Comment être efficace en e-commerce à Maurice ?

Bonsoir à tous,

Tout d'abord, ce que j'entends par e-commerce c'est le fait de proposer ses produits sur son site web et d'ensuite les livrer (ou point retrait...)

Je souhaitais lancer ce sujet car cela fait 2 fois que je me casse les dents en e-commerce à Maurice. En effet, j'ai calqué ce qui se fait en France sur Maurice, or il ne faut surtout pas faire cela...

En gros, j'ai fait un super site web, super moderne, bien référencé avec tous les produits sur le site web, mais rien a faire, les commandes n'arrivent pas... par ce canal. Les ventes se font à 95% via Facebook.
Comment expliquer cela? Déjà bien évidemment par le fait qu'à Maurice l'utilisation de Facebook est bien plus importante qu'en Europe. Mais est-ce la seule explication? En outre, le bouche à oreille et l'utilisation massive de l'argent liquide (qui changera guère avec le virus) , le e-commerce n'est pas facilité.

Qu'en pensez vous?

Attention donc aux expatriés qui "copieraient-colleraient" les modèles d'e-commerce européens à Maurice!

Merci à ceux qui partageront leur expériences ;)

Bonjour

Je pense que les livraisons à domicile sont un réel problème en terme de localisation des adresses.
Dans le morcellement où je vis, je vois quasiment tous les jours des livreurs perdus, même des toupies à béton...
Les maisons sont rarement numérotées, dans des morcellements tels que Terres d’Albion, il n’y a qu’une seule entrée et l’intérieur est un vrai labyrinthe, les noms des rues sont incorrects sur les applications telles que Google Maps ou Plan.
Combien de fois ne m’a t’on pas demandé un site plan quand je passais une commande dans un magasin pour que finalement le chauffeur me téléphone pour savoir où se situe ma maison...alors qu’elle est relativement simple à trouver.
En ville ce n’est pas mieux avec des maisons en deuxième ou troisième position par rapport à la rue et des emplacements difficiles à stationner.
Ceci est une partie de l’explication.

Je crois aussi que culturellement, il y a un gros manque de confiance vis à vis du fait «  je paye d’abord et je ne reçois qu’après « et je n’ai pas touché le produit avant...

Oui c'est clair, le "je paye d'abord et je reçois qu'après" n'est pas ancré, loin de là. Une autre question que je me pose également est la suivante: est ce que l'épisode du virus va faire changer les habitudes et faire exploser la livraison à domicile ? Ou alors va-t-on assister tout simplement à l'arrêt quasi complet de la livraison au 1er juin?

Hello,

Merci pour ce sujet :-)

La livraison à domicile est un vrai fiasco ici à Maurice, en effet. Et même avec une adresse numérotée, mon expérience est négative. Suite au CoViD, nous avions commandé en ligne, avec pré-paiement, autant de la nourriture (au début, chez un des 5 autorisés) qu'en objet électroménager (sur la fin). Aucun n'est arrivé, et pour récupérer nos sous, ce fut une vraie sinécure.

Parallèlement, avec bientôt 30 ans d'IT dans les pattes, j'ai proposé, comme Romdurk, un service de site internet e-commerce (pas une crasse de Wix ou Woo, non, une vraie plateforme pro, gratuitement aux 3 premières entreprises qui se manifesteraient. Aucune manifestation, alors que la gratuité était acquise pour… un an (hébergement, nom de domaine, plateforme, support). C'était ma pierre à l'édifice.

Je n'ai donc pas la réponse à ce non engouement pour l'e-commerce, là où les Japonais achètent 40x plus que les Européens pourtant, via ce canal.

A creuser…

Merci Francis pour votre retour. Votre expérience sur votre prestation e-commerce clé en main gratuite pendant 1 an est incroyable...

Autre point : de mon expérience, je me fatigue avec des supers sites web, avec tout le côté explicatif et intuitif, je fais même l'effort de faire des sites billingues Français/anglais... et pourtant... Beaucoup de like sur facebook, beaucoup moins de visite sur le site web. Et énormément de questions en inbox ou commentaire de Facebook concernant justement les éléments présents sur le site web. Environ 3/4 de mes likes fb ne font pas la démarche d'aller sur le site web et d'aller récupérer l'info qui est pourtant ultra rapide à trouver.

