champs par d'autres moyens est onéreux.
Les autorités ont pourtant trouvé une méthode vertueuse : infliger des amendes aux paysans qui brulent pour redistribuer des subventions à ceux qui ne brulent pas. En vain.