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Acheter un bien immobilier en Argentine

Acheter un bien immobilier en Argentine
Diego Arriaza / Pexelscom
Écrit parVeedushi Bissessurle 25 Mai 2026

L'Argentine permet aux étrangers d'acquérir des biens immobiliers sans condition de résidence préalable, ce qui en fait l'une des destinations d'Amérique latine les plus accessibles pour les acheteurs expatriés. Buenos Aires affiche un prix moyen de l'ordre de 2 455 USD/m² pour les appartements, tandis que des villes comme Córdoba, Rosario ou Mendoza proposent des biens à des niveaux nettement inférieurs. Ce qui rend l'Argentine particulière, c'est la combinaison d'un marché libellé en dollars américains, d'une réglementation spécifique sur les terres rurales et les zones frontalières, et d'un processus notarial qui diffère sensiblement des systèmes européens. Cet article vous présente les règles applicables aux acheteurs étrangers, les étapes du processus d'acquisition, les coûts à anticiper et les points de vigilance essentiels avant de signer.

Aperçu du marché immobilier en Argentine

Le marché immobilier argentin se distingue par une particularité structurelle importante : les transactions résidentielles sont quasi exclusivement libellées en dollars américains (USD), y compris pour les acheteurs locaux. Cette convention, ancrée depuis des décennies, protège les vendeurs contre l'inflation en pesos, mais expose les acheteurs étrangers à une double dynamique de change.

À Buenos Aires (CABA), le rapport mensuel de Zonaprop pour février 2026 place le prix moyen des appartements à 2 455 USD/m², avec une progression mensuelle de +0,2 % après une période de stabilité depuis novembre 2025. Le taux de rendement brut locatif s'élève à 5,33 % par an, soit une durée de récupération des loyers d'environ 18,8 ans. Pour les acheteurs qui envisagent de mettre le bien en location, les quartiers de Lugano et de Nueva Pompeya présentent les meilleurs rendements locatifs dans ce cadre d'analyse.

Au-delà de la capitale, le marché offre une diversité géographique significative. Les prix de référence par ville pour 2026 sont les suivants : Buenos Aires (CABA) 2 350 USD/m², Bariloche 1 800 USD/m², Mar del Plata 1 400 USD/m², Córdoba 1 350 USD/m², Rosario 1 250 USD/m² et Mendoza 1 200 USD/m².

Ces écarts reflètent des marchés locaux aux dynamiques propres : Bariloche attire une clientèle liée au tourisme de montagne et aux sports d'hiver ; Mar del Plata est une destination balnéaire classique ; Mendoza bénéficie de l'attrait de la région viticole ; Córdoba et Rosario sont des pôles universitaires et économiques de premier plan. Chaque marché présente ses propres conditions en matière de liquidité, de demande locative et de perspectives à moyen terme.

Les étrangers peuvent-ils acheter un bien immobilier en Argentine ?

Oui. Les ressortissants étrangers, y compris les non-résidents, peuvent acquérir des biens immobiliers en Argentine. La législation ne pose pas de restriction générale à l'achat de biens urbains (appartements, maisons, locaux commerciaux) par des étrangers. Les contraintes légales concernent deux catégories spécifiques : les terres rurales, régies par la loi 26.737, et les propriétés situées dans les zones de sécurité frontalières (Zonas de Seguridad de Fronteras), qui nécessitent une autorisation préalable.

Un point essentiel à retenir : l'achat d'un bien immobilier en Argentine ne confère pas automatiquement un titre de séjour ni un statut de résident. Il n'existe pas de catégorie de visa « propriétaire » dans le droit argentin de l'immigration. La propriété et le statut migratoire sont deux questions entièrement distinctes, et toute démarche de régularisation doit emprunter une voie d'immigration indépendante auprès de la Direction Nationale des Migrations.

Sur le plan fiscal, les acheteurs non-résidents doivent obtenir un numéro d'identification fiscale, le CUIT. L'administration fiscale ARCA (anciennement AFIP) prévoit une procédure spécifique pour les « résidents à l'étranger » : la demande de CUIT doit être effectuée par l'intermédiaire d'un représentant ou d'un mandataire domicilié en Argentine. Cette démarche est généralement coordonnée par l'escribano (notaire) chargé de la transaction.

