S'expatrier en situation de handicap : que faut-il prendre en compte ?

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Publié le 2021-09-22 à 10:00
S'expatrier ? Le rêve de milliers de personnes attirées par un dépaysement météorologique, une nouvelle opportunité professionnelle, un amour parti bien loin. Qu'en est-il des personnes qui sont en situation de handicap ?

Si les motivations sont différentes d'une personne à l'autre, il est bien souvent recommandé par celles et ceux qui l'ont déjà  vécu, d'évaluer en amont et dans les justes mesures, les  risques qu'une telle décision peut représenter. Bien sûr, il peut y avoir les « aventuriers » qui partent et larguent les amarres  sans espoir de retour.  

Mais, il y a aussi des situations qui demandent encore plus de réflexion AVANT de franchir le pas. Car, si nous ne  pouvons bien entendu pas nous permettre de déconseiller quoique ce soit, notre rôle est aussi d'éclairer un peu votre  lanterne lorsqu'il s'agit par exemple, d'envisager une  expatriation en situation de handicap. Petit tour de la question pour éviter (trop) d'inutiles déceptions. 

Peut-être faut-il tout d'abord s'entendre sur ce que l'on met derrière cette notion, ce mot : « HANDICAP ». Parfois, un  handicap ne se voit pas à l'œil nu. Pourtant, la personne qui  en souffre, elle sait à quel point elle peut être dépendante d'un traitement devant être pris de manière régulière. Que  ferait-elle si elle était subitement privée de séance de dialyse  ? Qu'adviendrait-il si la pharmacie dans laquelle elle se  fournit en seringues réfrigérées recommandées pour la  polyarthrite rhumatoïde et délivrée selon des prescriptions  strictes ne pouvait la fournir faute d'une rupture de stock.  En France, en Belgique, aux Pays-Bas, l'approvisionnement  en médicaments semble être encore, de manière satisfaisante assuré. Mais et la crise sanitaire actuelle l'a largement  prouvé, certains médicaments n'ont pu être délivrés et cela à  causer de graves problèmes de santé aux personnes  concernées.  

Il y a donc lieu lorsque l'on est en situation de handicap et  que l'on souhaite malgré cela tenter l'expatriation, de  prendre TOUTES les informations AVANT d'envisager de  boucler ses valises.  

Lorsque l'on perçoit des allocations (allocation adulte handicapé, allocation d'éducation enfant handicapé, prestation de compensation du handicap pour des enfants OU/et des adultes), il faut savoir que ces prestations ne sont conditionnées QUE à la résidence du bénéficiaire en France. 

Le versement en sera donc suspendu si vous vous installez à  l'étranger SAUF dans trois cas bien précis : 

  • La poursuite d'études,  
  • L'apprentissage d'une langue étrangère ou  
  • La formation professionnelle. 

Le service social du consulat du pays dans lequel vous partez  vous établir pourra vous apporter toutes les aides pour en  savoir un peu plus.  

Dans le cas de la scolarisation d'enfant porteur de handicap,  cela ne se fait pas de manière automatique. Mais, si le  handicap de l'enfant le permet, elle peut être envisagée dans  les établissements de l'AEFE (Agence pour l'enseignement  Français à l'Etranger), de la MLF (Mission Laïque  Française) et dans nombre d'établissements homologués. 

Vous l'aurez compris : d'un pays à l'autre, les « offres » de  soins et de prises en charge sont différentes. En d'autres  termes, il peut arriver que ce qui était assuré à 100% dans  votre pays d'origine ne le soit qu'à 30 voire 50 % dans votre  destination de rêve. Voir pas du tout lorsque vous vous  rendez compte que vous ne remplissez pas toutes les  conditions d'octroi ! 

CONSULTEZ tout d'abord les sites d'informations (en plus  du nôtre) pour savoir si le pays que vous choisissez respecte  les règles établies en matière européenne, si vous partez en  Europe.  

Hors Europe, sachez que certains pays n'ont pas signé  d'accord de sécurité sociale avec la France. Il faudra donc se  renseigner sur la législation locale : organismes de sécurité  sociale à l'étranger (Cleiss). 

Tous les pays sont en effet libres de décider QUI sera  couvert, QUELLES seront les prestations assurées et leurs  conditions. Et les choses peuvent très vite évoluer. 

VERIFIEZ ce que votre pays d'origine couvre et ce que le  pays dans lequel vous pensez vous établir couvrira. Et  comparez !  

DEMANDEZ à votre institution d'assurance- maladie  AVANT votre départ si les soins remboursés chez vous le seront aussi là-bas. Exemple, certaines cures (et nous ne  parlons pas ici de cures de soins esthétiques) sont prises en  charge par certains Etats, d'autres pas.  

En règle générale, si vous avez obtenu une autorisation de  remboursement pour des soins hospitaliers, la prise en  charge se fera au taux le plus élevé, soit celui de l'État de votre institution d'assurance maladie, soit celui de l'Etat  dans lequel vous séjournez.  

En conclusion :  

Qu'en règle générale qui dit travailleur salarié « EXPATRIE » dit rattaché au régime de sécurité sociale  locale de l'État sur le territoire duquel il travaille. Il y a donc  obligation de cotiser au régime de protection sociale de votre  nouveau pays d'accueil. 

PASSEZ aussi en revue avant de partir, toutes les modalités  de transports, de scolarité éventuelle, la disponibilité et le  coût du personnel soignant sur place.  

Un lien intéressant reste celui du CLEISS ; Centre des  Liaisons Européennes et Internationales de Sécurité Sociale  et ne perdez pas de vue que le fait de souscrire une  assurance complémentaire en matière de soins de santé peut  parfois s'avérer utile. 

Sonia Boulanger.