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Brexit : pour vivre au Royaume-Uni, les ressortissants européens bénéficieront d’un enregistrement « simple »
Le gouvernement britannique a annoncé vouloir mettre en place une procédure « simple » pour que les citoyens européens obtiennent un permis de séjour permanent après le Brexit.
Maintien des droits ?
A partir de l’automne 2018, les Européens installés en Grande-Bretagne pourront s’enregistrer en vue d’obtenir un titre de séjour permanent, a fait savoir le gouvernement britannique, ce jeudi 21 juin. Le ministre de l'Intérieur, Sajid Javid, a soutenu devant la chambre des Lords que la procédure administrative serait « aussi simple que possible ».
Les ressortissants européens auront la possibilité de déposer leur demande de titre de séjour en ligne ou sur leur smartphone via une application dédiée.
Pour obtenir une réponse favorable, les résidents devront justifier leur identité, n’avoir commis aucune infraction grave et être en mesure de prouver qu’ils habitent au Royaume-Uni. Aujourd’hui, environ quatre millions de ressortissants européens vivent en Grande-Bretagne.
https://www.ouest-france.fr/europe/gran … en-5804595
Cela fait neuf ans que David Diaz Gomez exerce comme échographe et sage-femme au Royaume-Uni. Pourtant, l'Andalou de 43 ans est en train de préparer des concours pour déménager en Espagne. La faute au Brexit et à toutes les incertitudes qu'il fait peser sur les quelque trois millions de citoyens européens qui vivent outre-Manche.
Quel sera leur statut après le 30 mars 2019, date du Brexit ? « Juste après le vote, je ne me posais pas trop de questions, se souvient David, à la sortie du Saint George's hospital, dans le quartier de Tooting. Maintenant, je veux assurer mes arrières ! »
Olaya de la Iglesia, elle, a franchi le pas. La kinésithérapeute est rentrée en Espagne, en mars. « Je me sens beaucoup mieux ! » Jusqu'en 2016, elle coulait des jours heureux à Norwich, avec son mari britannique et leurs enfants. Un an plus tard, la montée de la xénophobie a plongé Olaya dans le doute, puis dans la dépression.
Confrontée à des remarques hostiles de ses patients, l'Espagnole a cherché en vain le soutien de ses collègues. « Ils n'avaient pas la moindre idée des conséquences du vote pour les Européens du pays, rapporte Olaya. J'ai même eu droit à un rappel à l'ordre de ma hiérarchie, on m'a dit que je n'avais pas le droit de parler de politique en salle de repos. » Submergée par l'angoisse, Olaya s'est vu prescrire un arrêt maladie. Six mois plus tard, toute la famille a mis le cap sur les Asturies. Pour Olaya et David, ce retour sur le continent ne règle pas tout. Par exemple, qu'adviendra-t-il de leurs cotisations de retraite ?
Pénurie de personnel
Pour le National Health Service, le service public de santé britannique, ce « Brexodus » des personnels originaires de l'UE, est aussi sacrément problématique. Ils sont plus de 62 000, soit 5,6 % du total des soignants. Or, depuis le 1er janvier 2017, près de 4 000 sages-femmes et infirmiers européens ont quitté le NHS. Et les nouvelles recrues en provenance du continent sont rares : seules 805 l'an dernier !
Au point que le gouvernement a annoncé vouloir proposer très vite des contrats de trois ans à 5 500 infirmières en Jamaïque. C'est que le « Brexodus » des Européens intervient dans un contexte de pénurie ancienne et aiguë de personnel. 35 000 postes d'infirmier et 10 000 postes de médecin sont vacants...