Je serais tenté de dire que les sites e-commerce ne servent pas à grand chose actuellement sur le marché mauricien.  Et que toute votre communication doit passer par Facebook, facebook et facebook (peut être instagram pour une clientèle inférieure à 20 ans).

Je crois qu'actuellement le gateau se partage entre 4-5 sites e-commerces, qui possède à mon avis une clientèle restreinte et aisée.

Bonjour,

Sujet très intéressant. La pénétration du ecommerce en tant que mode de distribution me paraît logiquement plus lente qu'en Europe par exemple, pour différentes raisons, les 2 principales étant selon moi la taille du marché prête à acheter en ligne (pas si grand que ca, et qui du coup ne permet pas d'atteindre une taille critique, ou de manière instable) et la logistique (expédier / livrer, un vrai casse tête ici).

Par contre, une question importante : que vendez-vous ? De bonnes offres dématérialisées n'ont pas eu de mal à se développer en ligne comme MariDeal (qui a depuis été copié à foison et même commencé à créer des magasins).

A titre personnel et pour mes propres besoins, je ne commande presque jamais en ligne ici car les prix ne sont pas souvent plus compétitifs qu'en magasin, que je suis un peu frileux d'expérimenter de nouveaux vendeurs (sur les produits tech par exemple, on souffre d'un SAV médiocre chez la plupart des vendeurs ici et en ligne, je ne m'attends qu'à pire), et que la livraison est aléatoire :)

Bonjour,

Je ne connais pas trop le contexte local et notamment cette dépendance à Facebook.
Quel boulet d'avoir à faire avec ce type de compagnie !

Bref, déjà je ne sais pas ce qu'il est possible de faire avec l'API Facebook en terme de développement et possibilité de liaison avec sa propore API !? Facebook laissera-t-il une marge de manoeuvre dans ce développement et fonctionnalités : pas sûr étant donné ce type de dictature...

Il y a leur monnaie en prévision, la "LIBRA", qui pourrait faciliter les moyens de transactions... mais là encore, il faut s'attendre à se faire piétiner par FB en tant que marchand utilisant leur système.

Pour la partie "livraison" qui semble problématique, je vois une solution technologique très efficace, mais que je garderai pour moi (on ne sait jamais si un jour je me lance dans ce type de développement de projet même si à l'heure actuelle je ne suis pas du tout dans le e-commerce).  :D

Sur le volet confiance comme dit par Nohab "je paye d’abord et je ne reçois qu’après « et je n’ai pas touché le produit avant"... la solution passerait aussi vers un système de blockchain (smart contracts). Je ne sais pas si FB prévoit quelquechose avec sa LIBRA sur ce point.
Le problème c'est qu'il n'est pas facile de faire comprendre ce système à l'usager lambda.

La réponse à notre "problème" commun semble ne pas être la technique/technologie, que nous semblons maîtriser, mais venir d'une approche… marketing différente.

En effet, FB permet de ne pas laisser de commentaires sur la page du site en question, de ne laisser aucune interaction sociale prendre place (ça se discute) sur FB (on peut les laisser venir sur la plateforme eCommerce) et de ne laisser que vos propres publications, avec les tags "og:" bien pesés. Si le visiteur clique, il se retrouve sur votre site, exactement là où vous aurez ciblé le tag "og:" idoine.

C'est une manière de convertir un visiteur FB en visiteur de votre plateforme.

Ensuite, en faire un client, c'est un autre débat  :/

Francis Vermeire :

La réponse à notre "problème" commun semble ne pas être la technique/technologie, que nous semblons maîtriser, mais venir d'une approche… marketing différente.

Pourtant il semble bien y avoir un problème de localisation et rien d'essentiellement "marketing" à la base sur ce point :

"Je pense que les livraisons à domicile sont un réel problème en terme de localisation des adresses...."
...
"Et même avec une adresse numérotée, mon expérience est négative."

