Quels pays tiennent à cœur les droits des salariés à l’ère du COVID-19 ?

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Publié le 2020-06-30 09:00

Vos droits en tant que salarié sont plus que jamais une priorité à l’ère du COVID-19, que vous soyez déjà à l’étranger ou que vous avez prévu de vous expatrier après la crise sanitaire. A ce titre, quels sont les pays où vous n'avez aucun souci à vous faire en ce qui concerne vos droits, mais aussi, où vous ne risquez pas d’être licencié et de vous retrouver sans un rond ? Cet article vous dit tout.

Selon une étude réalisée par l'institut Brookings, une douzaine de pays, la plupart se trouvant en Europe, ont mis en place des mesures visant à prévenir les licenciements en masse en cette période de crise sanitaire mondiale. D'ailleurs, certains d'entre eux sont en train de fournir des allocations et des subventions aux employés qui sont actuellement au chômage technique. Aux États-Unis, en revanche, 13% des salariés ont été licenciés et touchent une assurance chômage.

Où fait-il bon d’être employé en cette période de crise ?

Autriche

L'Autriche étant l'un des pays les moins impactés par la crise de COVID-19, le travail à distance n'est pas obligatoire. Cependant, de nombreuses entreprises ont trouvé un accord avec leurs employés au sujet du travail à distance jusqu’à nouvel ordre, afin de préserver l'emploi autant que possible. Qui plus est, les employeurs ne peuvent pas empêcher leurs salariés à se rendre sur leur lieu de travail, et même s'ils persistent à le faire, ils doivent quand même leur verser un salaire. Le gouvernement autrichien a également introduit le concept d'heures réduites afin de prévenir le licenciement en masse. En ce qui concerne les employés du domaine de la santé, y compris les hôpitaux, les institutions et les laboratoires, un décret en date du 4 mars 2020 les autorise à prendre des temps de repos et à bénéficier d'une limite sur les heures ouvrées pour leur permettre de retrouver un certain équilibre vie privée-vie professionnelle.

Belgique

En Belgique, en cas de licenciement temporaire en raison de force majeure, comme la crise de COVID-19, une allocation est versée au salarié, soit par l'employeur soit par le bureau de l'emploi. Qui plus est, le renvoi injustifié est peu commun dans le pays puisque tout employé a le droit de demander les raisons concrètes quant à son licenciement. Ainsi, les entreprises qui ne peuvent pas rouvrir leurs portes dans l’immédiat et dont les employés ne peuvent pas travailler à distance peuvent opter pour l'emploi temporaire. Il est également intéressant que noter qu'n général les syndicalistes, les femmes enceintes et les papas qui sont en congé parental, ainsi que les conseillers en matière de prévention, ne peuvent pas être être renvoyés de manière injustifié, même si dans certains cas, c'est possible à condition qu'une compensation leur soit versée.

Danemark

Si vous travaillez au Danemark, vous êtes sans doute inscrit auprès d'un A-kasser, ou syndicat d’employés. Si c'est le cas, vous en avez de la chance en cette période de crise sanitaire, surtout si vous venez de perdre votre emploi. Vous êtes éligible pour une compensation pour trois mois, le temps que vous arriviez à trouver un nouvel emploi, à condition d'avoir payé une contribution mensuelle pendant une année. Si ce n'est pas le cas, pas de panique ! Vous pouvez toujours bénéficier du Kontanthjælp ou assistance sociale, à condition d'avoir plus de 30 ans, d'avoir le statut de résident au Danemark et de n'avoir aucun autre moyen financier comme un emploi à temps partiel ou freelance, ou des économies. Le pays a également mis en place une série de mesures visant à soutenir les salariés licenciés durant la crise sanitaire, y compris une aide financière allant jusqu’à 75% de leur revenu mensuel aux entrepreneurs et aux entreprises ayant 10 employés maximum et qui ont enregistré une perte de 30% de leur revenu durant la crise. 

Finlande

En Finlande, une nouvelle loi est entrée en vigueur le 1er mai 2020 et ce jusqu'au 31 décembre 2020. Il s'agit d'une loi permettant aux entreprises de réduire leurs contributions au fonds national de pension par 2,6%. En revanche, ce montant sera progressivement revu à la hausse de 2021 à 2025. Afin de garantir la sécurité de l'emploi en cette période délicate, d'autres mesures temporaires ont été mises en place, comme une extension de la période durant laquelle un salarié est éligible pour l'allocation chômage. Cette loi restera également en vigueur jusqu'au 31 décembre 2020. Mais ce n'est pas tout ! Pour s'assurer que tous les employés continuent à toucher leur salaire mensuel, un plan de soutien aux entreprises a été élaboré. Les entreprises qui ont déjà bénéficié d'une aide financière peuvent également s'inscrire à ce nouveau plan de soutien sous certaines conditions.

Allemagne

L'Allemagne est l'un des pays ayant le mieux résisté à la crise sanitaire mondiale, une situation qui se réflète sur son marché du travail. Comme dans la plupart des pays d'Europe, le travail à distance est recommandé suivant un accord collectif. Cependant, un employeur doit toujours rémunérer ses salariés même s'il choisit de fermer boutique en raison d'un fort taux d’absentéisme, c'est-à-dire, même si les salariés sont dans l’incapacité de travailler à distance. En ce qui concerne les travailleurs frontaliers, un employeur n'a pas le droit de les licencier pour raison d’incapacité de se rendre au travail. En effet, les employés ne peuvent être réprimandés ou licenciés que pour mauvaise conduite. Il n’empêche que les travailleurs frontaliers en Allemagne sont éligibles pour une allocation « heures réduites » si l'entreprise pour laquelle ils travaillent a choisi de réduire ses heures d’activité. Il est également intéressant de noter que l'Allemagne a simplifié le recrutement des spécialistes de la santé, de la technologie et de l'artisanat provenant de pays tiers grâce à une nouvelle loi qui est entrée en vigueur le 1er mars 2020, ce qui témoigne de l'ouverture du pays en ce qui concerne son marché du travail malgré la crise.

La violation des droits des salariés dans le monde

Dans son dernier rapport, la Confédération internationale des Syndicats (ITUC) fait état de la violation des droits des salariés dans de nombreux pays autour du monde. Aujourd'hui, selon ce rapport, plus de 60% de la main-d’œuvre internationale, soit quelque 2,5 milliards d’employés, sont dans le secteur informel et sont victimes de la violation de leurs droit sous quelque forme. Il ressort également que des pays comme l'Inde et le Brésil ont choisi d'amender leurs lois au profit des entreprises du secteur privé et au détriment des employés. L'Inde, à titre d'exemple, a suspendu ses lois relatives aux heures de travail, au salaire minimum et aux droits syndicaux.

Dans notre article « Zoom sur l'exode des expatriés du Moyen-Orient », nous vous parlons des licenciements en masse travailleurs étrangers et des baisses des salaires, notamment en Arabie Saoudite, au Koweït, au Bahreïn et au Qatar.