Types de biens disponibles en Argentine

Le marché immobilier argentin propose une gamme variée de types de biens. Les catégories les plus courantes dans les grandes villes comme Buenos Aires sont les suivantes :

  • Departamento : l'appartement en copropriété, de loin le segment le plus actif sur le marché de CABA.
  • Casa : la maison individuelle, plus répandue en périphérie et dans les villes de taille moyenne.
  • PH (propiedad horizontal) : bien en copropriété horizontale, souvent assimilé à un appartement de plain-pied avec accès indépendant.
  • Terreno / lote : terrain constructible, soumis aux règles d'urbanisme locales et, selon sa localisation, potentiellement aux dispositions de la loi sur les terres rurales.
  • Oficina / local commercial : bureau ou local commercial, segment distinct du résidentiel.
  • En pozo : bien acheté sur plan ou en cours de construction (équivalent du « plan » ou du « VEFA » en France), avec des dynamiques de prix spécifiques.

La distinction entre le bien urbain et le bien rural est fondamentale d'un point de vue juridique. La loi 26.737 définit les tierras rurales comme des propriétés situées en dehors de l'ejido urbain (périmètre urbanisé défini par la municipalité), indépendamment de l'usage réel du terrain. Un acheteur étranger qui envisage d'acquérir un terrain en dehors d'une zone urbanisée doit systématiquement vérifier si le bien relève du champ d'application de cette loi.

Pour les appartements en copropriété, la vérification du règlement de copropriété (reglamento de copropiedad) constitue une étape incontournable de l'audit d'acquisition, notamment pour identifier d'éventuelles restrictions d'usage, les charges communes (expensas) et les règles de gouvernance de la copropriété.

Meilleures zones pour les acheteurs expatriés en Argentine

Buenos Aires reste la destination principale des acheteurs expatriés, avec un marché profond, une offre diversifiée et une infrastructure de professionnels (avocats, notaires, agents) habituée à traiter des transactions avec des étrangers. Au sein de la capitale, les prix varient considérablement selon les quartiers avec des fourchettes allant de 1 001 USD/m² (Villa Soldati) à 4 818 USD/m² (Puerto Madero) pour les biens anciens, et de 1 458 USD/m² (Constitución) à 5 429 USD/m² (Puerto Madero) pour les biens neufs.

En dehors de la capitale, quatre villes méritent une attention particulière selon le profil de l'acheteur :

  • Córdoba (1 350 USD/m²) : deuxième ville du pays, pôle universitaire et industriel, marché locatif soutenu par une population étudiante importante.
  • Rosario (1 250 USD/m²) : ville portuaire dynamique sur le Río Paraná, marché résidentiel accessible avec une infrastructure urbaine développée.
  • Mendoza (1 200 USD/m²) : région viticole de renommée internationale, attire des acheteurs en quête d'un cadre de vie combinant nature et gastronomie.
  • Bariloche (1 800 USD/m²) : destination de montagne et de tourisme premium, avec un marché orienté vers la résidence secondaire et la location saisonnière.

Mar del Plata (1 400 USD/m²) constitue une option pour les acheteurs intéressés par le littoral atlantique, avec un marché principalement orienté vers la résidence secondaire et la location estivale.

Restrictions applicables aux acheteurs étrangers en Argentine

Les principales restrictions concernent deux régimes distincts.

Les terres rurales (tierras rurales) sont encadrées par la loi 26.737. Cette loi plafonne la possession étrangère de terres rurales et impose plusieurs contraintes cumulatives :

  • La part totale de terres rurales détenues par des étrangers ne peut excéder 15 % à l'échelle de chaque province. La carte de suivi par province permet de vérifier l'état d'avancement de ce plafond.
  • Aucune nationalité étrangère ne peut détenir plus de 30 % de la part étrangère totale au niveau national.
  • Un même acheteur étranger ne peut pas détenir plus de 1 000 hectares dans la zona núcleo (zone agricole centrale), ou une superficie équivalente dans d'autres régions.
  • Toute cession de terres rurales dans le périmètre couvert par la loi nécessite l'émission d'un certificado de habilitación par le Registro Nacional de Tierras Rurales. Ce certificat est instruit et obtenu par l'escribano intervenant dans la transaction.