Pour cette dernière affirmation, vous vouliez dire que même avec une adresse numérotée, la livraison ne se fait pas ou mal (retards...) ?

Pour Facebook, je vois qu'il y a des solutions de création de "facebook store" directement chez eux, qu'en est-il également de cette solution ?

Citation >

Trady :
Francis Vermeire :

"Et même avec une adresse numérotée, mon expérience est négative."

Pour cette dernière affirmation, vous vouliez dire que même avec une adresse numérotée, la livraison ne se fait pas ou mal (retards...) ?

Non, jamais arrivés :-(

Trady :

Pour Facebook, je vois qu'il y a des solutions de création de "facebook store" directement chez eux, qu'en est-il également de cette solution ?

En natif Mettre en vente votre inventaire e-commerce sur Marketplace
en API, je suppose que ça existe, je n'ai pas regardé…

Francis Vermeire :

Non, jamais arrivés :-(

Bon déjà c'est la base. Si le service ne livre pas les clients qui ont fait la démarche de commander, ça ne sert à rien de chercher à capter d'autres usagers pour les convertir au commerce en ligne.

il faut donc commencer par des livraisons qui aboutissent (et si retard un système qui en informe les clients à l'instant T).

Trady :

Pour Facebook, je vois qu'il y a des solutions de création de "facebook store" directement chez eux, qu'en est-il également de cette solution ?

Même en faisant cela de mon côté, les commandes passent en inbox et finalement, les livraisons se font à un point de RDV donné et non à domicile. Ma boutique sur ma page FB ne sert strictement à rien. Je reçois cette question 10 fois par jour: "quel produit vous vendez?" / "Les prix svp" etc etc

Pas étonné en effet.

Pour mon principal site (pas du e-commerce donc), nous ne faisons aucune pub. La plupart de nos usagers s'inscrivent chez nous en provenance de blogs/forums, réseaux sociaux donc, ... grâce au bouche à oreille.
En offrant un service de qualité, ce sont vos usagers le meilleur argument marketing.

Au final, ils parlent entre eux sur les réseaux sociaux et viennent sur notre site une fois convaincus par d'autres (+ que par un opérateur du site lui même).
Présenter les choses sur les réseaux sociaux de manière individuelle, c'est une perte de temps selon moi.

Ici, le plus important, est d'amorcer cette pompe de bouche-à-oreille.
Pour un nouveau site, c'est difficile…

Pour en revenir à ces problèmes de livraisons, j’habite au croisement de deux rues principales d’un morcellement. Combien de fois n’ai je pas vu de camionnette perdues dans le champ de cannes, il m’est arrivé de devoir indiquer le chemin à un chauffeur de DHL qui devait aller à l’avenue des anchois, rue totalement inconnue car le seul bâtiment est l’institut océanographique complètement isolé au bout de cette rue. Une autre fois, c’était un policier à moto qui cherchait l’ambassade de Hongrie pour faire une escorte 😂
Alors, vous comprendrez que dans mon quartier, bien que la population soit relativement aisée, peu de gens vont commander des biens qu’ils sauront trouver à quelques kilomètres de chez eux. Car de toutes façons, tout est importé et je sais pas quel genre de produit vous proposez, mais si je trouve la même chose à Rose Hill, j’irai le chercher.

Autre chose, culturellement, le e-commerce est dans les mœurs en Europe car d’une façon, c’est le descendant moderne du catalogue de la Redoute ou du Chasseur Français...  à Maurice, rien de tout cela, et de plus, c’est une petite île où les distances sont courtes, alors, pourquoi commander...
À méditer

En fait, si j'ai lancé cette discussion, c'est pour partager mon expérience à ceux qui veulent se lancer ici sur le marché mauricien.

