D'un PVT à la résidence permanente au Québec

  • Vivre au Quebec
  • Paysages du Quebec
Interview
Publié il y a 10 mois

Originaire d'une commune près de Nantes, Charlene s'envole pour la première fois au Québec pour rendre visite à sa famille. Elle est rapidement séduite par le pays et décide d'y retourner, 12 ans plus tard, avec son époux et un visa Programme Vacances-Travail (PVT) en poche. Cela fait maintenant plus de 7 ans qu'elle y profite d'une vie tranquille qu'elle n’échangerait pour rien au monde. Elle parle de son expérience à Expat.com.

TripUSACanada

TripUSACanada

Nous sommes français et vivons à Québec depuis septembre 2010. Un choix qu'on ne regrette pas et je crois qu'on n'est pas prêt d'arrêter l'aventure. Depuis 6 ans on partage nos expériences de voyage ...

Bonjour Charlène, peux-tu te présenter brièvement et nous parler de ton parcours ?

J’ai 28 ans et je viens de France, près de Nantes. Il y a 12 ans, je suis venue rendre visite à ma famille qui était établie à Québec. C’est à ce moment que je suis tombée en amour avec le pays et j’ai toujours eu envie de revenir y vivre. Lorsque j’ai rencontré mon mari, je lui ai parlé de mon projet et il était partant aussi. Auparavant, je travaillais en tant que serveuse dans un château du côté d’Angers.

Qu'est-ce qui t'a attiré vers le Québec ? Depuis combien de temps y vis-tu ?

Nous vivons au Québec depuis septembre 2010, donc plus de 7 ans. Ce qui m’a attiré, c'est surtout le fait d'avoir accès à de grands espaces, la chaleur et l’accueil des habitants, puis aussi la vie à l’américaine. Ce pays ne cesse de m'épater lors de mes balades dans le Vieux-Québec et lorsqu’on visite les régions de la province. J’adore vivre ici.

Quelles étaient les formalités à remplir pour que tu puisses t'installer au Québec ?

Nous sommes arrivés avec un visa PVT Canada pour un an. En 2010, c’était beaucoup plus facile qu’aujourd’hui de l’obtenir car il y avait moins de candidats par rapport aux quotas. Une fois arrivés, on a très vite entamé de nouvelles démarches afin de prolonger l’aventure. J’ai eu la chance que mon employeur veuille me garder. Il a donc entrepris la longue aventure du visa de travail temporaire pour moi, avec succès, ce qui nous a permis de gagner deux ans d’aventure. Ensuite on a demandé la résidence permanente qu'on a obtenu en juillet 2014.

Parles-nous de ce que tu aimes le plus au Québec et ce que tu aimes le moins.

Il fait bon vivre ici. Les gens sont chaleureux, accueillants et la vie est facile. Les magasins sont toujours ouverts. Qui plus est, le dynamisme du marché du travail nous permet de nous épanouir et d'évoluer sur le plan professionnel. Avant tout, il y a cette riche nature à explorer. On se sent souvent en vacances même si on vit ici depuis plus de 7 ans. Ce que j’aime le moins, en revanche, c'est l’éloignement de la famille et des amis.

Peux-tu nous décrire le Québec en une phrase ?

Le Québec c’est une riche nature, de grands espaces avec une très bonne qualité de vie.

Expat au Quebec

Qu'est-ce qui t'a le plus surpris à ton arrivée au Québec ?

Beaucoup de choses et principalement la démesure ! On parlait de grands espaces mais je dois dire qu'ici tout est grand ! Les voitures (pick-up), la taille des pizzas, le contenant de shampooing (1,6 litres) ou encore notre boîte de Nesquick (1,36 kilos).

J’ai été surpris par la familiarité des Québécois, bien souvent à la première rencontre, tout contexte confondu. Ils ont tendance a se tutoyer les uns les autres et se demandent comment ça va. Et puis, les Québécois ne sont pas des râleurs et ne sont pas impatients (bon, peut-être un peu plus sur la route). Il y a aussi beaucoup de tolérance. On peut sortir acheter sa baguette en pyjama le dimanche matin.

Ensuite, on trouve des centaines de restaurants et commerces et il y a toujours du monde.

Est-il difficile de trouver un logement au Québec ? Quels sont les types de logements disponibles pour les expatriés ?

Il faut savoir qu’ici on signe pour un bail de 12 mois sans possibilité de le casser avant terme. En général, le bail débute le 1er juillet. En revanche, il est possible de reprendre le bail de quelqu’un en cours d’année. Je pense qu’il existe des agences pour aider les expatriés à trouver un logement au Québec. J’ai des amis qui avaient décidé de rester plusieurs semaines chez l’habitant (avec Airbnb) pour ensuite prendre le temps de trouver, sur place, un appartement. Vous aurez également le temps de trouver un emploi et, donc, d'avoir plus de crédibilité aux yeux du propriétaire.