La loi prévoit des exemptions pour certains étrangers justifiant d'attaches durables en Argentine, notamment : dix ans de résidence permanente continue prouvée ; cinq ans de résidence permanente continue prouvée pour les étrangers ayant des enfants de nationalité argentine ; ou cinq ans de résidence permanente continue prouvée pour les étrangers mariés à un ressortissant argentin avant la transaction.

Les zones de sécurité frontalières (Zonas de Seguridad de Fronteras) constituent le second régime de restriction. Toute acquisition dans ces zones requiert une « Solicitud de Previa Conformidad » (demande d'autorisation préalable) auprès du ministère de l'Intérieur. Cette démarche est effectuée par l'escribano via la plateforme gouvernementale TAD (Trámites a Distancia), avec le dépôt des formulaires requis. Si le bien visé est situé à proximité d'une frontière internationale, il convient d'interroger l'escribano dès le début du processus pour déterminer si cette procédure s'applique.

Conditions et formalités pour acheter un bien en Argentine

Le processus d'achat immobilier en Argentine s'articule autour de l'escribano, qui joue un rôle central comparable à celui du notaire en droit français, mais avec des attributions encore plus étendues dans le cadre de la conveyance.

Les principales étapes du processus sont les suivantes :

  1. Obtention du CUIT : avant toute transaction formelle, l'acheteur étranger non-résident doit disposer d'un numéro d'identification fiscale CUIT, obtenu via un mandataire domicilié en Argentine auprès d'ARCA.
  2. Réservation et offre : une offre d'achat est formulée, souvent accompagnée d'une réservation (seña), une somme versée à titre de garantie et généralement non remboursable en cas de désistement de l'acheteur.
  3. Due diligence : avant la signature du compromis, plusieurs vérifications doivent être menées. L'informe de dominio (état des titres, hypothèques, charges et saisies) et l'informe de inhibiciones (restrictions frappant le vendeur) sont commandés au Registro de la Propiedad Inmueble. Une vérification cadastrale (Catastro) permet de confirmer la conformité physique du bien. Pour les appartements, le règlement de copropriété (reglamento de copropiedad) et l'état des charges (expensas) doivent être examinés. Les permis de construire et la légalité des éventuelles modifications sont également à vérifier.
  4. Signature du compromis de vente (boleto de compraventa) : acte préparatoire qui engage les deux parties, fixe le prix, les conditions et le délai de signature de l'acte définitif.
  5. Signature de l'acte de vente (escritura pública) : acte définitif rédigé et authentifié par l'escribano, qui a préalablement réalisé l'étude de titre portant sur au moins 20 ans. L'escribano collecte et reverse les taxes applicables (notamment la taxe de transfert immobilier et le droit de timbre) et procède à l'inscription du transfert au Registro de la Propiedad Inmueble.

Pour les transactions portant sur des terres rurales couvertes par la loi 26.737, l'obtention du certificado de habilitación s'intercale dans ce processus avant la signature de l'escritura. Pour les biens situés en zone frontalière, l'autorisation préalable doit être obtenue avant de finaliser la transaction.

Bon à savoir :

Pour les acheteurs qui suivent le processus depuis l'étranger, la coordination à distance est possible mais requiert une procuration (poder notarial) accordée à un représentant en Argentine, dûment légalisée ou apostillée selon le pays de résidence de l'acheteur.

Documents nécessaires pour acheter un bien en Argentine

Les documents généralement requis pour un acheteur étranger non-résident comprennent :

  • Passeport en cours de validité (et traduction assermentée si nécessaire selon le notaire)
  • Numéro CUIT obtenu auprès d'ARCA, via un mandataire argentin
  • Pour les biens ruraux : certificado de habilitación émis par le Registro Nacional de Tierras Rurales
  • Pour les zones frontalières : Previa Conformidad délivrée par le ministère de l'Intérieur
  • Justificatif de l'origine des fonds (requis dans le cadre des obligations anti-blanchiment)
  • Procuration notariée (poder notarial) si l'acheteur ne peut être présent en Argentine

L'escribano chargé de la transaction précisera la liste complète des documents en fonction du type de bien et de la situation personnelle de l'acheteur. Il convient de prévoir des délais suffisants pour l'obtention du CUIT et, le cas échéant, des autorisations spécifiques liées au type de bien.