De mon expérience voici l'essentiel que j'en ai retiré:
- On ne peut pas dire que le e-commerce ne marche absolument pas
- Il ne faut cependant surtout pas reposer son business uniquement sur le e-commerce. Il faudrait le développer pour agrandir sa clientèle mais toujours avoir une boutique "en dur" => le lieu d'implantation est méga important
- Il est totalement inutile de faire un site web e-commerce (NE PAS PERDRE SON TEMPS LA DESSUS)
- Le e-commerce fonctionne relativement bien sur Facebook
- Facebook est le nerf de la guerre à Maurice

Encore une fois, le contexte du virus est assez particulier, cela a boosté les livraisons et le e commerce. Mais je pense que dès le 1er juin, tout cela se dégonflera comme un ballon de baudruche et on reviendra à la normale...

Hello,

Le e-commerce à Maurice marche très bien, tout dépend de ton audience cible. Aborder le e-commerce de façon aussi radicale que "je fais un site propre, je travaille mon référencement et c'est parti !" est une grosse erreur selon moi. Même en France.

La première chose à faire, avant de se lancer, est d'étudier le marché que l'on souhaite viser. Ensuite, on affine en fonction des niches, on étudie les comportements d'achat, les habitudes de consommation et les habitudes sur Internet.

Dans des endroits comme Maurice, comme l'Inde et comme l'Afrique c'est encore plus vrai car le pouvoir d'achat est plus faible, donc les comportements et habitudes sont radicalement différents et la propension des gens à acheter sur Internet est plus faible : en France, riches comme pauvres achètent sur Internet car il y a un très fort pouvoir d'achat (même chez un smicard) - tandis que dans les régions du sud, les pauvres n'achètent pas sur Internet car ils sont VRAIMENT pauvres.

A Maurice, en Afrique et en Inde, l'une des meilleure chose à faire est de cibler les jeunes adultes qui idolâtrent l'Occident (ceux qui veulent avoir tel ou tel article parce que "c'est à la mode en France / à Londres"). Ce ne sont pas des clients forcément très aisés (plutôt moyens au niveau des revenus, en règle générale), mais ils dépensent beaucoup pour être le plus occidentalisés possible. Ces clients, tu ne les toucheras pas en référençant ton site sur Google car lorsqu'ils font une recherche Google, ils ont tendance à prioriser les sites étrangers (français, américains, etc.) à des sites locaux mauriciens (même pour des produits équivalents, juste pour le "je l'ai acheté sur un site français"). Si tu veux les toucher, ce n'est pas non plus sur Facebook que tu dois être présent car Facebook est surtout le fief du low-cost pour le e-commerce. Si tu veux les toucher, tu dois être présent sur Instagram.

Et quand je dis être présent sur Instagram, ce n'est pas juste envoyer des publicités sur Instagram comme pour Facebook via ton Business Manager mais faire des partenariats avec des influenceurs locaux (je ne parle pas forcément d'influenceurs de la trempe des stars de TV réalité qu'on a en France mais des personnes populaires ici, à Maurice, qui ne sont pas de vrais influenceurs mais qui fédèrent une communauté), travailler à fond sur ton contenu et ton branding et t'orienter vers une stratégie de marketing de tribu.

En bref, si tu veux vendre à Maurice, en Afrique, en Inde et plus largement en Asie (je sais que tu parles surtout de Maurice mais j'englobe tout car les méthodes sont similaires), tu dois plutôt t'orienter vers le social marketing et, surtout, tu dois faire une VRAIE étude de marcher pour apprendre à identifier et à COMPRENDRE ta cible.


Bon courage à toi et bonne journée

[at]bharaldc,

Bonjour et merci vivement pour votre réponse très enrichissante. La première partie de cette discussion englobait une vision plus technique. Votre intervention apporte un volet web marketing fort intéressant également.

Je trouve votre intervention sur le social marketing très intéressante, surtout sur l'aspect communauté. Je suis présent sur Instagram, mais j'ai toujours pensé qu'à Maurice Instagram était l'apanage des post-ado de 18-25 ans.

Concernant mon business, j'ai créé juste avant le confinement un business de vente de plants de légumes et fruits prêts à être plantés dans son potager. J'ai importé des graines de France et je suis capable de proposer des légumes et fruits qui sortent de l'ordinaire.