Qu'est-ce qui caractérise le marché du travail québécois ? Est-il facile pour un expatrié d'y être embauché ?

Le marché du travail québécois est très ouvert donc il est assez facile de trouver un emploi, principalement dans la vente, la restauration ainsi que le domaine de la santé. Il faut cependant vérifier les équivalences de diplôme. Je sais que du côté de Montréal, les employeurs sont parfois frileux d’embaucher des Français en PVT en raison de mauvaises expériences.

D'une manière générale, il est préférable d'accepter un poste même si celui-ci ne correspond pas forcément à notre profil. On a ensuite plus de temps de faire une recherche plus approfondie.

Quels sont les festivals les plus populaires et les principaux codes culturels au Québec ?

Il y a beaucoup de festivals et d’événements au Québec. Le premier qui me vient en tête est le Festival d’été de Québec. Chaque année, pendant 10 jours, des artistes internationaux et populaires au Québec se partagent trois scènes dans la ville de Québec. Le prix est super attractif : 90$ pour toute la durée du festival. Nous y avons vu Elton John, Johnny Halliday, LMFAO, les Red Hot Chili Peppers, Bruno Mars et j’en passe !

Au Québec, on aime la langue française. Les Québécois sont fiers de leurs origines et de leur histoire qu'ils aiment mettre en l'avant à travers de nombreux événements.

Que penses-tu du mode de vie au Québec ?

Personnellement, je trouve la vie au Québec moins stressante. J’apprécie que les magasins soient ouverts tous les jours et même tard le soir. Les restaurants sont toujours aussi heureux de vous servir, quelle que soit l’heure. Il y a une douceur de vivre vraiment réelle. En revanche, l’hiver est une période plus difficile, mais là encore, les Québécois restent cool.

Paysages du Quebec

Quels sont les moyens de transport disponibles au Québec ? Comment te déplaces-tu ?

Je dirais que le réseau de bus québécois est beaucoup plus développé que le système ferroviaire pour se déplacer à travers la province. À Montréal, on a le métro mais pas à Québec, malheureusement. Chaque ville a son propre réseau d’autobus. Par contre, l’avion est vraiment très cher pour voyager à l’intérieur du Canada. On ne trouve pas de vols low-cost comme en Europe et ça c’est assez dommage.

As-tu eu des difficultés à t'adapter à ton nouvel environnement et à la société québécoise ?

Franchement, pas du tout ! Il ne faut pas oublier que le Québec est une province francophone, puis c’est tout de même la vie à l’occidentale telle qu’on la connaît en Europe. La seule adaptation a été au niveau de l’accent québécois et des expressions mais on s’y fait assez vite même si on apprend toujours des nouveaux mots après 7 ans !

A quoi ressemble ton quotidien d'expatriée au Québec ?

C'est assez semblable à ma vie européenne. Je travaille du lundi au vendredi avec des horaires de bureau. Depuis novembre, je suis en congé maternité et ici on a la chance d’avoir un congé de 12 mois pour profiter de bébé. Il y a beaucoup d’activités maman-bébé. A titre d'exemple, j'ai suivi un cours de cardio-salsa avec bébé cet hiver. En fin de semaine, on explore la région. Le seul bémol c'est que nous avons bien moins de vacances qu’en France : le minimum est 2 semaines, parfois 3.

Que fais-tu de ton temps libre ?

On essaye de voyager le plus possible, à travers la province et aussi aux États-Unis. Avec le blog Trip USA Canada que j’écris avec mes amis (deux Belges expatriés au Québec en même temps que nous), on visite pas mal de choses pour alimenter le site web. On a une curiosité plus développée qui nous permet de découvrir des endroits où on n’aurait probablement pas mis les pieds. Depuis novembre 2016, notre temps libre est aussi pas mal consacré à notre fils Justin.

Y a-t-il au Québec des activités nocturnes pour les fêtards ?

Sûrement, mais au risque de décevoir les fêtards, je ne suis vraiment pas une experte. Disons qu'à Québec (et à Montréal, je suppose), il y a pas mal de bars en tout genre. Pour une expérience plus locale, vous pourriez aller à La Petite Grenouille. C'est un bars de chansonniers, c’est dépaysant !

Trip USA-Canada

Quelles nouvelles habitudes as-tu adoptées au Québec ? Quelles vieilles habitudes as-tu laissé tomber ?