Travailler avec des professionnels de l'immobilier en Argentine

L'escribano est l'acteur central de toute transaction immobilière en Argentine. Son rôle va bien au-delà de la simple authentification de l'acte : il instruit l'étude de titre (portant généralement sur au moins 20 ans d'antériorité), rédige l'acte de vente (escritura pública), collecte et reverse au fisc les taxes applicables (dont la taxe sur le transfert immobilier, le droit de timbre), et procède à l'inscription du transfert au registre foncier. En pratique, l'escribano est souvent proposé par le vendeur ou l'agent, mais rien n'empêche l'acheteur d'en choisir un indépendant.

Le Colegio de Escribanos de la Ciudad de Buenos Aires publie régulièrement les barèmes de référence applicables aux activités notariales, incluant les montants, valeurs et taux pertinents au niveau national, de la province de Buenos Aires et de la CABA. Le Colegio de Escribanos de la Provincia de Buenos Aires publie de son côté les tarifs administratifs en vigueur, notamment pour la légalisation et les frais d'archives.

Il est fortement recommandé de mandater également un avocat indépendant, distinct de l'escribano proposé par le vendeur ou l'agence. L'escribano joue un rôle d'officier public neutre, mais n'est pas le conseil juridique de l'acheteur. Un avocat spécialisé en droit immobilier argentin peut examiner le compromis de vente, identifier les clauses défavorables et accompagner l'acheteur dans les vérifications préalables.

Pour les acheteurs francophones ne maîtrisant pas l'espagnol argentin, il est conseillé de rechercher des professionnels bilingues ou de prévoir une traduction assermentée des documents clés, en particulier de l'escritura pública et du règlement de copropriété.

Prix des biens et coûts d'acquisition en Argentine

Les prix de référence par ville pour les biens résidentiels en 2026 ont été détaillés dans la section sur les meilleures zones. Pour Buenos Aires spécifiquement, deux références convergentes sont disponibles : le rapport Zonaprop de février 2026 place la médiane à 2 455 USD/m² pour les appartements en CABA et à une moyenne de 2 400 USD/m² tous quartiers confondus, avec de fortes disparités selon les arrondissements et la catégorie du bien (neuf ou ancien).

Au-delà du prix d'achat, les coûts de transaction représentent une part significative du budget total. Pour l'Argentine, les frais d'acquisition sont estimés entre 6,00 % et 8,60 % de la valeur du bien, avec des frais de cession à la revente autour de 3,00 %, soit un aller-retour total de l'ordre de 9,00 % à 11,60 %.

Ces coûts comprennent notamment :

  • Le droit de timbre (impuesto de sellos) : à Buenos Aires (CABA), l'AGIP indique un taux de 2,7 % applicable à partir du 1er janvier 2026 pour certaines catégories de transactions. En province de Buenos Aires, le barème applicable au transfert de propriété (dominio) est de 20 ‰ (20 pour mille), avec des exemptions pour la résidence principale (vivienda única) selon des seuils définis. Ces taux varient selon la juridiction : les règles applicables à CABA et à la province de Buenos Aires sont distinctes, et les autres provinces (Córdoba, Santa Fe, Mendoza, etc.) appliquent leurs propres barèmes.
  • Les honoraires de l'escribano : calculés sur la base de barèmes officiels publiés par les collèges de notaires compétents.
  • La taxe sur le transfert immobilier (Impuesto a la Transferencia de Inmuebles, ITI) : applicable à certaines cessions selon la situation fiscale du vendeur.
  • Les frais d'inscription au registre foncier et les frais cadastraux.

Financement et prêts hypothécaires pour les expatriés en Argentine

Le crédit hypothécaire en Argentine est structurellement différent des systèmes européens. Les prêts immobiliers sont quasi exclusivement indexés sur l'UVA (Unidad de Valor Adquisitivo), une unité d'indexation liée à l'évolution des prix à la consommation. Le remboursement mensuel évolue donc en fonction de l'inflation, ce qui introduit un risque supplémentaire pour l'emprunteur. Les montages disponibles sur le marché incluent des durées pouvant aller jusqu'à 360 mois, avec des taux nominaux annuels qui varient selon la banque et selon que l'emprunteur est ou non titulaire d'un compte de domiciliation de salaire.