Durant mes études en France, j'ai fait moulte études de marchés et certes c'est esthétique quand c'est bien fait, mais j'en ai jamais trouvé l'utilité. Concernant mon projet, je me suis lancé, et c'est seulement après que j'ai réussi à déterminer ma clientèle cible: éduquée, 25-50 ans , plutôt féminine, et très présente sur facebook. Je n'arrive pas à trouver l'utilité d'instagram. Mais je n'avais pas pensé encore à cet aspect "collab" avec des personnes influenceuses locales... A creuser donc...

Bref, étant donné l'âge de ma clientèle, Facebook semble être le mieux pour l'instant, il faut noter effectivement que pour ne pas tomber dans le low cost, il faut travailler son contenu à fond.

Encore merci pour votre intervention ;)

[at]romdurk,

Hello,

Je ne connais pas le marché de la vente de plants de légumes et de fruits frais mais la question que je me pose à la lecture de votre réponse est : est-ce que le marché mauricien est suffisamment mûr pour ça ?

Je m'explique :

En France cette niche est en plein essor parce que l'économie et l'urbanisation sont très développés. Nos sociétés sont hyper dynamiques et hyper connectées, tout est perpétuellement en mouvement et en progrès et le modèle de consommation global est très dense et très évolué. Du coup, tout ce qui s'apparente au vert (le bio, les plantations individuelles, l'écologie, etc.) sonne comme un appel à la nature, comme une pause dans une société technologie infernale en perpétuelle mouvement.

C'est un peu le phénomène du manque : lorsqu'on est habitué à une chose, on perd les habitudes que l'on a et qui sont liées à une autre chose - et cette autre chose vient finalement à nous manquer.

C'est principalement pour ça que l'économie verte (bio, écolo et tout ce qui en découle comme les plants de potagers pour appartements, etc.) marchent extrêmement bien dans les sociétés ultra développées d'Occident mais aussi dans des super-villes telles que Hong-Kong, Singapour et Dubaï. Paradoxalement, l'économie verte fonctionne moins bien dans les coins reculés - même dans les pays ultra développés - telles que les campagnes, les villages, etc., car les populations ne sont pas déconnectées de la nature et ne connaissent pas ce trop plein de technologie et d'évolution. Pour faire bref : la lassitude n'est pas pas encore présente.

C'est pour cette raison que les plants de potagers d'appartements se vendent très bien dans les grandes villes et moins bien en Meurthe-et-Moselle (je caricature volontairement), que les voitures électriques ont la côte dans les grandes villes mais pas dans les villages les plus reculés, que tout ce qui est bio et écolo a la côte chez les jeunes ultra-connectés (qui sont la part de la population la plus engagée écologiquement - d'où l'une des bases du conflit millenial/boomer) et chez la caricature du bobo parisien mais bien moins chez le campagnard lambda.

Je fais là de vilaines caricatures, bien grossières, mais c'est pour bien centrer le propos sur l'état de maturité du marché. Les grandes villes et les populations hyper connectées sont un marché à part entière, suffisamment exposé à la technologie pour en être partiellement lassé et donc suffisamment mature pour l'économie verte.

Du coup ma question est : le marché mauricien est-il suffisamment mature pour ce type de produits ?

Je ne dis pas qu'il n'y a pas d'acheteurs, mais je me pose la question du marché car, grossièrement encore une fois, 3 acheteurs ne représentent pas un marché mais une niche.

D'où l'intérêt d'une véritable étude de marché afin de comprendre les habitudes culturelles, les habitudes de consommation, la façon dont sont utilisés Internet et les réseaux sociaux en fonction des tranches d'âge et des catégories sociales, la segmentation ethnique, sexuelle, religieuse, etc.

Pour ma part en embauchant ici à Maurice, j'ai pu remarquer une chose : la majorité des mauriciens préfèrent la sécurité à l'argent.

Ils préfèrent un salaire fixe de 25 000 Rs/mois qu'un salaire de 16 000 Rs/mois agrémenté de commissions (très faciles à obtenir) permettant d'aller jusqu'à 50 000 Rs/mois de revenus.

