La contraception pendant son expatriation...

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Publié le 2019-11-14 06:59

La contraception - une question à laquelle l’on ne pense pas forcément avant son expatriation. Cependant, les règles autour des méthodes de contraception sont différentes dans différentes régions du monde...

Différents moyens de contraception

Implant, stérilet hormonal ou en cuivre, anneau vaginal, stérilisation féminine ou masculine, préservatif etc. Il existe différentes méthodes de contraception. L’Australie, la France, l’Argentine ou encore le Chili privilégient la pilule. En Amérique centrale est aux USA, c’est la stérilisation féminine qui est la plus pratiquée. Le Japon, la Corée du sud et la Russie ont davantage recours au préservatif masculin.

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Source de l’image : birth control around the world (libre d’utilisation si mention de la source)

Les différentes méthodes adoptées par les pays sont loins d’être le fruit du hasard. Elles découlent de traditions, de politiques, volontaristes ou non, en faveur ou en défaveur de telle ou telle contraception. Connaître ces variables aide à mieux anticiper son expatriation. 

Il est ainsi, intéressant d’identifier les États ayant largement recours à une contraception définitive (stérilisation), et ceux préférant des solutions réversibles (pilule etc.) Pour les expatriées, la pilule apparaît comme la contraception la plus “aisée” à demander, quoique de fortes disparités existent entre les pays.

Le poids des traditions et de la politique

Dans les pays d’Amérique du nord, c’est la stérilisation qui prévaut, avec un grand nombre de stérilisations féminines. En 2017, aux Etats-Unis, le taux global de stérilisation a atteint 43% : les femmes sont largement majoritaires (70%), contre 30% d’hommes. En comparaison, seuls 5% des Français optent pour cette méthode (dont une majorité de femmes). Le caractère irréversible de la stérilisation explique ce faible chiffre. 

Inversement, la pilule est bien plus utilisée en France qu’aux Etats-Unis : seuls 21% des Américaines y ont eu recours (chiffres 2017). Un recours qui serait menacé. L’Obamacare avait fait une grande avancée dans la prise en charge médicale, rendant obligatoire la couverture des frais de contraception. Les différentes actions du président Trump tendent cependant à vider l’Obamacare de son contenu. Dès octobre 2017, Trump, sous la pression de son électorat conservateur, supprime la couverture des frais de contraception. Une décision contestée par l’opposition.

Concrètement, pour obtenir un mois de traitement par pilule (environ 50$), il faudra, au préalable, obtenir un rendez-vous chez le médecin, qui vous délivrera une ordonnance. Cette visite coûte entre 40$ et peut aller jusqu’à 250$. Les femmes aux revenus modestes peuvent se tourner vers le Planned Parenthood, équivalent du planning familial.

D’autres pays délivrent la pilule uniquement sur prescription médicale : l’Australie, le Canada, Hong Kong, la Corée du Sud, le Japon, le Mexique, l’Urugay. 

Comptez, pour un mois de traitement, 18$au Japon, 17$au Canada, 15$en Australie, et 7$en Corée du sud.

L’on conseille de venir avec l’ordonnance de son pays et de connaître le dosage exact de sa pilule. Car certaines, comme celles de Corée du Sud et du Japon, sont connues pour être moins dosées que les pilules vendues en Occident. 

En revanche, pas besoin d’ordonnance en Argentine ou au Brésil. En Argentine, il est même possible d’obtenir gratuitement la pilule, dans les hôpitaux publics.

Quand la pilule a mauvaise presse 

Mais la pilule est loin d’être la contraception la plus plébiscitée. C’est le cas à Taïwan. La médecine traditionnelle jouit d’une forte influence; certains médecins remettent en cause l’efficacité de la pilule, et pointent ses nombreux effets négatifs. De quoi ternir l’image du comprimé. Les autres méthodes “chimiques” sont tout aussi controversées. 

Au Japon, la pilule a également mauvaise presse : associée aux moeurs légères, elle est peu utilisée, comparativement au préservatif masculin. Se la procurer peut relever du parcours du combattant. Le défi commence dès la recherche du cabinet médical. Au Japon, on va, soit, à l’hôpital, soit dans des cliniques privées. Très nombreuses sur le territoire, elles sont réparties en domaines de compétence : soins des enfants, otites, maux de dents, soins des femmes etc. Mieux vaut donc se renseigner avant de pousser la porte d’une clinique.