
S'expatrier ? Le rêve de milliers de personnes attirées par un dépaysement météorologique, une nouvelle opportunité professionnelle, un amour parti bien loin. Qu'en est-il des personnes qui sont en situation de handicap ?
Si les motivations sont différentes d'une personne à l'autre, il est bien souvent recommandé par celles et ceux qui l'ont déjà vécu, d'évaluer en amont et dans les justes mesures, les risques qu'une telle décision peut représenter. Bien sûr, il peut y avoir les « aventuriers » qui partent et larguent les amarres sans espoir de retour.
Mais, il y a aussi des situations qui demandent encore plus de réflexion AVANT de franchir le pas. Car, si nous ne pouvons bien entendu pas nous permettre de déconseiller quoique ce soit, notre rôle est aussi d'éclairer un peu votre lanterne lorsqu'il s'agit par exemple, d'envisager une expatriation en situation de handicap. Petit tour de la question pour éviter (trop) d'inutiles déceptions.
Peut-être faut-il tout d'abord s'entendre sur ce que l'on met derrière cette notion, ce mot : « HANDICAP ». Parfois, un handicap ne se voit pas à l'œil nu. Pourtant, la personne qui en souffre, elle sait à quel point elle peut être dépendante d'un traitement devant être pris de manière régulière. Que ferait-elle si elle était subitement privée de séance de dialyse ? Qu'adviendrait-il si la pharmacie dans laquelle elle se fournit en seringues réfrigérées recommandées pour la polyarthrite rhumatoïde et délivrée selon des prescriptions strictes ne pouvait la fournir faute d'une rupture de stock. En France, en Belgique, aux Pays-Bas, l'approvisionnement en médicaments semble être encore, de manière satisfaisante assuré. Mais et la crise sanitaire actuelle l'a largement prouvé, certains médicaments n'ont pu être délivrés et cela à causer de graves problèmes de santé aux personnes concernées.
Il y a donc lieu lorsque l'on est en situation de handicap et que l'on souhaite malgré cela tenter l'expatriation, de prendre TOUTES les informations AVANT d'envisager de boucler ses valises.
Lorsque l'on perçoit des allocations (allocation adulte handicapé, allocation d'éducation enfant handicapé, prestation de compensation du handicap pour des enfants OU/et des adultes), il faut savoir que ces prestations ne sont conditionnées QUE à la résidence du bénéficiaire en France.
Le versement en sera donc suspendu si vous vous installez à l'étranger SAUF dans trois cas bien précis :
- La poursuite d'études,
- L'apprentissage d'une langue étrangère ou
- La formation professionnelle.
Le service social du consulat du pays dans lequel vous partez vous établir pourra vous apporter toutes les aides pour en savoir un peu plus.
Dans le cas de la scolarisation d'enfant porteur de handicap, cela ne se fait pas de manière automatique. Mais, si le handicap de l'enfant le permet, elle peut être envisagée dans les établissements de l'AEFE (Agence pour l'enseignement Français à l'Etranger), de la MLF (Mission Laïque Française) et dans nombre d'établissements homologués.
Vous l'aurez compris : d'un pays à l'autre, les « offres » de soins et de prises en charge sont différentes. En d'autres termes, il peut arriver que ce qui était assuré à 100% dans votre pays d'origine ne le soit qu'à 30 voire 50 % dans votre destination de rêve. Voir pas du tout lorsque vous vous rendez compte que vous ne remplissez pas toutes les conditions d'octroi !
CONSULTEZ tout d'abord les sites d'informations (en plus du nôtre) pour savoir si le pays que vous choisissez respecte les règles établies en matière européenne, si vous partez en Europe.
Hors Europe, sachez que certains pays n'ont pas signé d'accord de sécurité sociale avec la France. Il faudra donc se renseigner sur la législation locale : organismes de sécurité sociale à l'étranger (Cleiss).
Tous les pays sont en effet libres de décider QUI sera couvert, QUELLES seront les prestations assurées et leurs conditions. Et les choses peuvent très vite évoluer.
VERIFIEZ ce que votre pays d'origine couvre et ce que le pays dans lequel vous pensez vous établir couvrira. Et comparez !
DEMANDEZ à votre institution d'assurance- maladie AVANT votre départ si les soins remboursés chez vous le seront aussi là-bas. Exemple, certaines cures (et nous ne parlons pas ici de cures de soins esthétiques) sont prises en charge par certains Etats, d'autres pas.
En règle générale, si vous avez obtenu une autorisation de remboursement pour des soins hospitaliers, la prise en charge se fera au taux le plus élevé, soit celui de l'État de votre institution d'assurance maladie, soit celui de l'Etat dans lequel vous séjournez.
En conclusion :
Qu'en règle générale qui dit travailleur salarié « EXPATRIE » dit rattaché au régime de sécurité sociale locale de l'État sur le territoire duquel il travaille. Il y a donc obligation de cotiser au régime de protection sociale de votre nouveau pays d'accueil.
PASSEZ aussi en revue avant de partir, toutes les modalités de transports, de scolarité éventuelle, la disponibilité et le coût du personnel soignant sur place.
Un lien intéressant reste celui du CLEISS ; Centre des Liaisons Européennes et Internationales de Sécurité Sociale et ne perdez pas de vue que le fait de souscrire une assurance complémentaire en matière de soins de santé peut parfois s'avérer utile.
Sonia Boulanger.



















