Une dinde à New York

Blog du mois
Publié il y a 6 ans

Je suis une banlieusarde parisienne qui a commencé l’aventure de l’expatriation à la naissance de mon premier enfant il y a 7 ans. Mes parents sont vietnamiens mais je suis née à Paris.

Je suis une banlieusarde parisienne qui a commencé l’aventure de l’expatriation à la naissance de mon premier enfant il y a 7 ans. Mes parents sont vietnamiens mais je suis née à Paris.

Comment t'est venue l'idée de t'installer à New York?

Comme beaucoup, j’ai suivi mon Mari qui s’est fait muter par sa boîte de Londres à New-York. Il m’a annoncé ça une semaine après avoir accouché de mon deuxième enfant et nous avons tout de suite été emballés par l’idée de nous y installer… même si nous n’y avions jamais mis les pieds! En gros, la première fois que nous sommes venus à New-York, c’était pour visiter des écoles et des apparts, c’était assez bizarre. Mon mari travaillant pour des financiers suceurs de sang, on a facilement obtenu un visa E2 qui m’a permis de travailler.

Depuis combien de temps es-tu partie? Est-ce la première fois que tu vis aussi loin de chez toi?

Nous vivions à Londres depuis 5 ans, cela fait 2 ans que nous vivons à New-York et nous repartons à Londres dans exactement 3 semaines! Un retour aux sources après une belle aventure américaine, bien qu’un peu courte à mon goût… En gros, il faut 2 ans pour faire son trou, s’adapter à la culture et se faire un bon réseau. Je pars au moment où je me sentais de plus en plus américaine !

Comment s'est passée l'installation?

Super bien. Je n’ai pas fait les mêmes erreurs qu’à Londres où je suis restée prostrée dans mon coin la première année : je me suis incrustée dans plusieurs réseaux dont Accueil NY qui est un passage obligé, j’ai contacté des gens que je ne connaissais pas, j’ai créé un groupe de blogueurs français à NY et le fait d’avoir des enfants scolarisés aide également à se faire pas mal de contacts au sein de l’école. New York est une ville où le “networking” est indispensable. Et puis pour être honnête, on a moins de mal à s’adapter dans un milieu urbain qu’au milieu de la cambrousse. Moi, si j’ai un métro, un bar et un Zara pas loin de chez moi, je me sens tout de suite à l’aise!

Les New-yorkais sont-ils accueillants?

Très. Autant les Anglais sont assez froids, autant les Américains sont super ouverts et on se fait facilement aborder dans la rue ou dans le métro pour parler de tout et de rien. Ils aiment leur ville qu’ils considèrent comme le centre du monde, sont sûrs d’eux et ont une vision des choses assez « cheesy ». Tout est « amazing », « so great », « awesome » : ça change du râleur français ! Ils font preuve d’un enthousiasme désarmant et contagieux !

Ils portent également une grande attention aux enfants mais gare aux parents étourdis qui ne surveillent pas leurs rejetons quand ils font des bêtises ou courent dans les magasins : il n’est pas rare de recevoir des leçons de bonne éducation de la part de parfaits inconnus ! Bref, j’ai arrêté de fumer en poussant la poussette !

Qu'est-ce qui t'a le plus surpris à New York?

Que l’on donne le permis de conduire à des chauffeurs de taxis qui ne savent pas se servir de la pédale de frein !

Et puis je trouve que New-York est une ville qui s’adresse aux femmes, surtout si elles sont un minimum sportives, aiment sortir, faire du shopping, se faire de bonnes bouffes dans des restos bio et prendre soin d’elles : à 10$ la manucure, pourquoi se priver ?

Quelles sont les différences les plus marquantes avec la France, ton pays d'origine?

Tous les magasins et restaurants sont ouverts le dimanche et certains 24h/24h ! Cette facilité pousse à la consommation mais les New-yorkais vivent sans faire de pause. Il y a tellement de choses à faire ici qu’on a des remords à glander le week-end.

Quel est ton meilleur souvenir?

Il y en a tellement, cette ville vous fait tourbillonner. Mais je citerai la dernière birthday party d’une amie. Nous nous sommes retrouvées en robes de soirées, vautrées dans une limousine blanche conduite par une ancienne chauffeur de camion, le champagne coulant à flots et un finish sur Times Square en plein milieu de la Fleet week ! Nous sommes montées sur les marches rouges et tous les gens autour ont chanté « Happy Birthday » avec nous… Un condensé de « Sex and the City » et de « La mélodie du Bonheur » !

