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Sincères sympathies de la part de toute l'équipe

Julien

Bonjour à toutes et à tous,


c'est le coeur lourd que je poste ce message quelques jours après le drame de Crans-Montana, qui a coûté la vie à de nombreuses personnes et laissera des traces dans les coeurs de nous tous.


L'équipe et moi-même tenons à vous faire part de nos sincères sympathies en ces jours de tristesse et de deuil.


Très sincèrement,


Julien

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mimilebe

En tant que Suisse, je te remercie pour ta sympathie.


Ici, devant le drame humain, les gens sont comme tétanisés, comment cela est-il possible dans notre pays, si réglementé, si policé ?


La priorité est bien évidement donnée aux soins pour les blessés, puis à l'identification des victimes, pas facile à faire en cas de brûlures graves. Au surplus, la majorité des victimes sont des jeunes, qui, pour la plupart, n'ont pas de prothèses dentaires ou autres ce qui complique l'identification.


Mais en dehors de ces priorités, il reste à déterminer comment cette situation a pu se produire, une enquête est en cours pour déterminer les causes de l'incendie et les responsabilités.

La cause immédiate semble établie : ce serait un feu d'artifice, fiché dans une bouteille de champagne, portée par une serveuse juchée sur les épaules d'un serveur qui aurait communiqué le feu au revêtement phonique du plafond.


Le Ministère public a ouvert une « instruction pénale¹ pour homicide par négligence, lésions corporelles par négligence et incendie par négligence » contre les deux propriétaires et gérants de l'établissement. À ce stade, ils sont présumés innocents et ne sont pas incarcérés.


À mon avis, s'ils sont responsables, ils ne sont pas les seuls.

Les contrôles officiels de conformité ont-ils été faits dans les règles de l'art ? Il paraît bizarre que, si les contrôle ont été effectués, ils n'aient pas mis en évidence les mousses hautement inflammables du plafond, le rétrécissement de l'escalier de sortie par rapport à l'établissement d'origine, etc.

Bref, comme je le disais plus haut, comme un tel drame peut-il se produire dans notre pays ?


NOTE

1) Équivalant de la "mise en examen" en France.

Julien

Merci pour ton témoignage poignant mimilebe, nous sommes de tout coeur avec vous dans ces moments de recueil.


Et d'indignation si je puis dire, le mot ne me semble pas être le bon dans ce contexte si dramatique.

mimilebe

C'est aujourd'hui un jour de deuil national en Suisse. Les drapeaux sont en berne depuis l'incendie. À 14 h., les cloches ont sonné, les trains ont sifflé et toute activité s'est arrêtée durant une minute de recueillement.


Toutes les victimes ont été identifiées trois jours après la catastrophe. Les dépouilles ont été rendues aux familles, les blessés répartis dans des centres de grands brûlés européens, dont deux en Suisse, Lausanne et Zurich.


C'est maintenant le temps d'établir les responsabilités.


Il faut tout d'abord présenter le contexte.

En Suisse, la lutte contre les incendies et la législation ne sont pas du domaine de la Confédération, mais des cantons. Ceux-ci sont compétents pour légiférer à ce sujet. Il y a donc 26 législations différentes. Dix-neuf cantons ont choisi d'avoir des services publics d'assurance contre l'incendie, les ECA, les 19 ECA se sont regroupés en une association. Tous les bâtiments doivent être assurés auprès de l'ECA. Ce sont les ECA qui fixent les normes à appliquer et contrôlent leur application.

Il n'en va pas de même dans les sept cantons restants, dont le Valais, canton où se situe Crans-Montana. Dans ces cantons, ce sont des assurances privées¹. Le canton fixe l'organisation et les normes de la lutte contre les incendies, en Valais ce sont les communes qui sont responsables, on y reviendra.

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Parlons maintenant des gérants et propriétaires, Jacques Moretti et son épouse Jessica².


Selon la presse d'investigation, J. Morreti est une personnalité, pour le moins, trouble. Natif de Corse, proche des milieux nationaliste, il est un repris de justice en France où il a été condamné, en 2008, par le Tribunal d’Annecy à une condamnation à un an de prison dont quatre mois ferme pour incitation à la prostitution pour des faits s’étant déroulés trois ans auparavant à Genève (il aurait recruté des prostituées en France pour travailler à Genève).

Cette sanction ne l’a pas empêché de retourner en Corse et d’exploiter dès 2010 deux affaires à Bonifacio: une entreprise de nettoyage de chantiers, qui fermera en 2014; mais aussi un établissement de nuit, cette activité et ses à-côtés douteux constituant une sorte de fil rouge de son parcours. Il sera condamné à Bastia pour fraude aux aides au logement, selon «France Info».


Il est arrivé, il y a dix ans à Crans-Montana, d'abord comme simple gérant du Constellation (le bar qui a brûlé), puis il l'a acheté, ainsi que d'autres biens immobiliers. Jessica et Jacques Moretti sont à la tête d'un patrimoine impressionnant, incluant plusieurs villas et restaurants. Un détail interpelle toutefois : l’ensemble de ces biens aurait été acquis sur fonds propres. Aucune hypothèque n'apparaît au registre foncier.

Arrivés en Suisse avec des moyens dérisoires, le couple corse s'est retrouvé, presque du jour au lendemain, à la tête d'une fortune colossale.

Sans compter les voitures de luxe : Audi RS6, Porsche Cayenne, Bentley.

Alors, tout le monde se pose la question d'où vient l'argent, ce n’est pas en vendant des bouteilles et des cafés qu’il a pu acheter ça.

Aujourd'hui, après une audition J. Moretti a été placé en détention provisoire, son épouse, laissée en liberté, mais sous bracelet électronique et obligation de se présenter trois fois par semaine à la police.

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Maintenant, la commune de Crans-Montana porte également une lourde responsabilité, son président (comprenez le maire) a reconnu publiquement qu'aucun contrôle de sécurité n'avait été fait durant six ans (j'ose espérer que ce n'est que de la négligence).

Des contrôles auraient peut-être évité le drame en montrant les mousses phoniques inflammable, l'escalier bricolé, passant d'une largeur de 2 m. à une largeur de 1,37 m., une issue de secours obstruée, etc. Bref de multiples malfaçons.

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J'ai passé une bonne partie de mes obligations militaires en Valais, avec des Valaisans, dans les troupes de montagne (je suis un montagnard-citadin). Ils ont un caractère très entier, avec eux, cela passe ou cela casse. Je m'y suis fait des amis pour la vie, sur qui je peux compter.


Mais avec le développement du tourisme, du ski et, surtout, de l'après-ski, les choses ont un peu changé, certains sont devenus affairistes, mais la majorité des Valaisans a conservé des valeurs d'honnêteté et de loyauté.

Ne pas assimiler les dérives de certains, placés dans une station huppée, avec la majorité des Valaisans.

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NOTE

1) ce qui me vaut de payer dans le canton de Genève où j'habite, qui n'a pas d'ECA, trois à quatre fois plus de prime que dans un canton disposant d'un ECA.

2) Je me permets de citer leur nom, ils sont de toute façon largement répandu dans la presse.