Banques en ligne : la solution idéale pour les expatriés ?

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Publié le 2019-06-21 12:00

Au début des années 2000, le secteur bancaire connaît une petite révolution : profitant du boom d’Internet, les banques en ligne font leur apparition. Campagne de communication efficace, misant sur la ringardisation des agences classiques, elles promettent facilité d’utilisation, rapidité, et surtout, économies. Après avoir courtisé les clients dits traditionnels, les expatriés sont devenus une cible de choix.

C’est qui le patron ?

Elles n’ont plus besoin de se faire connaître. Elles ont complètement transformé les relations conseiller bancaire/client. “Elles”, se sont les banques en ligne. Profitant du boom d’Internet, elles pénètrent le marché bancaire dès les années 2000. Les banques ripostent et créent leurs propres branches en ligne.

Crise économique oblige, personne ne veut payer pour des services qu’il n’utilise pas. Tout le monde cherche à avoir le meilleur rapport qualité/prix. Et, avec la mondialisation, on n’hésite plus à s’expatrier pour jouir d’un nouveau cadre de vie. Si le conseil était jusqu’alors - et il demeure toujours - d’ouvrir un compte dans le pays d’accueil, les banques en ligne font tout pour attirer de nouveaux clients. Elles misent sur leur gros avantage : des frais réduits.

Selon l’UFC-que-choisir, la tenue d’un compte bancaire en ligne coûte, en moyenne, 3 fois moins que celle d’un compte physique. Contrairement aux banques classiques, les services en ligne sont plus souples : pas de conseiller, pas d’agence. Le client, autonome, réalise la plupart de ses opérations seul.

Côté économies réelles, là encore, sur le papier, on a tout intérêt à se tourner vers les banques en ligne. La plupart ne facturent aucun frais de tenue de compte. Certains proposent la carte bancaire gratuite; les nouveaux clients peuvent recevoir d’autres cadeaux de bienvenue (exemple : 80 euros à 100 euros sur le compte).

Côté demandes de crédit, là encore, les banques en ligne proposent des taux compétitifs. Chez les plus populaires: 1,5 à 5% en moyenne (jusqu’à 12% pour le plus élevé).

Mais les banques en ligne n’ont pas que des avantages. Surtout pour les expatriés, amenés à utiliser leur carte bancaire à l’étranger. Entre l’offre présentée pour attirer le client et la réalité, gare aux mauvaises surprises.

Une révolution en demi-teinte

Pour un paiement par carte effectué hors zone euro, certaines banques appliquent des frais de 2% du montant de l’opération. Besoin de retirer de l’argent à un distributeur automatique ? Là encore, si vous êtes hors zone euro, attendez-vous à payer des frais supplémentaires : 2% du montant de l’opération.

Pour l’expatrié, la question est donc : se trouve t-il dans ou hors zone euro ?

Dans la zone euro, aucune mauvaise surprise. C’est hors de la zone euro que les choses se compliquent. Attention à bien comparer les offres des différents organismes. La vie de l’expatrié, c’est aussi des autorisations de découvert, des placements, et autres opérations financières plus complexes.

La plupart des banques en ligne permettent un découvert. Elles s’alignent sur des frais d’environ 7 à 8%. Attention cependant à ne pas dépasser le découvert autorisé : les frais grimpent alors à 16%.

Idem côté assurance perte et vol : elle est gratuite chez certains organismes, mais limitée au strict minimum. En clair, on vous invite grandement à souscrire à une assurance qui vous couvrira véritablement. Là, les frais peuvent s’élever jusqu’à 30 euros par an. D’autres banques en ligne facturent le service.

La nouvelle vague des banques en ligne : véritablement “expats friendly” ?

On les appelle les “néobanques” : Revolut, N26, Orange Bank, Eko, Bunk, Morning ou encore Monese.

S’il n’existe pas de définition exacte de la “néobanque”, d’aucuns s’accordent pour dire qu’elles sont plus 3.0 que leurs consœurs. En clair : encore plus “high-tech” “smartphone friendly”. Objectif : rendre tout possible via l’appli mobile.

La plupart de ces banques proposent une offre de départ gratuite. Les plus populaires démarrent avec une offre classique gratuite + mastercard offerte. Leur principal avantage : se débarrasser des frais de 2% appliqués aux transactions hors zone euro. Du moins, sur le papier.

Une limite : aucun découvert ne vous sera autorisé. Les néo-banques ne proposent, en général, pas non plus d’offre de crédit, livret d’épargne etc. Ces services ont volontairement été supprimés pour alléger le système, mais peuvent rebuter des expatriés aux besoins divers.

Côté sécurité, par contre, certaines banques semblent engranger les mauvais points. Failles de sécurité, blanchiment d’argent... S’il est possible de créer un compte en scannant ses pièces d’identité (toutes les banques en ligne le proposent), ces documents sont vérifiés avant que l’on autorise la création dudit compte. Selon les experts, c’est cette vérification qui susciterait des interrogations, chez certaines banques. Ainsi, des comptes auraient été créés avec des faux papiers. De même, les informations personnelles des clients seraient potentiellement menacées. Des mises en garde qui ne semblent pas freiner ces banques et leurs millions d’utilisateurs.

Le mot de la fin

Le “tout digital” a des avantages non négligeables. Il symbolise la dématérialisation des échanges. Pourquoi s’encombrer d’un conseiller, lorsque l’essentiel de nos consommations concernent les retraits et les paiements ? Les banques en ligne répondent principalement à cette demande des consommateurs.

Mais ces nouveaux organismes présentent des limites. En se séparant de tout le “superflu” (conseiller, agences physique etc.), elles ciblent volontairement une partie de la population. Celle pour qui le banquier est devenu un commercial comme un autre. Celle qui n’a ni le temps ni le besoin de se rendre en agence. Celle pour qui le smartphone est devenu indispensable.

D’aucuns recommandent aux expatriés - surtout, s’ils séjournent durablement dans leur pays d’accueil - d’ouvrir un compte bancaire dans ledit pays.

Les banques en ligne et néobanques restent donc des alternatives intéressantes, à condition d’en faire bon usage : celui qui correspond à nos habitudes de consommation.