Est-ce qu'il y a des choses qui te manquent depuis que tu es installée aux États-Unis?

Ma maman ;))

Certains vous diront foie gras, saucisson et fromages mais si vous aimez le gras, y’a de quoi faire ici !

As-tu déjà visité les pays aux environs des États-Unis (ou d'autres régions du pays)?

Ici, on prend l’avion comme on prend le train de banlieue et visiter les Etats-Unis est vraiment facile! Nous avons visité la Floride (les Keys et Orlando), Washington, San Francisco, nous avons skié dans le Vermont, observé les baleines à Cape Cod et notre dernière escapade était dans les Adirondacks, une magnifique région dans le nord de New York où nous avions loué avec d’autres copains une maison au bord d’un lac. Mais nous sommes frustrés de ne pas être allés à Las Vegas ! En 2 ans seulement, difficile de visiter tous les Etats-Unis :(.

Qu'est-ce qui t'a donné envie d'écrire ce blog?

J’ai commencé à écrire le blog quand j’étais à Londres. Comme je suis de nature timide, j’étais frustrée de ne pas m’exprimer avec aisance oralement, même au téléphone quand mes proches me demandaient des nouvelles. Et puis j’en avais un peu marre d’envoyer des tonnes de photos individuellement.

Ma sœur et mon frère avaient un blog à l’époque et ils m’ont poussée à faire de même. J’ai voulu garder mon anonymat et m’adresser à des mamans et des expatriées de manière générale. Je m’exprime dans ce blog comme dans la vie, c’est à dire, comme un charretier et j’abhorre l’angélisme quand il s’agit de parler des enfants : c’est une véritable thérapie pour moi. Certains détestent mon style mais beaucoup de lecteurs se retrouvent dans mes lignes : cela me rassure !

Beaucoup de futurs expats m’écrivent également pour avoir des informations sur la vie à NY et j’essaye de tempérer leurs angoisses en leur donnant le max d’infos. Et surtout, je les renvoie sur le site d’Expat blog ;).

Et puis je me suis ultra modernisée en créant une page Facebook comme le font la plupart des bloggeurs maintenant.

As-tu déjà rencontré du monde grâce à ton blog?

Holalala oui !! Plein !

Ça a commencé grâce à Fabienne dont le blog LostandFoundinLondon est un incontournable ! En fait, nous nous lisions mutuellement entre blogueuses depuis des années et quand j’ai annoncé que je partais à New-York, Fabienne a lancé l’idée qu’on se rencontre enfin autour d’un apéro avant mon départ. D’une simple rencontre est né l’apéroblog de Londres qui réunit pas moins de 15-20 blogueurs une fois par mois, j’y ai rencontré plein de gens que j’avais l’impression de déjà connaître pour avoir lu leur blog et vice et versa. Ainsi, quand j’ai débarqué à New York, j’ai contacté les quelques blogueuses françaises de NY (Séverine de RomaininNY, Jennico, La Dolce Vita, Clara D’une Pomme à l’autre) et quand je leur ai proposé l’idée de créer l’apéroblog NYC en jumelage avec l’apéroblog de Londres, elles ont tout de suite adhéré ! Ce groupe existe depuis plus d’un an et regroupe blogueurs mais aussi plein de Français tout fraîchement arrivés et qui souhaitent rencontrer d’autres Français. D’ailleurs, nous organisons un apéro ce soir [ndlr : en juin] avec les French Geeks de NY créé par Mme Lolo et qui regroupe plus des gens férus de nouvelles technologies, etc…

Et last but not least, nous avons même été reçus par le Consul de France à New York pour travailler ensemble sur leur nouveau site MyFranceinNY mais aussi voir comment nous pouvions aider à centraliser toutes informations utiles pour les futurs expatriés: un grand moment !

Quel(s) conseil(s) donnerais-tu à celles et ceux qui souhaiteraient aller vivre à New York / aux États Unis?

Rien n’est impossible, l’obtention du visa peut prendre du temps et c’est compliqué mais dès qu’on l’a en poche, ce n’est que du bonheur assuré !! New-York est une ville où on se redécouvre et où on se construit une nouvelle vie, une nouvelle carrière. On est loin de l’angoisse et la morosité à la française et toutes les opportunités sont bonnes à saisir !

Une dinde à New York