Pour les acheteurs étrangers non-résidents, l'accès au crédit hypothécaire local est en pratique très limité. Les banques argentines exigent généralement une situation fiscale et professionnelle établie en Argentine. La grande majorité des expatriés qui acquièrent un bien immobilier en Argentine le font en financement propre (fonds personnels), ce qui correspond d'ailleurs au modèle dominant sur ce marché, y compris pour les acheteurs locaux dans le segment intermédiaire et haut de gamme.

Les acheteurs qui souhaitent recourir à un financement doivent contacter directement les établissements bancaires pour vérifier les conditions actuellement applicables à leur situation spécifique, les critères d'éligibilité évoluant régulièrement en fonction du contexte macroéconomique argentin.

Fiscalité et charges courantes après l'achat en Argentine

Une fois la propriété acquise, plusieurs charges récurrentes et obligations fiscales s'appliquent.

Taxe foncière : en Argentine, la taxe foncière est administrée au niveau provincial et municipal. À Buenos Aires (CABA), elle est connue sous le nom d'Impuesto Inmobiliario ou ABL (Alumbrado, Barrido y Limpieza) et est calculée sur la base de la valeur fiscale du bien. Son montant varie selon la localisation et la superficie du bien.

Charges de copropriété (expensas) : pour les appartements et les PH, les charges de copropriété peuvent représenter un poste de dépense significatif, notamment dans les immeubles avec conciergerie, ascenseurs et équipements communs. Elles doivent être vérifiées avant l'achat, car les dettes de charges peuvent constituer des privilèges opposables à l'acheteur.

Impôt sur le revenu locatif : les revenus issus de la location du bien sont soumis à l'impôt argentin. Le régime applicable dépend de la situation fiscale du propriétaire (résident ou non-résident fiscal en Argentine) et du montant des revenus.

Plus-value à la revente : le régime fiscal applicable aux plus-values immobilières en Argentine a fait l'objet de réformes récentes. Les propriétaires doivent se renseigner auprès d'un conseiller fiscal local sur les règles en vigueur au moment de la cession, en particulier pour les non-résidents fiscaux.

Formalités à accomplir près l'achat immobilier en Argentine

Une fois l'escritura pública signée et le transfert inscrit au Registro de la Propiedad Inmueble, le nouveau propriétaire reçoit une copie certifiée de l'acte. L'inscription au registre foncier est l'étape qui rend le transfert opposable aux tiers : sans cette inscription, la propriété n'est pas juridiquement consolidée.

Il convient ensuite de mettre à jour les abonnements aux services publics (eau, gaz, électricité) au nom du nouveau propriétaire, de notifier l'administration fiscale locale du changement de propriétaire pour la taxe foncière, et de prendre contact avec le syndic de l'immeuble pour les appartements en copropriété afin de régulariser la situation vis-à-vis des charges communes.

Pour les propriétaires non-résidents qui envisagent de mettre le bien en location, le recours à un gestionnaire local est généralement incontournable. La gestion d'un bien à distance implique des contraintes pratiques importantes : encaissement des loyers, entretien, relation avec les locataires et conformité avec la réglementation locative argentine, qui a connu des évolutions significatives ces dernières années.

Quelle que soit la situation, il est recommandé de maintenir une relation active avec un avocat ou un comptable argentin pour assurer la conformité fiscale continue, en particulier pour les non-résidents soumis à des obligations déclaratives spécifiques.

Foire aux questions

Peut-on acheter un bien immobilier en Argentine sans être résident ?

Oui, les étrangers peuvent acquérir des biens immobiliers en Argentine sans condition de résidence préalable. Des règles spécifiques s'appliquent toutefois pour les terres rurales, régies par la loi 26.737, et pour les propriétés situées dans les zones de sécurité frontalières, qui nécessitent une autorisation préalable via le ministère de l'Intérieur. Pour les biens urbains courants (appartements, maisons en ville), aucune restriction de principe n'est imposée aux acheteurs étrangers.