Je me surprends toujours à aller m’acheter un café au drive (ici, on parle de service au volant). On a aussi pris l’habitude de manger à l’heure québécoise : à 17h30-18h00 on est souvent à table. Dans le même ordre d’idées, on va aussi plus souvent au restaurant. On n’attend pas toujours la fin de semaine. En ce qui concerne les vieilles habitudes, je dirai que je suis moins craintive. Cela ne me stresse plus d'avoir oublié de verrouiller la voiture ou la porte de la maison.

Quel est ton avis sur le coût de la vie au Québec ? Combien coûtent un trajet en bus, une bière, ou encore, un bon pain ?

Je dirais qu’au final, ça ressemble au coût de la vie en France. Si on décortique, il y a des choses plus chères en France qu’au Québec et vice-versa. A titre d'exemple, le ticket de bus à Québec coûte 3,50$, ce qui équivaut à 2,25€. Pour une bière, taxe et pourboires inclus, comptez 9$, soit environ 5.85€. Pour une bonne baguette, comptez 2,50$, l'équivalent de 1,65€.

Y a-t-il quelque chose que tu voudrais faire au Québec mais dont tu n'as pas encore eu l'occasion ?

Il nous reste pas mal de régions à visiter au Québec, mais on voudrait surtout aller explorer l’ouest Canadien, notamment la Colombie-Britannique et l’Alberta.

Quel est ton meilleur souvenir du Québec ?

C’est dur de n'en citer qu'un ! L’obtention de nos visas de résident permanent a été un bel accomplissement et un vrai soulagement. En ce qui concerne nos visites, nous avons adoré notre nuit au Château Montebelle dans la région de l’Outaouais, une nuit dans un gros chalet en bois. C’était comme dans un rêve. Si on parle de la nature, on a été conquis par le parc du Bic à Rimouski. Mais avant tout, mon plus beau souvenir c’est la naissance de mon fils, évidemment.

Si tu pouvais repartir à zéro au Canada, que ferais-tu différemment ?

Je pense qu'on aurait pris plus de temps pour voyager. Lorsque nous sommes arrivés, nous avons vite trouvé de l'emploi et loué un appartement. On est finalement très vite rentrés dans la routine. Si c'était à refaire, je pense que la première année on serait plus partis, par exemple travailler 3 mois et voyager un mois.

Expatriee au Quebec

Que penses-tu de la cuisine locale ? Quelles sont tes spécialités préférées ?

J’adore la poutine (frites avec de la sauce brune et du fromage en grains). Avec mon mari, on aime beaucoup la formule brunch qui est très populaire ici. Il y a aussi les côtes levées (les ribs) et les bagels, particulièrement ceux de Bagel Maguire qui sont cuits au feu de bois. Après, je ne pense pas que la gastronomie québécoise soit reconnue dans le monde, mais il y a de très bons chefs et restaurants dans la province.

Qu'est-ce qui te manque le plus par rapport à ton pays d'origine ?

La famille et les amis, tout simplement. Aussi, la spontanéité de faire une soirée ou un repas avec nos proches, puisque lorsque nous rentrons tout est déjà planifié. Sur le plan de l'alimentation, la charcuterie, le fromage, la brioche et le magasin Super U.

Es-tu déjà arrivée à un point de vouloir quitter le Canada ? Comment as-tu surmonté cette épreuve ? Qu'est-ce qui te retient au Québec ?

Oui, il y a quelques mois à la naissance de mon fils. J’ai trouvé cela très difficile d’être loin de ma famille pour partager notre bonheur d’accueillir un enfant. Même si nos parents sont venus rapidement, on a eu le sentiment de les priver de notre fils. Ensuite, nous nous sommes raisonnés car nous sommes bien établis ici avec de bons emplois et une maison. Repartir à zéro sans savoir ce qu’on pourrait bien faire en France représentait un risque. Je ne sais pas si nous resterons toute notre vie ici, mais pour le moment nous y sommes assez bien pour ne pas envisager un départ.

Quels conseils donnerais-tu aux futurs expatriés au Québec ?

Lancez-vous ! L’expatriation est une expérience incroyable au cours de laquelle on apprend beaucoup sur soi et sur les autres. S’ouvrir sur le reste du monde est une vraie richesse. Après, il faut pas que l'on croit que tout est facile, que le Québec est un eldorado. Loin de là ! On connaît aussi des personnes pour qui la vie au Québec n’a pas été une réussite. Je pense que le meilleur conseil que je puisse donner est de ne pas chercher à vivre à la française. Il faut savoir s’adapter à la vie nord-américaine, à ses habitants et à leurs coutumes.

Quelles seraient, selon toi, les 5 choses à emmener dans sa valise au Québec ?

Honnêtement, on trouve tout ce dont on a besoin au Québec. De mon côté, j’avais emmené mes albums photos.

Tes projets d'avenir ?

Ouvrir un restaurant ou un café (au sens de salon de thé pour l’Europe) avec mon mari.