Ils préfèrent se concentrer sur la réalisation d'un projet simple : mettre de côté pour ensuite faire construire une maison qui leur appartiendra - plutôt que de se concentrer sur une carrière et les bénéfices financiers qu'ils pourraient en tirés. Et ce constat, je l'ai fait chez des personnes de 20 à 30 ans, donc de jeunes actifs.

Ce constat, on le retrouve en France majoritairement dans les campagnes mais beaucoup moins dans les grandes villes. Si l'accès à la propriété reste un désir commun chez la grande majorité des Français, force est de constater que le désir de faire du locatif est plus grand parmi les populations ayant évoluées dans les grandes villes que les populations ayant évoluées dans les campagnes. Logiques, elles ont toujours été exposées à l'économie tandis que les populations des campagnes beaucoup moins.

Encore une fois, ça ne veut pas dire que les populations des campagnes ne veulent pas être propriétaires pour faire du locatif, ça veut juste dire qu'en termes de proportions, elles sont moins intéressées.

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A mes yeux, Internet a l'avantage de briser des barrières et des freins à l'entrepreneuriat : c'est très facile de se lancer et les investissements de départs sont moindres que pour un projet entrepreneurial "en dur" (physique). Donc, toujours à mes yeux, le choix d'un secteur d'activité, d'une niche, doit se faire en fonction de l'audience et non pas en fonction de notre affinité personnelle avec telle ou telle marché. Cela permet de diminuer encore plus les risques au lancement, et d'engendrer des bénéfices beaucoup plus rapidement.

Après, ma vision des choses n'est pas une vérité absolue puisque j'ai tendance à surtout me focaliser sur l'aspect économique.

Mais pour en revenir au sujet principal, effectivement Facebook est le meilleur endroit pour faire de la publicité pour ce type de produits. Coupler une stratégie de marketing social via Instagram grâce aux influenceurs est une très bonne chose pour renforcer son image de marque et son autorité. Et solidifier le tout avec une communication très tribale, afin de fédérer une communauté autour de la marque permet de sécuriser l'entreprise sur du très long terme (là aussi, principalement sur Instagram - mais aussi sur Facebook).

Mais cette stratégie n'est viable que si le marché existe réellement. Il existe en Occident et dans les grandes villes comme on l'a vu plus tôt, mais existe-t-il à Maurice ? Si il n'y a pas de marché qu'une simple niche alors viennent les questions suivantes : comment se positionner au niveau de l'offre tarifaire pour être rentable sur très peu de ventes / comment se positionner pour être rentable sur du long terme ?

Concernant Instagram, la tranche d'âge de la cible est très large : 18 à 35 ans majoritairement. C'est aussi le cas à Maurice (18-35 ans). C'est Snapchat qui table sur les -25 ans (16-25 environ), tandis que Facebook table surtout sur les +35 ans.

Mais là encore, ce n'est pas une vérité absolue : je tiens ces chiffres de mes propres campagnes publicitaires, donc plusieurs facteurs peuvent changer la donne.

En tout cas, je vous conseille d'étudier le marché plus en profondeur afin de voir ce qu'il est possible de faire. Si vous vous rendez compte que le marché n'est pas adapté à ce type de produits (ce que je crains), alors il faudra envisager une stratégie de communication de masse avec des influenceurs afin de marteler le plus possible l'esprit des consommateurs et de faire rentrer dans la tête de votre audience qu'ils DOIVENT acheter votre produit, que votre produit fait parti de leur quotidien (comme l'a fait NordVPN sur YouTube et comme l'a fait Netflix avec les partenariats des fabricants de TV pour avoir son bouton dédié sur les télécommandes).

Voilà ! Désolé du pavé lol

Bonne soirée à vous  :)

Je viens de me relire, désolé pour les fautes d’inattention !

Bonjour! Merci beaucoup et encore une fois une excellente réponse. Je pense qu'elle servira également à d'autres qui vont se lancer à Maurice...

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