L'achat d'un logement en Argentine ouvre-t-il droit à un titre de séjour ?

Non. L'acquisition d'un bien immobilier ne confère pas automatiquement un droit au séjour ou à la résidence en Argentine. Il n'existe pas de catégorie de visa « propriétaire » dans le droit argentin de l'immigration. Toute démarche de régularisation du séjour doit emprunter une voie d'immigration distincte auprès de la Direction Nationale des Migrations.

Qu'est-ce que la Zona de Seguridad de Fronteras et pourquoi est-elle importante pour les acheteurs ?

Les propriétés situées dans les zones de sécurité frontalières sont soumises à une procédure d'autorisation préalable (Previa Conformidad) avant que la transaction puisse être finalisée. Le gouvernement argentin met à disposition un manuel dédié à l'attention des escribanos pour soumettre cette demande via la plateforme TAD (Trámites a Distancia). Si le bien visé est situé à proximité d'une frontière internationale, il convient d'interroger l'escribano dès le début du processus pour déterminer si cette procédure s'applique.

Existe-t-il des limites spécifiques pour les étrangers qui achètent des terres rurales (tierras rurales) en Argentine ?

Oui. La loi 26.737 encadre la détention étrangère de terres situées en dehors de l'ejido urbain. Elle fixe un plafond de 15 % au niveau provincial, un plafond de 30 % de la part étrangère totale par nationalité, et une limite de 1 000 hectares dans la zona núcleo par acheteur étranger. La loi prévoit des exemptions pour certains étrangers justifiant d'une résidence permanente continue en Argentine ou de liens familiaux avec des ressortissants argentins, sous conditions précises. Le service gouvernemental dédié à l'obtention du certificat d'habilitation est accessible sur le portail Argentina.gob.ar.

Faut-il un numéro fiscal argentin (CUIT) pour acheter un bien immobilier ?

En pratique, oui. L'administration fiscale ARCA prévoit une procédure spécifique pour les « résidents à l'étranger » : la demande de CUIT doit être déposée par l'intermédiaire d'un mandataire domicilié en Argentine. L'escribano chargé de la transaction peut généralement coordonner cette démarche ou orienter l'acheteur vers les professionnels compétents. Il convient d'anticiper ce délai en amont de la signature du compromis.

Quels sont les frais de transaction habituels lors d'un achat immobilier en Argentine ?

Les frais d'acquisition sont estimés entre 6,00 % et 8,60 % de la valeur du bien. Ils comprennent notamment le droit de timbre (2,7 % à CABA pour certaines catégories, 20 ‰ en province de Buenos Aires pour le transfert de propriété), les honoraires notariaux, la taxe sur le transfert immobilier et les frais d'inscription au registre foncier. Les taux varient selon la province et selon que des exemptions s'appliquent (résidence principale, seuils spécifiques). Il est indispensable de vérifier les charges exactes auprès de l'escribano pour la localisation précise du bien.

Quels documents et vérifications sont indispensables avant de signer l'acte de vente ?

Les vérifications essentielles avant la signature de l'escritura pública comprennent : l'informe de dominio (titres, hypothèques, charges et saisies), l'informe de inhibiciones (mesures frappant le vendeur), la vérification cadastrale, le contrôle des permis de construire et de la régularité des travaux éventuels, et, pour les appartements, l'examen du règlement de copropriété et l'état des charges. Ces vérifications permettent d'éviter de reprendre à sa charge des dettes, des litiges ou des irrégularités préexistantes.

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A propos de

Détentrice d'un diplôme approfondi de langue française, j'ai été journaliste à Maurice pendant 6 ans. Je compte une douzaine d'années d'expérience en tant que rédactrice web bilingue à Expat.com, dont cinq au poste d'assistante éditoriale. Avant de rejoindre l'équipe d'Expat.com, j'ai occupé le poste de journaliste/reporter au sein de plusieurs rédactions mauriciennes. Mon expérience de plus de 6 ans dans la presse mauricienne m'a permis de côtoyer plusieurs personnalités et de couvrir de nombreux événements sur différentes thématiques.

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